20 novembre 2008
XXIII - Novembre 2008

Bonjour à tous et à toutes,
Désolée, cette fois-ci, je ne viens pas vous proposer de voyager. J'aurais bien aimé car j'ai pris goût à ces escapades ensoleillées !
Mais la crise "porte-monétaire" me contraint à rester en Provence. Vous me direz, je suis déjà avantagée par cette magnifique région.
Non, si je reviens vers vous, c'est tout de même pour vous offrir de bonnes nouvelles.
Je viens d'effectuer mes contrôles semestriels et tout est OK !
Rien à la mammo et les marqueurs sont stables. Une petite baisse de globules blancs qui n'inquiète pas le gynéco.
Les gammas sont à nouveau dans la norme : mon foie ne fait plus figure d'alcoolique !
Crabus est donc toujours KO !!!!!!!
Bien sûr, il hante encore un peu mon esprit mais je garde la positive attitude !
Alors, Crabusettes et Crabusons, ne lâchez pas prise, vous voyez bien que l'avenir est possible...
Je ne suis pas encore parvenue à sortir mon manuscrit mais là aussi je garde l'espoir de réussir à aider d'autres malades qui n'ont pas accès à internet.
Gros bisous à tous et à toutes et à bientôt.![]()
09 juin 2008
Crabusette en Tunisie
Aujourd'hui, je m'envole à
nouveau pour l'Orient : je vais en Tunisie, à Zarzis près de Djerba.
C'est que j'y prends goût aux
voyages ! Et ne dit-on pas que les voyages forment la jeunesse ?
Je me sens si jeune si je fais
abstraction de mes vieilles douleurs !
Allez, c'est parti, je vais vous conter mon petit séjour tunisien, histoire de vous offrir un brin de jeunesse…
Dimanche 25 mai
Le ciel est bleu nordique sur
Avignon : traduisez par gris !
Heureusement, le soleil brille
dans ma tête, je suis heureuse de partir voir les cocotiers.
Après mes éternelles hésitations
pour remplir ma valise, j'opte uniquement pour des tenues estivales et un gilet
pour les soirées qui peuvent s'avérer fraîches.
Je scrute le ciel et consulte la
météo. Prudente, j'enfile un jean, des mocassins et un imper.
Nous sommes accueillis par des
trombes d'eau ! La bonne mère est en larmes !
(Pour les non-provençaux, je parle de Notre Dame de la Garde sur les
hauteurs de la ville.)
Comme Mimie Mathy, j'extirpe un
mini parapluie de mon sac, ce qui évite que je sois trempée rien qu'en
traversant la rue.
Nous nous installons à une
terrasse, face au vieux port. Inutile de préciser qu'ils l'ont protégée avec
des bâches en plastique. Ainsi, nous pouvons admirer les gouttes d'eau qui
ruissellent, tout en pensant au doux soleil qui nous attend dans quelques
heures.
13H50, arrivée à l'aéroport de Marignane. Nous avons
réservé une place de parking, ce qui nous oblige à emprunter la navette jusqu'à
l'aérogare. Il pleut toujours.
Le décollage est prévu pour
16H10. Nous arrivons deux heures avant comme il est stipulé sur les billets.
L'enregistrement prend un certain temps………la station debout est pénible.
Puis la douane : on refait la
queue. Comme d'habitude, il faut se dépouiller de tout objet métallique.
Il faudrait filmer le comique de
la scène juste après les portiques de la douane où tout le monde renfile sa
ceinture, sûr que ça pourrait porter à confusion !
En salle d'embarquement, après
une longue attente, on nous annonce que l'avion a un retard de 35 mn. Ce sont
les inconvénients des charters, ils ne sont jamais à l'heure.
17H, ça y est l'avion est prêt à
décoller. C'est un Airbus A320 de la compagnie Nouvelair. Nous sommes environ
200 passagers. Je me place près du hublot pour ne rien perdre du paysage.
Vous vous souvenez de mes
bouchons d'oreilles lors de mon voyage en Egypte ?
Ce n'était pas concluant, les
oreilles étaient restées bouchées et la douleur était présente.
Cette fois-ci, suivant les
conseils des internautes, j'ai fait un savant mélange : j'ai pris de la
cortisone, anti-inflammatoire devant agir sur les tympans, j'ai sniffé des
gouttes pour le nez et j'ai réitéré dans les bouchons Quiès, mais cette fois,
j'ai pris la taille enfant. Ben oui ! J'ai le trou des oreilles trop petit pour
la taille adulte d'où mon gros problème pour les ajuster la dernière fois !
L'avion roule sur la piste et il
prend de la vitesse. Je m'applique à enfoncer le bouchon dans l'oreille droite
: impeccable, il rentre facilement. J'attaque l'oreille gauche, je m'y prends
mal, le bouchon retombe : à terre, évidemment ! Je retire ma ceinture afin de
me contorsionner pour retrouver ledit bouchon, tout petit, tout minuscule, de
couleur jaune, comme tous les motifs de la moquette ! Je ne le trouve pas. Je fouille alors le
siège : toujours pas de bouchon mais le début de la fortune, une pièce de 2 € !
L'avion prend de la vitesse et je n'ai toujours pas retrouvé mon bouchon. Je
parviens à m'accroupir et je tâte le sol à l'aveuglette.
Si l'hôtesse me surprend dans
cette position, je ne suis pas claire !!
Ça y est, je l'ai ! Maintenant,
il faut que je remonte à la surface ! Je suis coincée entre le siège avant et
le mien. Je remue mon popotin pour m'extirper, je me rassois vivement, je
boucle ma ceinture et j'enfile le bouchon qui par miracle se positionne bien du
premier coup et hop, l'avion décolle ! Il était temps ! Le positif dans tout
ça, c'est que je suis plus riche de 2 € et par les temps qui courent…c'est déjà
ça !
Très vite, nous montons à 11000 m
d'altitude. Il fait frais à l'extérieur, il est affiché -65° et nous volons à
830 km/h. Je retire mes bouchons, je suis un peu sourde mais c'est acceptable.
Je tente de lire, de faire des
mots fléchés mais la tête n'y est pas, je préfère regarder par le hublot. On
nous offre un sandwich qui ne m'inspire guère et une boisson fraîche, enfin
froide…
Déjà l'atterrissage est annoncé,
je replace mes bouchons en évitant une maladresse, j'ai suffisamment
dépoussiéré mon emplacement.
18H40, nous nous posons à Djerba.
Le temps est orageux, il y a du vent mais la température avoisine les 30°,
c'est correct !
Direction les tapis où nous
devons récupérer les bagages. L'attente est pénible : c'est le pire moment de
mes voyages. J'angoisse ! J'ai toujours peur de ne pas récupérer ma valise.
19H40, elle apparaît parmi les
cinq dernières : ouf ! Je décompresse et en même temps mon oreille gauche se
débouche.
20H05, nous montons dans un bus
qui nous emmène à Zarzis.
Thomas Cook a certainement peur
qu'on puisse trouver le voyage trop court car nous déambulons dans Djerba pour
déposer à cinq reprises un flot de touristes dans différents hôtels. Nous ne
pouvons même pas profiter du paysage, il fait nuit ! Malgré tout, nous
apercevons plusieurs barrages policiers sur la route : on nous explique que
c'est en raison d'une fête juive, par mesure de sécurité au cas où …
Nous qui croyions arriver pour
l'apéritif et faire un premier plongeon, c'est raté !
Il est plutôt l'heure de la tisane pour faire dodo !!
Un petit coup d'œil sur l'hôtel
qui nous fait bonne impression.
Nous posons les valises dans le
hall et direction le restaurant : on a faim !!!
Un repas nous est servi car le
buffet est vide à cette heure là.
Nous partageons une table avec
deux messieurs : vous allez voir que le monde est petit, l'un deux habite à 10
kms de chez moi !
Après le repas, une halte à la
réception pour remplir des papiers, récupérer les clés de la chambre et du
coffre. Un magnifique bracelet en plastique jaune très seyant nous est offert.
C'est le sésame pour l'accès à toutes les activités mais aussi à toutes les
boissons !!
Nous remettons la visite des
lieux au lendemain, il est temps de tester la douche et le lit.
La chambre est très confortable,
digne du 4 étoiles annoncé dans la brochure. Une odeur de rose flotte dans la
pièce : c'est un régal, j'adore ! ça me rappelle ma petite enfance quand ma mère
utilisait un savon à la rose.
Nous avons une terrasse avec vue sur les
piscines et la mer mais aussi les
palmiers.
Lundi 26 mai
Après avoir fait un gros câlin à
Morphée, je me prépare pour attaquer un bon petit déjeuner.
Il est servi sous forme de
buffet. Nous sommes obligés de faire des allers et venues jusqu'à la table car
nous n'avons pas de plateau : mieux vaut éviter de renverser le café ou le jus
de fruit. Il y a des viennoiseries, du pain tunisien plus
compact que le nôtre, du fromage blanc caillé, de la confiture de figues, des
dattes sèches, des œufs, de la charcuterie, etc.…
Pour digérer (j'ai bien mangé),
nous partons faire une balade sur la plage. Il y a toujours du vent et le
soleil n'est pas très franc, mais il fait déjà bon.
Des algues forment un ruban noir
dans l'eau et se déposent sur le sable. Quelques tunisiens ratissent mais
lentement, très lentement et leur efficacité nous laisse perplexes.
Je ramasse des éponges et os de
seiches échoués sur la plage.
Chaque fois qu'un Tunisien nous adresse un
bonjour chaleureux, c'est pour nous proposer un service payant : une excursion
en bateau, en VTT, en voiture, en 4X4, en scooter, en quad ou à dos de chameau.
Ou bien, un soin en thalasso, du parachute ascensionnel, du jet ski et j'en
passe !
La visite du complexe est
concluante : c'est très chouette ! Une bonne imitation du club Med !
Il a une capacité d'environ 800
personnes et nous ne sommes que la moitié.
Il y a un restaurant principal
offrant un buffet à chaque repas.
Nous avons la possibilité de
dîner dans trois autres restaurants : la couscousserie où, comme son nom
l'indique, on y mange du couscous, les plats canailles qui offrent des
spécialités orientales et le barbecue qui propose des pizzas, des salades et
des grillades.
Trois bars avec boissons à
volonté y compris l'alcool : certains apprécient !!
Il y a un salon pour fumer le
narguilé : je n'essaie pas, je ne suis pas confiante.
Des boutiques proposent des
marchandises et des souvenirs tunisiens : des robes et des carafes magiques,
entre autres ; pour les robes, tu commences par la tête, puis par le bas, puis
les manches, bref, tu te retrouves avec une robe mi-pantalon. Le tout est de
comprendre comment on l'enfile ! Je dois avoir une tête à être déguisée car je
sers de mannequin dans la boutique. Pour les carafes, ce sont des dromadaires
que tu remplis de liquide par deux ouvertures et tu peux les retourner, ça ne
coule que par le troisième trou. Il paraît que c'est pratique pour la
vinaigrette : à tester ! Il y a aussi de
la maroquinerie, des babouches et des bijoux avec de la turquoise : j'adoreeeeeeeeee !
Un centre de thalasso avec une
piscine d'eau de mer mais aussi un salon de coiffure.
Baignades en piscine double ou
dans la mer avec plage privée. Transats à disposition.
Le soir, un night club où se
déroule un spectacle suivi d'une soirée dansante.
Des animations sont dispensées
tout au long de la journée (aquagym, cours de danse orientale, jeux, etc.) par
un groupe de jeunes animateurs façon GO du club Med.
L'après-midi, je savoure un soin
"gommage du corps".
Je suis enduite d'un gel gommant,
frictionnée et douchée. Un massage hydratant termine le soin : c'est très bon !
J'ai la peau toute douce. J'en redemande !
Après le dîner, les animateurs
jouent plusieurs sketchs à la
discothèque : l'ambiance est bonne, je me sens détendue, je vais même jusqu'à
danser ; ok, j'y vais doucement, je me contente d'un slow pour ménager mon
dos. Une danse du soleil (genre de
dirladada des bronzés) rassemble tout le monde au milieu de la piste. C'est un
rituel journalier : va falloir apprendre les gestes pour ne pas être ridicule !
Ça fait des années que je n'ai pas dansé, et j'avais oublié comme c'est plaisant. Je recommencerai !
Mardi 27 mai
Nous empruntons une navette "gratuite" pour nous rendre à
Zarzis : en fait, c'est une voiture "qui a bien vécu" avec un
chauffeur tunisien chargé de nous faire découvrir les alentours moyennant un
bon pourboire et une photo souvenir.
A Zarzis, nous sommes pris en
charge par un gamin "guide" qui nous promène dans les magasins dans
lesquels il touche une commission à chacun de nos achats.
Je trouve une jolie bague en
turquoise : ça n'a pas l'air comme ça, mais c'est toujours galère pour moi de
trouver une bague à mon doigt un peu fin (une bijoutière m'a dit un jour que
j'étais atypique). Il me faut du 48 et surprise, il y en a ! Les tunisiennes
auraient-elles des petits doigts ? Le prix n'a rien à voir avec ceux pratiqués
en France. Un peu de marchandage et je l'acquiers pour 25 DT (14€).
Sur le chemin du retour, nous
traversons des oliveraies à perte de vue. Ce ne sont pas les mêmes oliviers que
nous trouvons en Provence. Ceux-là sont beaucoup plus grands et plus gros.
Nous croisons des dromadaires avec lesquels je fraternise
le temps d'une photo.
Tout le long de la route, on peut apercevoir
de superbes villas appartenant aux Tunisiens de France. Pour 150 000 €, tu peux
avoir un véritable palais à Zarzis !
Aujourd'hui, c'est la journée
tunisienne à l'hôtel.
En rentrant, nous assistons à une fantasia sur la plage.
Des cavaliers font des acrobaties
sur de magnifiques chevaux. C'est très festif. Le soleil est revenu.
A midi, pendant le repas, un
groupe de musiciens chemine entre les tables. C'est la fête !
Pour info, il n'y a pas que des
musiciens, il y a aussi des matous… que je nourris discrètement, ils sont si
maigres !
Le bilan nourriture de ces deux
premiers jours nous laisse sur notre faim ! La diversité des plats est un peu
limitée et j'avoue ne pas me régaler. Je suis un peu difficile, certes, mais
quand même, plusieurs personnes sont de mon avis. Le petit déjeuner reste le
meilleur repas de la journée.
Après le déjeuner, nous nous octroyons un soin antistress à la thalasso : c'est un massage de tout le corps avec une huile parfumée. Pendant une heure, je suis massée de la tête aux pieds : je ressors les cheveux tout collés et huileux et les pieds qui glissent dans les claquettes. J'ai hâte de prendre une douche, je suis luisante !
Les trous dans mon emploi du
temps sont occupés à la rôtisserie : je m'explique ; je grille un coup sur le
dos, un coup sur le ventre… Faut bien montrer aux copains qui bossent que je
suis allée au soleil !!
Soirée tunisienne : nous mangeons du couscous et toutes sortes de pâtisseries orientales.
Nous assistons ensuite à un
spectacle tunisien : danseuses du ventre et musiciens ; l'un d'entre eux a un
souffle extraordinaire et joue de la zourna, une espèce de flûte qui a le son
de la cornemuse. Il y a aussi un
équilibriste "intellectuel" : je veux dire, un homme qui empile des
poteries, jusqu'à 7 sur la tête, sans support et qui danse en même temps.
Moi, je me contente de siroter un
verre…et de savourer le moment !
Mercredi 28 mai
Nous partons pour une excursion
en mer, juste la matinée. Cette balade était conditionnée par la météo mais la
mer semble tranquille ce matin.
Nous revêtons un gilet de
sauvetage qui a déjà vu beaucoup de touristes, vu son état…
Nous embarquons sur un hors-bord
: nous sommes 5 passagers, deux marins, enfin deux jeunes tunisiens chargés de
piloter le bateau et un photographe.
Inconsciente de ce qui m'attend,
je me place à l'avant du bateau pour profiter du paysage et de l'air marin. Je
suis comblée, ça fouette dur ! Rien à voir avec les balades en chaloupe de
l'Egypte ! Nous filons à vive allure et nous sautons littéralement sur les
vagues, car il y en a au large ! A chaque fois, je décolle littéralement avec
le bateau et mes fesses embrassent fougueusement les sièges rigides sans
coussins. A chaque retombée, je crie et
je prie le ciel pour que ma prothèse dans le dos ne cède pas !!
Le paysage est joli mais je ne
pense qu'à m'accrocher et amortir le plus possible les chocs.
Quand j'aperçois une vague qui
arrive, je me crispe. Bizarrement, je compare ce moment avec l'accouchement de
ma fille. J'étais sous monitoring et dès que j'entendais une contraction
arriver, je me crispais. C'est pareil ! Rassurez-vous, pas de bébé à l'arrivée
mais des fesses bleues !! Mais vraiment bleues !!
Je crois que les pilotes sont aux
anges de me voir sauter comme une crêpe…le malheur des uns fait le bonheur des
autres !
Nous faisons une escale sur une
petite île où se dressent les ruines d'un fort.
Je descends du bateau, tâtant
tous mes membres : ça va, je suis entière !
Pour ce qui est du bol d'air,
j'ai été gâtée aussi ! Ma chevelure est toute emmêlée et frisée, je ressemble à
un mouton ébouriffé !
Un couple en jet ski nous suit,
je me demande si je ne serais pas moins secouée sur ce genre d'engin :
j'essaierais bien pour voir, au point où j'en suis !
Deuxième escale sur une île
déserte, enfin presque, il y a un pêcheur qui sommeille dans un coin. Nos
accompagnateurs nous font une démonstration dans des sables mouvants. On
s'enfonce vraiment, c'est impressionnant et pas rassurant du tout.
Il y plein de crabes : l'un deux me fixe, je m'approche, il me fait des clins d'œil. Si, si, c'est vrai, il me nargue ! Alors je le photographie pour conjurer le sort et j'ai une petite pensée pour mon amie crabusette à qui je dédie cette photo.
Une tranche de pastèque nous désaltère avant de repartir vers le supplice.
Le retour est comparable à l'aller : mes fesses et mon dos n'en peuvent plus ! Je termine le trajet debout, accrochée à la rambarde, cheveux au vent. Je prends même une douche d'eau de mer lors d'une rencontre un peu brutale avec une vague. Heureusement il fait beau et chaud.
En théorie, nous avons
rendez-vous avec des dauphins au large. Nous avons beau scruter l'horizon, pas
de cétacés… Dommage !
Il faut bien un petit cocktail pour se requinquer ! Se rassasier aussi avant une bonne sieste ! Ce n'est pas mon habitude d'en faire une mais là, je suis morte et vermoulue ! Je dors !
Le reste de la journée, je
lézarde, mes muscles ne répondent plus !
Nous dînons à la couscousserie :
nous devons nous asseoir sur des
coussins à même le sol. J'ignorais cet état de chose et j'ai eu la fâcheuse
idée de mettre une robe : c'est d'un pratique ! Je cache mes gambettes sous la
nappe en toile de jute. L'ambiance est à la rigolade mais je ne m'éternise pas
car la position n'est pas idéale après mes aventures matinales.
Le couscous est bon mais sans
plus, je trouve la semoule trop fine à mon goût.
Une bonne nuit s'impose, je ne
danserai pas ce soir…
Jeudi 29 mai
Nous partons en randonnée jusqu'à
Tataouine. Nous sommes trois voitures de location avec chauffeur-guide. Nous
commençons par un souk à Médenine. Je suis très déçue, rien d'intéressant à
fouiner. Nous sommes un petit groupe : une seule attrape des puces ; c'est moi
! Cinq piqûres en tout ! Et ça démange !! M'en fiche, il doit bien rester un
peu de chimio dans le sang, elle est morte maintenant !! Na !
Visite des ghorfas, petites
boutiques dans d'anciens greniers à provisions, où je suis achetée pour 2000 chameaux : c'est honorable ! Mais je
préfère ma liberté…
Il fait déjà chaud et nous ne
sommes pas encore dans le désert.
La voiture est équipée d'une clim
et c'est bien agréable. Le chauffeur roule à vive allure et a tendance à rouler
à gauche mais rien à voir avec la conduite au Caire.
Pas de stations service sur la
route mais quelques bidons d'essence empilés le long de la route, sous le
soleil. Incroyable ! Mais vrai !
Nous traversons une partie du
désert avant d'arriver à Ksar Hadada. C'est un village berbère où fut tournée
Star Wars IV. Nous visitons les anciennes habitations, sorte de cavernes. Des
travaux sont prévus pour un réaménagement en hôtel. En attendant, il est plus
aisé de grimper que de descendre : les marches sont tellement étroites que je
dois descendre à reculons pour éviter de tomber et meurtrir encore mes fesses !
Nous croisons un Tunisien avec un
rapace : il s'empresse de le déposer sur la tête de chacun d'entre nous pour
une photo. Je suis la seule à ne pas tenter l'expérience, ses serres ne
m'inspirent pas du tout et rien que de penser qu'il va me chatouiller le cuir
chevelu…non merci !
Bien évidemment, tout est proposé
gratuitement mais il de bon ton de payer à la sortie : il en coûte 5DT pour la
location du rapace !
Les ruelles sont encombrées de
détritus, le ménage n'a pas dû être fait depuis le passage des caméras !
Quelques vieux outils sont
exposés : il y a une paire de ciseaux à bouts recourbés.
Nous devons deviner à quoi
servait cet instrument. La réponse est surprenante : les femmes les utilisaient
pour castrer les hommes infidèles ! Je me propose de les emmener, je pourrais
sûrement faire fortune avec !!
Nous repartons vers Chenini où nous déjeunons dans un restaurant
typiquement berbère : couscous et cornes de gazelles au menu. La semoule est
bonne.
En remontant dans la Clio
stationnée en plein soleil, je me brûle les fesses sur les sièges en cuir. Pauvres
fesses !!!
Avant d'arriver à Douiret,
village troglodyte, nous traversons des plaines rocailleuses et en arrière plan
se dressent des montagnes en forme de pyramides.
Une vague de souvenirs me
submerge, je me replonge un instant en Egypte, j'ai une pensée pour les
"Ramsès". Je leur dédie la photo de ces montagnes.
Nous nous garons au pied du
village et escaladons sous un soleil de plomb. Il ne fait pas loin de 40° :
c'est bon, j'aime bien.
Une partie du village est aménagée
en gîte : nous visitons quelques chambres. C'est très rustique, spartiate mais
très propre. Les matelas sont posés directement sur la roche. Des panneaux
solaires servent à produire l'eau chaude des sanitaires communs. On peut
également se restaurer. Amateurs de retraite au calme, de solitude et de dépaysement, je vous recommande ce lieu !
Nous visitons la mosquée troglodyte et nous grimpons jusqu'au sommet du minaret d'où la vue est splendide.
Le guide nous fait découvrir une
plante qui pousse sur la roche : c'est un poison mortel qui agit au bout d'une
heure. Après les ciseaux, ça me donne des idées !!
Nous nous désaltérons avant de
repartir : c'est moderne, il y a même du coca !
A nouveau le désert de rocaille
et les oasis.
Puis ce sont les dunes de sable
rouge qui bordent la route. Nous faisons escale et nous nous plongeons dans le
sable chaud et comme des gamins, on se roule dedans. C'est très agréable, il
est si fin ! Chacun remplit une bouteille de sable comme si on avait trouvé un
trésor…
Nous terminons notre randonnée
par le lac salé. A perte de vue, il s'étend de toute sa blancheur immaculée.
Après le sable rouge, le contraste est saisissant, on croirait de la neige. Là
encore, avec l'aide de notre guide qui
s'arme de la manivelle de la voiture, nous extrayons des blocs de sel en guise
de souvenir.
C'est l'heure de rentrer. Nous regagnons l'hôtel, la tête pleine de ces magnifiques paysages.
Nous avons fait plus de 300 kms.
Ce soir, c'est la soirée au
restaurant "les canailles". On y sert des spécialités du pays.
En entrée, on me sert une soupe
avec de gros morceaux indéfinissables. Pas inspirée, je zappe. Ensuite,
j'ignore ce que je mange mais c'est bon. J'identifie le mouton mais pas le
reste. Les tables sont dressées en plein
air. C'est sympa mais ce soir il fait frais. La transition avec la température
du désert me fait dresser les poils des jambes ! J'ai froid.
Je ne me fais pas bercer. Pas
besoin de marchand de sable. Je m'endors en faisant de beaux rêves…
Vendredi 30 mai
Nous décidons de retourner à Zarzis
pour aller sur le marché.
Nous sollicitons les services
d'un taxi. Le chauffeur, flairant la bonne affaire, nous propose de nous faire
faire un petit circuit autour de Zarzis avant le marché. Nous acceptons.
Première étape : le port de
pêche. Nous admirons les bateaux en construction.
Tout reste très artisanal. Pas de
machines.
Puis, il nous promène sur une
étendue de sable sur laquelle on peut découvrir des mirages, là-bas, tout au
fond, en arrière plan. De loin, on a vraiment l'impression qu'il y a de l'eau.
Plus tu avances et plus l'eau recule ! En fait, il n'y a pas d'eau, c'est juste
un mirage. Je n'avais jamais vu ça de ma vie. C'est très surprenant !
Nous retournons vers les marais salants mais cette fois nous abordons l'autre rive. Le chauffeur nous invite à descendre pour aller chercher des cristaux de sels. Rien à voir avec ceux de la veille. Ceux-ci sont très compacts et brillent de tous leurs feux.
Très imprudente, je n'empreinte
pas exactement le même chemin que le chauffeur. Croyant que le sol était bien
ferme, j'enjambe allégrement le talus et vlan ! Je m'enfonce jusqu'aux
chevilles dans une mélasse marron ! Je
tente de me dégager mais mes claquettes restent scotchées au fond. Je repense
aux sables mouvants, je n'en mène pas large !
Le chauffeur se moque gentiment
de moi… Pour me rincer, je plonge mes pieds dans le lac : le sel est très dur,
ça fait mal ! Et ça pique la peau ! Je
nettoie tant bien que mal mes sandales.
Dans la voiture, j'ai beau
astiqué mes chaussures et mes pieds avec un kleenex, je reste toute blanche !
Quelques minutes plus tard, je déambule ainsi dans les boutiques de Zarzis, les
pieds crado !
Nous sommes invités à boire un
thé à la menthe chez un marchand de tapis qui nous déroule une tonne de
spécimens, très jolis, j'en conviens mais je ne suis pas intéressée. Je ne suis
pas une fan de tapis et comme Pifou, mon gros chat, se fait un plaisir
d'arroser tout ce qu'il trouve par terre, imaginez le beau tapis d'Orient !
Il n'y a pas de marché en vue, le
chauffeur ne doit pas être commissionné sur le marché…
Nous rentrons déjeuner au
restaurant "barbecue" au bord de la piscine. Nous mangeons sous les
palmiers, c'est agréable. J'ai choisi du poulet grillé, au moins je n'ai pas de
surprise !
Bon, ce n'est pas le tout, mais
il faut parfaire le bronzage, direction la plage !
Des parasols en paille protègent des coups de
soleil.
Je préfère m'enduire de crème
solaire et profiter des doux rayons du soleil.
La couleur du ciel est magnifique
aujourd'hui : bleu Provence ! Mais non, je ne suis pas chauvine !
Un petit tour au tir à l'arc : je
ne veux pas mourir bête ; j'essaie.
Je ne ferai pas ça longtemps :
j'ai mal au dos et au bras. Trop physique pour moi.
Je préfère le mini golf : je n'y
excelle pas, les autres sont sûrs de gagner avec moi mais j'aime bien, c'est
ludique.
Des vacanciers s'essaient au
parachute ascensionnel, le ciel est multicolore, c'est joli.
D'autres font du jet ski, du
pédalo ou de la banane, sorte de gros boudin tiré par un bateau auquel il faut
s'accrocher durement pour ne pas tomber à l'eau.
Le vent se lève, il est temps de
regagner la piscine. Je nage dans la plus petite qui est moins profonde : l'eau y est plus chaude, ça
me convient parfaitement. Au début du séjour, les premières brasses ont
réveillé une douleur dans le bras mais ça va mieux maintenant.
J'y fais même des mouvements
comme j'ai appris en cure thermale.
Tout près de l'hôtel, nous
découvrons un petit centre commercial : on y déniche tout ce qu'un touriste est en droit de
trouver à rapporter en France. Il est déjà tard, nous ne nous attardons pas car
c'est l'heure de l'apéritif. Tels des chameaux assoiffés, nous retournons à
l'hôtel et plus précisément au bar !
Je prends un Martini "on the
rocks". J'ai évité les crudités et les glaçons depuis le début du séjour
mais là, ce n'est pas très frais, alors…
Ce soir, le buffet est grandiose.
Ils ont mis les petits plats dans les grands. Nous avons même du rosbif froid
et de l'omelette norvégienne ! Il faut quand même souligner que le buffet s'est amélioré depuis la veille. Le
grand patron est arrivé et je crois qu'il a secoué le personnel. Même ce matin,
il y avait du camembert pour le petit déjeuner. Comme c'est bon un morceau de
camembert quand on en est privé pendant plusieurs jours !! Ben, oui, je mange
du camembert avec mes tartines beurrées et mon café au lait ! Pas vous ?
Un autre de mes petits pêchés,
car je ne suis pas parfaite, c'est le rosé (souvenez vous, j'ai avalé des
litres du breuvage pendant ma maladie !). Le rosé tunisien n'est pas mauvais.
Il n'a pas du tout le même goût que le français mais s'il est bien frais, il se
boit volontiers et je ne me prive pas. Mais non, je ne roule pas sous la table,
je reste raisonnable !
A propos de boisson, j'ai trouvé
du karkadé, cette infusion d'hibiscus que l'on consommait en Egypte. C'est
toujours aussi délicieux chaud ou froid.
A propos d'hibiscus, nous avons
trouvé ces magnifiques fleurs
disséminées un peu partout dans notre chambre : un décor de rêve, très
romantique.
Ce soir, nous allons à la
discothèque, les animateurs nous ont concocté un autre spectacle.
Jusqu'à 22H, on peut danser sur
la piste. C'est même conseillé ! Allez encore un petit slow, histoire de se
mettre dans l'ambiance…
Cette fois, c'est une petite pièce qui nous est proposée. Les rires fusent. Mon coca est chaud aussi je décide de conserver les glaçons. Après tout les autres mangent bien des crudités et avalent les glaçons sans être dérangés. Oui, mais pas moi…dès le lendemain, ça gargouille dur dans mes intestins. Prudente, j'ai emmené de l'Ercyfuril. Heureusement !
Samedi 31 mai
C'est déjà le dernier jour à
Zarzis.
Farniente, farniente ! Grill,
grill ! J'alterne malgré tout entre la plage et la piscine.
Je mange, je bois (sans glaçon).
Puis je recommence !!
Je sympathise avec un couple
d'Auvergnats.
En fin d'après midi, nous
retournons au centre commercial : j'avoue que c'est une appellation un peu
pompeuse, il y juste quelques magasins, rien à voir avec nos supermarchés !
Première boutique, petit incident
: nous explosons une babouche ! On a juste voulu voir si elle était
suffisamment souple et si la couture résistait. Ben non ! Crac ! Le tunisien
n'est pas content du tout et nous nous éclipsons discrètement et rapidement.
Nous faisons nos petites
emplettes : je ne trouve pas l'affaire du siècle, juste quelques épices, des
tee-shirts pour mes petits fils et une tunique.
Pour l'apéro et le dîner, nous
retrouvons le couple d'Auvergnats.
Toujours en leur compagnie, nous
poursuivons la soirée à la discothèque. Je bois un coca tiède.
Je me lance sur la piste, j'ose
danser et cette fois, ce n'est pas un slow. Ok, mon dos crie… ben tant pis,
c'est le dernier soir ! Si j'ai une sciatique, je me soignerai en rentrant.
Dimanche 1er juin
C'est fini…….
Les valises sont bouclées.
Dernière balade sur la plage. La tristesse nous envahit. Fini le bon temps.
Il est 10H15 quand nous quittons
l'hôtel en bus. Nous empruntons la voie romaine pour rejoindre l'aéroport de
Djerba.
Le calvaire recommence : attente
au guichet pour les billets (1H). Attente à la douane (idem). Vol initialement
prévu à 13H – Retard de l'avion.
Nous mangeons un encas dans la
zone de transit et nous tournons en rond !
Nous décollons à 14H45.
C'est un airbus A321 –
Je parviens sans encombre à manipuler
mes bouchons d'oreilles et le résultat à l'arrivée est concluant : je ne suis
pas sourde. Il faut dire que j'ai pris soin d'avaler un petit inflammatoire ce
matin, bizarrement mon dos me le réclamait…
A l'arrivée, il faut encore attendre les valises, juste une petite heure… puis la navette, juste 20mn… Le ciel est gris. Encore une heure de route et je retrouve ma maison. Il est 19H.
Pour 1H30 de vol, il a fallu 9H de trajet de l'hôtel à chez moi ! Ça se mérite les vacances en Tunisie !
Voilà, vous savez tout de mon séjour à Zarzis.
J'espère que vous avez pu voyager un peu avec moi.
Ok, j'ai un avantage sur vous, je
suis bronzée ! Mais, allez, je suis sympa, je vous offre quelques photos !
Portez-vous bien !
08 juin 2008
XXII - Juin 2008

Bonjour les Crabusettes,
Cela fait bien longtemps que je ne suis pas venue papoter avec vous.
J'ai de bonnes nouvelles : mes derniers examens sont très encourageants.
Mes marqueurs ont baissé : 23.8
Bien que mes seins aient légèrement fondu (j'ai maigri), l'oncologue est très satisfait.
Il a prononcé les mots magiques : ASPECT DE REMISSION COMPLETE
J'espère qu'il en est de même pour vous et si ce n'est pas encore le cas, en attendant, je vous offre un petit séjour en Tunisie : cliquez sur "Crabusette en Tunisie" et sur l'album photo rubrique Tunisie.
Que ce voyage vous apporte la force de vous battre, croyez-moi, ça vaut le coup !
A bientôt et bon voyage ! Faites de beaux rêves !
03 janvier 2008
XXI - Janvier 2008



A toutes les crabusettes, je souhaite une très Bonne Année 2008 !
Retrouver la santé pour les unes, la conserver pour les autres.
Et GARDER LA POSITIVE ATTITUDE !!
Gros bisous à toutes et à tous.

06 novembre 2007
LE VOYAGE de Crabusette

Jeudi 18 Octobre
C’est jour de grève sur tout le réseau ferroviaire. Aucun train ne circule sur l’axe Marseille/Paris.
En principe, le trafic devrait redevenir normal demain dans l’après-midi.
J’angoisse tout de même un peu, je remonte sur Roissy demain, pourvu que mon train ne soit pas annulé, il ne manquerait plus que ça !
Après bien des hésitations, j’ai enfin terminé ma valise. Tout un casse-tête ! Comme tout voyage organisé, je vais emprunter un avion charter et le poids des bagages est limité. En l’occurrence, je n’ai droit qu’à 15 kg dans la soute et 5 kg pour un bagage à main.
15 kg, c’est peu ! D’abord, il faut soustraire le poids de la valise. Pour cette dernière, il faut compter entre 6 et 9 kg vide. Mon père m’a prêté une valise rigide, bien résistante aux chocs pour le voyage en soute, mais en compensation bien lourde !
Je me rabats donc sur ma valise souple bien plus légère mais un peu plus petite.
J’ajoute un sac de voyage que je garderai avec moi en cabine : là, il faut bien choisir ce qu’on veut transporter, tout n’est pas autorisé, sécurité oblige.
Je ne suis pas loin des poids autorisés. Pourtant, j’ai l’impression d’avoir limité ce que j’emmène.
Il faut tout de même penser que je vais dans un pays chaud. Je vais transpirer la journée pendant les excursions. Il faut donc deux tenues minimum par jour si je veux me changer le soir. Puis, il faut penser à la petite laine pour les soirées qui peuvent être fraîches. On rajoute les chaussures : on va beaucoup marcher, donc des baskets. Des nu-pieds, des claquettes pour reposer les pieds meurtris le soir. Sans oublier des chaussures fermées pour le passage obligatoire à Paris, le grand nord !
Et la trousse de toilette ? Je crois bien que c’est le plus lourd. Et pourtant, j’ai vraiment réduit au maximum en transvasant les gros flacons dans des petits.
Bref, tout ça pour dire que raisonnablement et tristement, je n’ai pas emmené toute ma garde robe.
15H, ma valise est bouclée.
Aux informations, les nouvelles ne sont pas bonnes.
La SNCF qui a initialement prévue une grève de 24H, reconduit le mouvement jusqu’à demain. Ils ne vont tout de même pas me faire ça !
16H, la nouvelle tombe, mon TGV est annulé et aucun train en partance d’Avignon n’est annoncé pour Roissy demain.
Commence alors le parcours du combattant. J’essaie en vain d’obtenir plus de précisions en appelant la SNCF.
Je tombe systématiquement sur un serveur vocal. Rien de plus agaçant, impossible d’avoir des renseignements fiables.
Je décide de me rendre à la gare pour glaner une information. Peine perdue, celle-ci est fermée.
Il ne me reste que l’option de l’avion pour remonter. Je
tente d’obtenir renseignements et billets sur internet. Je suis habituée au
site de
la SNCF mais pas à celui d’Air France. Je m’énerve, je n’y comprends rien. J’appelle la compagnie au téléphone et après avoir tapé 1, 2, 3 et je ne sais plus quel chiffre, j’ai enfin une interlocutrice. Il ne reste plus de place pour un vol Avignon/Orly, tout est complet : normal, tout le monde s’est précipité sur l’avion.
Je me résous à décoller de Marseille. Bien évidemment, à la dernière minute, le prix du billet est élevé. Un Marseille/Orly est moins onéreux qu’un Marseille Roissy mais il faut songer au transfert entre les aéroports et je me vois mal trimballer mes bagages, mon dos ne résistera pas, je ne vais tout de même pas arriver en Egypte complètement cassée !
Donc, moyennant une somme rondelette, je choisis un billet Marseille/Roissy pour demain après-midi.
Je suis sauvée, je vais pouvoir partir, c’est l’essentiel ! Emilie, ma belle-fille va m’emmener à l’aéroport car bien évidemment je n’ai pas de train pour Marseille !
Vendredi 19
Octobre
8H, je retourne à la gare TVG pour vérifier que le trafic est bien figé et pour savoir de quelle manière je vais pouvoir prétendre au remboursement de mon billet car il est hors de question que je leur en fasse cadeau, je ne vais tout de même pas leur payer un jour de grève !
Les guichets sont fermés, les trains ne circulent pas, je rentre chez moi bredouille.
14H, en route pour l’aventure !
15H, arrivée à Marignane. Nous sommes en avance, l’embarquement n’est prévu que dans trois quarts d’heure.
15H50, contrôle des bagages et des personnes : je dois même retirer ma ceinture avant de passer le portique de sécurité. Puis fouille corporelle, succincte mais fouille quand même. On ne rigole plus avec la possibilité d’attentats. C’est à la fois rassurant et angoissant.
16H, me voici assise dans un Airbus A-320. Si, je compte bien, il y a 178 passagers. Un seul siège est trempé, c’est le mien ! Bien évidemment, je ne m’en suis rendue compte qu’une fois les fesses humides ! Toutes les places sont occupées aussi j’ai droit à une couverture pliée en quatre pour m’isoler de l’humidité. Je vous vois sourire, c’est vrai, c’est toujours à moi que ça arrive ! Que voulez-vous je suis contre la monotonie !
17H50, l’avion atterrit sans encombre. J’avais acheté des protections auditives spéciales pour l’avion car j’ai toujours les oreilles bouchées après un vol et c’est même assez douloureux.
Je me suis battue pour trouver le mode d’emploi : je dois avoir les trous d’oreilles trop petits ou je ne suis pas douée, pourtant ça paraît simple sur le papier.
Je n’ai pas dû être performante sur ce coup là : je suis sourde comme un pot à la descente d’avion !
Je ne suis pas une habituée des aéroports et encore moins de Roissy. Méfiante, je suis un couple qui était dans l’avion afin d’aller récupérer les bagages. Ils m’ont fait faire trois fois le tour du terminal avant de trouver le bon endroit ! Comme quoi, on n’est jamais mieux servi que par soi-même ! Je suis contente de récupérer ma valise, j’éprouve toujours une angoisse à l’idée qu’elle ne soit égarée.
Première étape franchie, la nuit est courte et agitée.
Samedi 20 Octobre
Lever 3H30 du matin.
Le trajet jusqu’à l’aéroport s’effectue rapidement, la circulation est fluide.
Pour varier les plaisirs, je me retrouve assise sur des sièges humides ; visiblement ils viennent d’être nettoyés mais n’ont pas eu le temps de sécher. J’ai encore les fesses humides !
Le terminal C nous accueille : bien évidemment le stand de Kuoni, l’opérateur qui doit nous délivrer les billets, est à l’opposé. Petite promenade matinale en compagnie des valises.
Histoire de se dégourdir les jambes ou bien de se réveiller, il faut revenir sur nos pas puis traverser des halls et des halls avant de parvenir à la salle d’enregistrement. Il y a déjà la queue : il faut s’armer de courage et de patience.
Ça y est, les bagages sont enregistrés, les dés sont jetés. Un petit café s’impose, bien que je sois très nerveuse - excitée est plus approprié.
Embarquement à bord d’un Boeing 797 : il y a trois rangées de sièges. C’est impressionnant tant c’est grand. C’est la première fois que je foule le sol d’un si gros engin. Je dois traverser tout l’appareil, ma place étant au dernier rang, tout au fond et au milieu de l’allée. Je n’ai pas la chance d’être près d’un hublot, mais mon siège est bien sec !
Bien évidemment, le vol a une heure de retard pour le décollage.
Il est 8H. Nous avons 3684 km à parcourir. 4H10 de vol sont prévues.
Pendant un bon quart d’heure, je me bats de nouveau avec mes bouchons d’oreilles, ils ne rentrent toujours pas dans les trous ! Je les maintiens pour le décollage. C’est bon, j’entends encore un peu.
La vitesse de croisière oscille entre 600 et 900 km/h et nous volons à 11000 m d’altitude.
La température extérieure est de -56° mais heureusement pour nous, il fait bon à l’intérieur.
Un petit déjeuner est servi et je dois reconnaître qu’il est le bienvenu même si le petit pain est un peu rassis.
Des écrans disséminés un peu partout dans les allées projètent un film muet « Harry Potter ». Pour le son, chaque passager dispose d’une oreillette. J’avoue ne pas être passionnée par ce genre de film.
Je préfère aller admirer le panorama par le hublot des hôtesses. Le désert vu d’en haut, c’est très prometteur.
Je papotte avec ma voisine, le hasard fait bien les choses, elle fait partie de la " gloire des dieu ", notre voyage.
Nous arrivons à Louxor à 12H10.
Je suis complètement sourde de l’oreille gauche, je ne suis vraiment pas douée avec ces bouchons. J’ai pourtant mâché du chewing gum mais sans succès.
Il fait un soleil radieux et le ciel est d’un bleu " Provence".
Le petit aéroport est bondé. Une foule attend à la douane. Nous patientons sagement. Puis c’est l’attente pour récupérer nos bagages. Le tapis défile inlassablement, offrant une multitude de bagages. Après de longues minutes d’angoisse, j’aperçois ma valise : ouf ! Je vous l’ai dit, j’éprouve toujours un moment de panique pour cette épreuve !
A la sortie de l’aéroport, un guide égyptien nous accueille. Il se prénomme Maamoun. Nous ne sommes qu’un petit groupe de 14, c’est super. Nous empruntons un mini bus d’une vingtaine de places pour nous rendre au bateau.
Ce n’est pas celui initialement prévu, un changement est intervenu trois jours avant notre départ. Pourvu qu’il soit aussi bien que l’autre !
Le trajet est assez court. Des palmiers nous saluent gracieusement. Nous croisons des calèches et des ânes venus d’un autre temps.
De nombreux bateaux sont amarrés côte à côte. Nous devons en traverser certains avant de parvenir au nôtre le " Princess Sarah".
Wouah !!! Honnêtement, il ne faut pas se plaindre ! Le hall affiche le grand luxe !
Nous avons juste le temps de faire connaissance avec notre chambre, de déposer nos bagages et nous voilà déjà sur le pied de guerre, la première visite est prévue immédiatement.
Devant la ola des hommes affamés, le guide se voit contraint de nous accorder une petite heure pour nous restaurer.
15 H, c’est bon, nous avons repris des forces, passons aux choses sérieuses, allons à la rencontre des pharaons…
Premier site visité, le temple de Karnak. Passage obligatoire par un portique de sécurité qui visionne le contenu de nos sacs.
Puis le guide baptise notre groupe « les Ramsès », tout un programme ! C’est mon pharaon préféré !
Commence alors l’émerveillement. C’est grandiose, impressionnant. Deux rangées de sphinx forment une allée d’honneur.
Il y a foule mais je ne vois personne, je suis seule au milieu de ces pierres qui me parlent. La voix de notre guide « égyptologue conférencier » me rappelle dans le monde des vivants. C’est un homme visiblement passionné qui réussit à nous transmettre son enthousiasme. Je bois chacune de ses paroles, c’est fou, je suis là sur le sol égyptien, c’est bien réel ! J’apprends que Ramsès a eu plus de 100 enfants ! Ça me laisse perplexe ! Je photographie mes premiers hiéroglyphes.
Le dieu Amon me fait un petit clin d’œil au passage.
Après avoir déambulé près de deux heures dans le temple, nous remontons dans le bus.
Au milieu de la civilisation actuelle, côtoyant les immeubles récents, se dresse le temple de Louxor. Tout aussi beau et majestueux que le précédent mais comme la nuit tombe dès 17H30, le site est illuminé ce qui ajoute à la magie des lieux. J’écoute à nouveau le guide avec un grand intérêt, il réussit à me transporter dans le temps.
La fatigue commence à se faire sentir. Pourtant, je suis loin de pouvoir me reposer, nous retournons à Karnak pour un son et lumière.
Là, il faut rester debout de longs moments : je suis épuisée mais c’est tellement beau !
Pour clore ce son et lumière, nous nous installons sur des gradins face au plan d’eau devant le temple. Je me laisse bercer par l’atmosphère irréelle et j’avoue humblement que j’ai piqué du nez quelques secondes, happée par les dieux et assommée de fatigue !
Avec le recul, je pense que je n’ai pas apprécié cette soirée à sa juste valeur tant j’étais fatiguée.
A la sortie du temple, un garde dort assis sur une chaise : nous sommes en sécurité !
Retour sur le bateau. Nous nous changeons puis nous gagnons le restaurant. Toujours le luxe, je le trouve très chic et j’apprécie le côté intime. Un buffet appétissant s’offre à nous. Nous nous retrouvons tous autour d’une grande table, c’est bien sympathique. Nous faisons plus ample connaissance, chacun se présentant. Nous venons tous de différentes régions. Seules deux autres personnes viennent du sud comme moi.
La soirée ne s’éternise pas, nous sommes tous pressés de regagner notre lit !
Les couples constatent avec désarroi que les cabines sont pourvues de deux petits lits alors qu’ils avaient demandé un grand lit mais le changement de bateau a tout chamboulé.
Qu’importe ! Ces messieurs déménagent et rapprochent les lits. Au final, le couchage affiche une largeur de deux mètres !
Chaque cabine possède une grande baie vitrée, un petit salon avec télé et fauteuil, une salle de bain, des WC, un coffre fort dans un grand placard, un frigo et l’indispensable clim.
Morphée m’appelle, pas le courage de défaire la valise, je me couche…comme c’est bon de s’allonger !
Dimanche 21
Octobre
Lever 4H45, oui, oui, vous lisez bien !
Heureusement pour nous, le personnel se charge de nous réveiller par téléphone.
Nous nous retrouvons tous dans la salle à manger pour un petit déjeuner copieux et très appétissant. Une multitude de viennoiseries m’attire particulièrement.
Au programme ce matin, visite de la vallée des rois.
Sur le chemin, on peut apercevoir plusieurs ballons multicolores qui transportent des touristes pour survoler le Nil. Ce n’est pas à notre programme, dommage, ça m’aurait bien plu.
Le bus nous dépose à l’entrée. Passage par le sas de sécurité et nous empruntons un petit train pour parcourir quelques centaines de mètres qui nous séparent des tombes.
Il est encore très tôt, à peine 7H, mais il y a déjà de nombreux touristes. Malgré tout, il règne une atmosphère feutrée. C’est envoûtant. Alors que le guide fait son discours, je ressens une immense plénitude, j’ai la sensation de communier avec les lieux.
Nous avons quartier libre pour visiter trois tombes. J’ai la chance de commencer par celle de la reine Taousert. C’est la plus reculée sur le site. Nous ne sommes que trois à l’intérieur. La magie opère d’autant que les parois sont magnifiquement décorées et les peintures encore très bien conservées. Un grand silence règne : c’est magique !
Puis c’est au tour de Ramsès III de nous accueillir. Très belle tombe mais les murs sont protégés par des vitres ce qui retire son authenticité. Nous marchons au pas, tant il y a du monde.
Nous terminons par le tombeau de Ramsès IV. Superbes peintures, superbes hiéroglyphes, superbe plafond mais la magie n’opère plus, il y a trop de monde et la chaleur est oppressante.
Un dernier coup d’œil vers la vallée surplombée par une roche naturelle en forme de pyramide et nous remontons dans le bus.
Nous nous arrêtons un peu plus loin dans une fabrique d’objets en albâtre. On y trouve de l’albâtre usiné, bien poli mais aussi de l’albâtre travaillé à la main, à l’état brut. C’est ce dernier que je préfère, plus authentique. Un thé à la menthe nous est servi mais je m’abstiens, j’ai peur pour mes intestins, je ne veux pas être malade !
Petit arrêt au temple de la reine Hatchepsout, très bien conservé. Du temple, on peut apercevoir Karnak au loin. La vue est superbe. Il fait très chaud, ma bouteille d’eau est la bienvenue.
Nous reprenons le bus direction les Colosses de Memnon à quelques kilomètres. Le soleil commence sérieusement à chauffer les crânes.
Pour retourner au bateau, nous délaissons le bus et empruntons une petite embarcation qui nous fait traverser le Nil.
« Si tu es prêt à franchir
le Nil, tu ne risques plus rien »
10 H 45, nous sommes prêts pour commencer véritablement notre croisière. Impossible de rester sur le pont supérieur tellement il fait chaud. La climatisation des cabines est alors bien utile. Un peu de repos bien mérité avant le déjeuner tout en admirant les rives du Nil. Le paysage change toutes les cinq minutes. Là, on aperçoit un village composé de maisons en terre. Ici, c’est une palmeraie. Un peu plus loin, on peut apercevoir du bétail, bien maigre. Tout à coup, c’est un bout de désert avec son sable à l’infini. Comme c’est beau ! Je me laisse bercer, je ne suis plus sur terre !
13 H, le déjeuner me sort de ma torpeur. Il y a le choix entre du poulet, du bœuf et du poisson. Des légumes frais, style ratatouille, du riz, des pâtes, des pommes de terres rissolées. Le buffet de dessert offre une variété alléchante pour mon estomac ! A mon regret il n’y a pas de fromages hormis une espèce de chèvre brebis hyper salé qui ne me plaît pas du tout. Bien entendu, je ne bois que de l’eau en bouteille et j’évite le buffet de crudités pourtant bien tentant.
La bonne humeur règne à table. Nous faisons plus ample connaissance chaque jour. Des affinités surgissent entre certaines personnes.
Nous avons du sommeil en retard, une petite sieste est salvatrice après le repas. Je ne parviens pas à dormir, je ne veux rien perdre du paysage qui s’offre à moi.
« Noie
ton passé dans le Nil et commence une nouvelle vie »
15H, nous arrivons à Esna pour passer une écluse. Le bateau s’arrête et une nuée d’autres bateaux s’agglutine autour de nous. Nous assistons à un drame qui vient de se dérouler juste à notre arrivée. Une petite embarcation avec deux jeunes hommes a chaviré, heurtée par le bateau qui nous précède. Les deux jeunes se sont noyés. Une fourmilière afflue vers le Nil. Les femmes toutes vêtues de noir accourent et entament leur chant de pleureuses. Les hommes se regroupent entre eux. Nous sommes mal à l’aise sur notre bateau luxueux à être témoins de ce malheur qui frappe la population.
A partir de 15H30, le soleil est moins chaud, nous pouvons regagner le pont et profiter de la piscine et des transats.
Une petite collation nous est servie au bar à l’autre bout du pont.
Nous ne franchissons l’écluse qu’à 19H30 pendant une petite demie heure. Il fait nuit, l’air est doux. Je suis à l’avant du pont. Non, non ! Je ne me prends pas pour Céline Dion sur le Titanic, je ne chante pas ! Pas d’appareil sophistiqué pour manoeuvrer avec précision, les indications sont transmises au capitaine uniquement à la voix.
20 H, c’est l’heure du dîner. Les plats se suivent et se ressemblent. Je m’efforce de goûter à tout, même au poisson que je trouve succulent. Le buffet de desserts est encore plus alléchant que le midi, il y a plein de gâteaux ! Bonjour la ligne !
Au milieu du repas, les lumières s’éteignent et le personnel du restaurant se regroupe au milieu de la salle en chantant sur une musique orientale pour souhaiter l’anniversaire d’un passager. Celui-ci se joint au groupe pour danser au rythme des tambourins qui redoublent d’intensité. C’est un spectacle bien agréable.
Un petit tour au salon-bar pour discuter un moment et siroter un karkadé, boisson traditionnelle à base d’hibiscus, avant de regagner la cabine et se COUCHER !
Lundi 22 Octobre
Le guide a pitié de nous, le lever n’est prévu qu’à 7 H pour un départ à 8 H.
J’ai mal dormi malgré la fatigue. Je suis réveillée de bonne heure par l’appel de la prière.
Bizarrement, je n’ai pas mal au dos en me levant.
Douche, petit déjeuner et hop nous voilà repartis ! Aujourd’hui, j’ai abandonné mes baskets. Ça fait deux jours que je souffre des pieds tant ils sont en surchauffe. Je rechausse mes nu-pieds bien plus aérés !
Pas de mini bus ce matin. A la sortie du bateau, des calèches sont à notre disposition. Des marchands ambulants nous assaillent de toutes parts.
Nous allons visiter le temple d’Edfou. A la descente de calèche, il faut traverser une "zone commerciale" faite de petites échoppes où les marchands vous accostent durement.
Le temple est très beau, très majestueux. Je fais la connaissance du dieu Horus, celui à la tête de faucon. Le récit du guide est toujours passionnant, c’est un vrai régal. Il y a plein de mouches qui nous taquinent.
J’aperçois des oiseaux qui font leur nid dans les hiéroglyphes.
Puis, il faut regagner la calèche et se frayer un chemin parmi les boutiques.
Je me fais "enlever" dans l’une d’elle par un marchand qui commence à me déguiser en danseuse ! C’est un costume comportant une jupette transparente et un bandeau pour la poitrine, le tout orné de breloques. Je ne suis pas rassurée, il me frôle beaucoup trop pour m’habiller ! Il me fait des compliments et me demande mon âge. Je lui rétorque qu’on ne demande pas l’âge des dames mais il insiste lourdement. Je finis par lui dire 50 ans (je triche un tout petit peu !). Il s’écrit « non, non ! Pas 50 ! 32….et il me tâte le bras pour me montrer que ma chair est encore ferme ! Ensuite il me demande « combien de chameaux ? ». Là, je reste bête, je ne sais pas ce que ça veut dire. J’ai appris depuis…je vaux bien une vingtaine de chameaux tout de même ! Impossible de repartir les mains vides, je lui prends un costume mais ce sera pour ma belle fille, je ne me vois pas là-dedans, même pour une soirée déguisée !
Vite, il faut rejoindre les calèches, je me faufile parmi la foule. Ouf ! Ça y est, je suis arrivée !
Nous traversons la ville. J’aperçois un marché d’un côté, des boutiques colorées de l’autre.
Les ânes côtoient les 404 Peugeot toujours en état de marche et ma foi je dirai qu’elles sont bien conservées pour leur âge.
Nous regagnons le bateau. Nous devons en traverser trois autres avant d’arriver sur le notre. Ce n’est pas désagréable à visiter, il y a de très beaux halls. Il y a des gardes qui assurent la sécurité à l’entrée.
Une boisson chaude nous est servie à l’arrivée. Je pense reconnaître du citron mais je n’en suis pas certaine à 100%.
Un petit repos après le déjeuner alors que nous reprenons la navigation en direction de Kom Ombo. J’admire à nouveau la beauté des rives. Je fais un petit tour dans la boutique qui se trouve sur le bateau. J’achète des cartes postales pour envoyer à tous mes fidèles compagnons qui m’ont soutenue durant ma maladie. Ça en fait quand même 25 ! Je m’installe sur le pont pour écrire. De bonnes âmes m’aident à coller les timbres qui ne sont pas autocollants !
Il fait bon, il y a de l’air, c’est délicieux.
Nous accostons pour la visite du temple de Kom Ombo. Cette fois, c’est la divinité Sobek qui nous reçoit. La nuit commence à tomber, le temple s’illumine, c’est féerique, enfin presque, les moustiques attaquent !
Une soirée orientale est organisée et le déguisement est de rigueur. Je n’ai rien dans ma valise qui puisse faire l’affaire. Me voici à la recherche d’une djellaba dans les boutiques qui sont en contrebas du temple. Je croyais en avoir pour dix minutes et bien j’y passe trois quarts d’heure car impossible de trouver une petite taille ou alors la couleur ne me convient pas. Je finis par en prendre une toute simple, bleue, pour changer, avec un plastron brodé.
Cette fois-ci, c’est moi la dernière des Ramsès à regagner le bateau : le guide attend impatiemment car nous levons l’ancre pour Assouan.
Grâce à la boutique sur le bateau, je complète avec une petite étole blanche bordée de perles bleues sur mes épaules. En théorie, c’est plus pour entourer le visage mais je suis allergique à tout ce qui peut être mis sur ma tête depuis le port de ma perruque ! Et puis, ici, j’ai retrouvé mes frisettes, sans doute le climat y est propice. J’aime bien mes frisettes…
Une fois prête, je rejoins le groupe au salon bar pour une petite causette et une séance photo du groupe. Nous sommes tous de très beaux "Ramsès" y compris notre guide qui a revêtu son habit traditionnel.
L’ambiance est chaleureuse, je savoure chaque instants !
Puis c’est le dîner : quelques plats orientaux à déguster. Je goûte à tout même si j’ignore ce que c’est !
Retour au salon bar pour les festivités. De la musique arabe est diffusée et tout le monde se retrouve sur la piste de danse. Je n’ai pas dansé depuis des années, je ne me rappelle même plus quand. Depuis, j’ai eu les opérations du dos et ma prothèse. Je me sens empotée, je suis raide et je n’ai plus du tout de rythme ! Je n’ai plus aucun repère. C’est vrai que ce n’est pas sur cette musique que j’ai eu l’habitude de danser mais tout de même, je songe sérieusement à m’y remettre car j’envie l’aisance de certaines femmes. Je doute d'être aussi gracieuse un jour, mais rien ne m’empêche d’essayer si mon dos le veut bien !
Il est inutile de vous dire qu’à ce moment précis, ce dernier est très présent et se moque ouvertement de mes bonnes résolutions et de mes envies.
La soirée se termine, il est l’heure d’aller se faire bercer par les flots.
Mardi 23 Octobre
Départ prévu à 8 H en mini bus pour le haut barrage d’Assouan. Des soldats gardent l’entrée.
Sur le chemin, on peut apercevoir des universités qui jouxtent le désert.
Grâce à un compagnon de voyage, j’ai la chance d’apercevoir un crocodile dans le lac Nasser à l’aide de jumelles. Je suis contente, j’ai vu mon crocodile !!
Puis nous nous dirigeons vers le temple de Philae qui se situe sur une île.
Nous montons sur de petites embarcations à moteur. Les alentours sont magnifiques. Il y a une riche végétation florissante et très colorée. C’est un petit paradis ! Certains monuments se reflètent dans les eaux, c’est fabuleux ! Isis nous souhaite la bienvenue.
Un chat se prélasse dans le temple au milieu de tous les touristes qui doivent le contourner car il reste allongé sur le sol, stoïque et indifférent aux humains. Je lui fait une petite caresse qui, je dois l’avouer, ne lui fait aucun effet !
Il fait toujours aussi beau et chaud, le ciel est toujours aussi bleu. Il n’a pas plu depuis 10 ans dans le sud…
Le site est enchanteur, une petite perle de beauté.
La visite terminée, nous regagnons le bus à l’aide de notre petite embarcation sur laquelle un marchand ambulant nous livre ses trésors moyennant un ou deux euros.
A l’embarcadère, je surprends un jeune homme égyptien qui plonge une canette de coca vide dans l’eau souillée de gaz oil et qui la boit d’un trait. Sans nul doute, il est immunisé !
Sur le chemin du retour, nous nous arrêtons dans un magasin de papyrus à Assouan.
Une odeur d’eau de rose m’enveloppe en arrivant, ça me rappelle ma petite enfance quand ma mère me nettoyait avec. C’est délicieux.
Une jeune femme nous fait une démonstration de la fabrication d’un papyrus.
Puis, nous déambulons dans la galerie en admirant l’exposition des tableaux.
Je fais l’acquisition de trois papyrus. L’un représente un chat égyptien, ce qui ne surprendra personne.
Les deux autres se complètent : un arbre de vie et un crabe représentant le cancer. Je ne pouvais pas le manquer celui-là !
Retour sur le Princess Sarah pour déjeuner.
Pas de sieste aujourd’hui, nous reprenons un petit bateau à moteur en direction de l’île Eléphantine. La beauté du paysage est enchanteresse. Je suis vraiment au paradis.
Nous accostons sur une dune de sable que des dromadaires foulent nonchalamment. Le sable est d’une finesse extraordinaire. C’est bon d’y enfouir ses pieds. Nous sommes accueillis par des marchands qui ne nous laissent aucun répit.
Nous poursuivons vers un village nubien. Ici, les maisons sont toutes colorées et arrondies. Il y respire un air de propreté et de calme.
Le chef du village, ancien instituteur nous reçoit dans l’unique salle de classe.
Notre petit groupe prend sagement place sur les bancs des écoliers.
L’instituteur entreprend de nous apprendre à prononcer l’alphabet et les chiffres arabes.
Je vous garantis que c’est une bonne crise de fou rire ! Nous avons beau nous appliquer pour répéter, impossible de rouler les « r » ou aspirer correctement. Après plusieurs lectures, le chef interroge les hommes en les appelant au tableau. Bien entendu, la majorité est incapable de se rappeler ou de prononcer convenablement. Alors, il y a punition : mise au coin et coups de bâtons infligés par la femme. Imaginez le tableau, je vous assure que c’est une franche rigolade et un souvenir inoubliable !
Un thé à la menthe nous est offert dans une maison nubienne en bas du village. C’est accueillant et typique. Dans un aquarium « rustique », on trouve un crocodile vivant et des petits. Il ne me paraît pas très sympathique !
Des enfants nous réclament des stylos mais nous en sommes démunis. Si j’avais su, j’aurais volontiers vidé quelques tiroirs pour leur faire plaisir.
Au retour, nous devons affronter des petits tourbillons dans le Nil, l’embarcation peine mais parvient finalement à retrouver le calme du fleuve.
Des "Ramsès" entament des chansons reprises en cœur par tout le groupe. L’école nous a rendu notre âme d’enfants.
Nous nous séparons sur le chemin, les uns descendent pour se rendre au son et lumière de Philae, les autres continuent jusqu’au Princess Sarah.
Je suis du premier groupe. Nous refaisons le trajet en bus et en petit bateau. Cette fois-ci, il fait nuit et les barques n’ont pas de lumière, c’est peu rassurant car il y en a des dizaines sur l’eau ! Mais nous arrivons sains et saufs sur l’île.
Après la chaleur de la journée, il est plaisant de savourer la douceur de l’air. Un son et lumière est toujours envoûtant, les voix viennent de l’au-delà comme par magie. Je me sens transportée au milieu des pharaons, je peux presque les toucher.
Par contre les moustiques sont bien réels… je suis dévorée ! S’ils savaient que mon sang est gorgé de chimio, les pauvres, ils ne vont pas s’en remettre ! Tant pis pour eux !
Nous croisons à nouveau notre chat, toujours imperturbable au milieu de la foule.
C’est déjà fini, il faut repartir, quitter l’île.
A nouveau, nous glissons sur l’eau en regardant le ciel étoilé et les ombres du temple qui reflètent dans l’eau.
C’est splendide !
La fatigue et la faim nous ramènent vers le Princess Sarah.
Après le dîner, il y a un spectacle nubien. Je croyais voir des danseuses nubiennes, je suis un peu déçue, il n’y a que des hommes qui produisent des numéros façon « cirque » pour enfants.
La bonne ambiance orientale est là malgré tout, c’est l’essentiel. C’est notre dernière soirée à bord du bateau, j’ai un petit pincement au cœur, je resterais bien encore un petit peu…
Je commence à être sérieusement fatiguée, il faut vraiment que je puise dans mes réserves pour garder un œil ouvert et un dos droit.
La musique a cessé, le bar ferme, il est l’heure de retrouver son lit !
Mercredi 24
Octobre
Départ à 8 H pour une ultime promenade en felouque sur le Nil. Nous évoluons sur l’eau, uniquement propulsés par une voile un peu rapiécée, mais une voile quand même.
Nous voguons un bon moment silencieux, chacun dégustant ce moment de sérénité.
Nous accostons au pied d’un jardin botanique luxuriant. D’un côté, on peut apercevoir le désert et nous sommes là, au milieu de ces grands arbres. Le contraste est saisissant.
Nous nous promenons dans les allées ombragées tout en observant les essences qui s’offrent à nous. Je découvre un sycomore, arbre qui revient très souvent dans les écrits de Christian Jacq. J’aperçois des mimosas et des fucus géants. Nos pauvres arbustes français sont ridicules ! Il y a des chats dans tous les recoins. Tout au fond du jardin, la vue est magnifique.
Je n’ose penser qu’il va falloir quitter tout ça.
Nous regrimpons à bord de notre felouque pour le trajet inverse. Je savoure un maximum ces instants pour qu’ils s’imprègnent en moi à jamais.
« Reviens à la source du Nil
et repart confiant »
Une fois à bord du Princesse Sarah, il faut songer à nous préparer pour l’aéroport.
Il faut refaire les valises, la mienne est vite faite, je n’ai presque rien déballé. Il faut juste tasser un peu plus, le linge sale est moins bien plié qu’à l’aller.
Les valises bouclées sont déposées devant les portes des cabines et emportées par le personnel navigant. Un dernier coup d’œil humide et je referme la porte.
Il est d’usage de rétribuer le service du personnel avec un pourboire : le bakchich. Chacun dépose sa petite enveloppe en remerciement car il faut signaler que chaque soir, nous avions une gentille attention sur le lit. Fabriqués à l’aide de nos serviettes de toilette, nous avons eu un cygne, une écrevisse, un serpent et une fleur de lotus. C’était une gentillesse très appréciable et originale.
10 H 45, tous les Ramsès sont regroupés dans le hall pour le départ vers Abou Simbel. Un vent de tristesse règne. Je suis oppressée, je voudrais rester, je suis si bien ici.
D’une démarche nostalgique, je rejoins le bus pour gagner l’aéroport d’Assouan.
Nous arrivons à 11H15. Avant l’enregistrement des bagages, il faut passer le portique de sécurité. Certains d’entre nous doivent ouvrir leurs bagages pour une fouille.
Pour éviter de transporter les bagages à main sur le site d’Abou Simbel, nous les confions à la soute de l’avion avec appréhension car ce sont des bagages qui ne ferment pas à clef.
En attendant l’embarquement, nous grignotons un pique nique fourni par le bateau. : c’est un peu sec mais ce n’est pas bien grave, je n’ai pas vraiment faim, j’ai l’estomac noué. Nous nous offrons un café au bar de l’aéroport : 2,50 € le mini mini expresso !
Pour accéder à l’avion, nous devons emprunter un bus non climatisé, heureusement la distance est courte.
Le guide nous a recommandé de nous placer à gauche de l’appareil pour profiter de la vue.
Tout le monde a bien obéi, personne ne s’installe à droite. Les stewards se voient dans l’obligation de diriger les nouveaux arrivants à droite pour rééquilibrer l’avion. Je n’ai pas été assez rapide, je me retrouve du mauvais côté ! Le trajet ne dure pas plus d’une demie heure et oh miracle ! Mes protections auditives ont fonctionné : je ne suis pas sourde à l’atterrissage ! C’est de bon augure, je sens que je vais apprécier ce site car c’est celui qui m’a le plus marqué dans les descriptions de Christian Jacq.
Premier contact, premier coup d’œil, c’est l’émerveillement. Je suis fascinée par la couleur du lac Nasser. Les eaux sont d’un bleu turquoise étincelant. C’est incroyable de beauté ! Je rêve !
Il y a deux temples. Nous commençons par le plus petit, celui que Ramsès a fait construire par amour pour son épouse Néfertari.
Messieurs, prenez-en de la graine !!
L’intérieur est très bien conservé. Les peintures ont toujours des couleurs chatoyantes après tant d’années. Hathor nous saluent de toutes parts.
A la sortie, un garde m’offre de porter une énorme croix de vie. J’espère que c’est un signe du destin, je le prends comme tel.
Nous traversons une esplanade pour nous rendre au grand temple, celui de Ramsès.
Il fait très chaud, pas loin de 40° à l’ombre. Je ne me lasse pas de regarder le bleu du lac.
Quatre colosses gardent l’entrée du temple. Je suis toute petite à côté.
Au premier pas franchi, je suis comme envoûtée par l’atmosphère du temple. J’ai la sensation d’une présence, d’une force, d’une domination du pharaon lui-même. En cherchant bien, il doit être là derrière cette colonne…
Le visage des statues est très expressif. Le regard semble vivant. J’ai l’impression que leurs lèvres vont s’animer et me parler tant elles paraissent réelles. C’est fantastique, surnaturel, magique ! Dans chaque pièce, les scènes représentées sont plus belles les unes que les autres.
Il faut pourtant quitter les lieux, le timing est là ! Je ressors du temple à contre cœur, je ne voudrais pas abandonner cette extraordinaire sensation de bonheur qui m’enveloppe. Mais heureusement, le lac s’étale devant moi dans toute sa splendeur.
En longeant le bord du lac, une idée s’impose à moi, je voudrais que mes cendres soient répandues ici, dans ce lac. Cette lumière qui auréole tout le site, c’est la lumière qui mène au paradis, c’est ainsi que je ressens les choses. Loin de moi l’idée d’être morbide, voire défaitiste, bien au contraire : penser que je puisse revenir ici un jour et y rester à jamais c’est une note très positive. Alors, si vous voulez me suivre jusqu’à mon dernier voyage (et là je vous offre un bon prétexte pour venir ou revenir), faites des économies et croyez-moi, vous ne le regretterez pas, ça en vaut la peine ! Je vous rappelle qu’on a prédit ma mort à 92 ans (19/02/07 sur le blog), je vous laisse du temps pour économiser !
C’est donc gorgée d’émotions que je quitte Abou Simbel. Une partie de moi reste sur place alors que nous retournons vers l’aéroport. La première partie du voyage s’achève, la plus belle sans nul doute.
16H30, nous décollons pour Le Caire après fouille et refouille des bagages et des passagers.
Cette fois, je suis assise près du hublot. Je peux ainsi continuer à contempler les eaux turquoises et cette contrée inoubliable !
L’émotion est trop forte, je craque et je pleure à chaudes larmes. Je voudrais redescendre, me cacher derrière Ramsès pour qu’il me protège et ne jamais repartir.
J’ai remarqué qu’un bateau était ancré dans une crique. Les veinards ! Je serais bien tentée par une petite croisière sur le lac Nasser… à méditer et à en toucher deux mots à Crabus pour qu’il me fiche la paix !
L’avion n’est pas très confortable mais le trajet ne dure qu’une heure trente.
Le miracle des bouchons d’oreilles ne se reproduit pas, je suis sourde !
Puis c’est l’arrivée au Caire. Il fait nuit. Notre hôtel, le « Sphinx » situé à l’opposé de l’aéroport nous oblige à traverser la ville, toujours en mini bus. Il est 19H30, la circulation est affolante, le trafic est dense. Il n’y aucun feu, aucun stop mais des klaxons ! Les automobilistes ne respectent absolument pas le tracé des lignes blanches au sol. Ils conduisent vite tout en zigzagant. Le doublement à droite est naturellement dans les mœurs. Les voitures se frôlent dangereusement mais bizarrement on voit peu de tôles froissées. Le plus surprenant, ce sont les piétons qui traversent au milieu des voitures roulant à vive allure sur des voies rapides comme le périphérique à Paris. Et ils arrivent de l’autre côté ! Je me suis surprise à regarder en arrière pour voir si le piéton était toujours debout ou écrasé comme une crêpe !
Au milieu d’un carrefour, un policier censé réguler la circulation, fume nonchalamment, ignorant les véhicules bondés (ils peuvent être 8 voire plus dans une voiture) qui le rasent.
Nous croisons de très vieilles voitures toutes rouillées : ce sont des taxis ! Les Peugeot 504 sont à l’honneur.
19H30, nous sommes devant l’hôtel. C’est le grand luxe. Le hall est immense, on se croirait dans une gare. Il y a plusieurs boutiques et une banque. C’est trop grand pour moi, trop impersonnel, j’ai la nostalgie du bateau et du sud !
Nous récupérons nos valises et nous allons à la découverte de nos chambres. Evidemment, celles-ci sont somptueuses. Deux grands lits, une terrasse et une salle d’eau en pierre qui me plaît beaucoup. Des rangements, deux fauteuils, un frigo, un coffre-fort et la télé complètent le décor.
On se change et hop, direction le restaurant. Nous sommes répartis sur des tables de quatre. Il y a un très grand buffet, bien garni et appétissant.
Une petite causette au bar pour finir la soirée où un chanteur égrène quelques mélodies.
Le sommeil nous gagne, nous allons tester notre nouvelle literie.
Jeudi 25 Octobre
Départ 8H pour la visite de la mosquée de Mohamed Ali.
J’ai pris la précaution de ne pas arborer de décolleté. Peine perdue, mes bras sont nus, je dois endosser une grande cape verte pour me couvrir. Tout le monde se déchausse.
Maamoun nous fait un petit cours très intéressant sur l’Islam.
Malgré la foule, on éprouve le besoin de se recueillir.
Nous apercevons la pendule offerte par la France en échange de l’obélisque qui trône place de la Concorde.
Elle ne fonctionne pas et n’a jamais fonctionné, c’était un cadeau empoisonné !
Puis, c’est le moment attendu, les souks ! Sur les conseils du guide, je me suis abstenue d’acheter les petits cadeaux dans le sud, les souks devant regorger d’une multitude d’objets les plus insolites les uns que les autres, très bon marché.
Quelques "Ramsès" décident d’arpenter ensemble les rues de Khan El Khalili. Nous débutons par des ruelles dégageant une atmosphère très pittoresque. Tout est coloré et gai. La diversité de flacons qui ornent les étagères d’une parfumerie est impressionnante.
Chaque quartier a sa spécialité. Il y a le quartier des bijoux, celui des vêtements, celui des épices, celui des tissus.
Au milieu du bazar, une plus grande rue recouverte de terre battue, avec des trous énormes. C’est sale. On dirait qu’un tremblement de terre a oeuvré. C’est assez surprenant, déroutant.
La foule et l’atmosphère m’angoisse. Je déniche quelques babioles mais je suis un peu déçue car je ne retrouve pas certains objets vendus dans le sud. Il n’y a pas à dire, je préfère le sud !!
Un petit rafraîchissement dans un café avant de remonter dans le bus.
A midi, nous déjeunons à bord d’un bateau ancré sur le Nil. Chouette, je suis contente, je retrouve l’ambiance de Princesse Sarah ! Ça apaise mon angoisse persistante.
Après déjeuner, en route pour le musée du Caire.
Là encore, c’est grandiose. Ils ne savent rien faire en petit ces égyptiens ! Il y a un monde fou. Un brouhaha assourdissant emplit nos oreilles. Difficile d’entendre le guide qui nous transmet pourtant des choses très intéressantes.
Il y a de très belles pièces de collection de toutes sortes. Mes yeux pétillent de bonheur en regardant toutes ces merveilles.
Il fait chaud. J’ai chaud. La station debout est pénible. Je sens le malaise qui monte le long de ma colonne. Vite, il faut que je m’assois. Je m’écroule au pied d’une statue et je respire un grand coup. J’ai oublié ma bouteille d’eau, une petite gorgée m’aurait pourtant fait du bien. Je n’entends plus le guide, il est trop loin. J’apprécie pourtant ses discours mais j’ai besoin de souffler un peu. J’envie les grandes oreilles de vaches de la déesse Hathor !
Nous poursuivons en montant à l’étage. Heureusement pour moi, nous faisons une halte dans les escaliers ou tout le monde s’assoit. Cinq minutes plus tard, il est difficile de se relever et pourtant la visite continue!
Nous cheminons devant des vitrines de bijoux. Ça fait rêver, je veux les mêmes !!
Puis, je choisis une poterie par ci, une par là. Je me verrai bien avec un chariot pour faire mes emplettes !
Voilà le malaise qui revient. Je décroche à nouveau et j’ai la chance de trouver un siège, un vrai. La visite guidée est presque terminée, je peux me reposer un peu. Je zappe malheureusement les dernières explications. Excusez-moi Maamoun…
Nous avons quartier libre. Je vais visiter la salle des momies, c’est impensable de repartir sans avoir vu les momies ! A mon goût, les plus belles sont celles de Sethi et de Ramsès. Quand on songe à l’âge de ces pharaons, ça paraît invraisemblable de les voir là devant nous presque en chair et en os, surtout en os ! Ramsès était un grand homme dans tous les sens du terme.
Enfin, c’est Toutankhamon qui nous dévoile ses trésors. Son masque est d’une rare beauté.
17H30, c’est l’heure de la sortie, tous les Ramsès se retrouvent devant le musée pour rentrer à l’hôtel.
La nuit commence à tomber. La circulation est toujours aussi dense. Les klaxons hurlent dans tous les sens. C’est un impressionnant spectacle, il faut le voir pour le croire.
Avec des gestes acrobatiques, nous tentons de prendre les pyramides en photo à travers les vitres du bus.
Après le dîner, le groupe se retrouve pour un dernier verre au bar. Le chanteur est toujours là, sur la scène au fond de la salle mais nous n’y prêtons pas grande attention.
22H45, le marchand de sable est passé, tout le monde au lit !
Vendredi 26
Octobre
Départ 8H en direction des pyramides. Il fait bon, la chaleur est moins forte que dans le sud.
Je suis impatiente, à près tout l’Egypte c’est d’abord les pyramides dans l’esprit de tout étranger qui se respecte !
A peine quelques minutes de trajet et nous voilà devant la grande pyramide de Khéops.
C’est monumental ! Nous sommes minuscules, ridiculement minuscules !
Il y a déjà foule. Des bus sont parqués un peu partout. Il faut se plier à la fouille traditionnelle pour accéder au site.
Un peu plus loin, se dresse la pyramide de Khéphren, un peu plus petite mais tout aussi grandiose.
Une fois contournée, on se retrouve devant une troisième pyramide, celle de Mykérinos, encore plus petite (enfin disons moins grande !)
Quand on sait que les ordinateurs n’existaient pas en ce temps là, on ne peut qu’être admiratif en constatant cette architecture. Les pentes des pyramides sont dans un alignement parfait. Pas un défaut d’angle. C’est stupéfiant ! Bravo Imhotep !!
Le panorama qui s’offre à nos yeux récompense notre venue au Caire. D’un côté, il y a la ville où les immeubles et les mosquées s’enchevêtrent dans un méli mélo. De l’autre, sans transition, il y a le désert avec ses dunes de sable à perte de vue. Des dromadaires promènent des touristes alors que l’on entend presque les klaxons de la ville. C’est inouï et irréel.
Je touche les pierres pour bien m’imprégner de la magie des pharaons et de leurs dieux.
Je recherche à tout prix leur protection, on ne sait jamais, la magie pourrait agir…
En contrebas, derrière la pyramide de Khéops, se dresse le sphinx sur le plateau de Guizeh.
Pour nous en approcher, nous passons devant un puits au-dessus duquel il est de coutume de faire un voeu en lançant une pièce. Je ne résiste pas à la tentation, trop heureuse de solliciter les dieux égyptiens. L’avenir me dira s’ils m’ont entendue…
« Demande de l’aide au
pharaon, il t’entendra »
Ensuite, nous empruntons un couloir bondé de touristes. C’est le métro Châtelet à l’heure de pointe !
Majestueux, le sphinx nous toise de toute sa hauteur. Le guide nous demande si nous connaissons l’auteur du nez cassé. D’emblée, je réponds « Obélix », faisant référence au film Mission Cléopâtre. Des rires accueillent mes connaissances historiques !
A propos, Maamoun nous a appris que Cléopâtre n’était pas Egyptienne mais Grecque. Ça, c’est un scoop !
Maamoun nous entraîne dans une bijouterie non loin du site. C’est une vraie caverne d’Ali Baba ! Que de trésors ! Il y a des magnifiques bijoux en or, en argent et en pierres précieuses. Je commence par ces dernières : je fais l’acquisition d’un collier en lapis lazuli et un autre en améthyste. Je poursuis par le rayon argent dans lequel je choisis des petits scarabées et des têtes de Néfertiti incrustés de turquoise pour des petits cadeaux. Je n’ai malheureusement pas le temps de fureter du côté de l’or. Dommage, je serai bien restée quelques minutes de plus, juste pour le plaisir des yeux ! Je suis la dernière à monter dans le bus.
Nous nous dirigeons vers un restaurant en plein air pour le déjeuner. De nombreux touristes y sont parachutés. Le repas n’est pas franchement digne d’un 4 étoiles mais l’ambiance est conviviale.
Notre promenade se poursuit sur Memphis où nous découvrons la statue couchée de Ramsès, très impressionnante par sa taille. Dans les jardins trône un imposant sphinx.
Enfin, nous arrivons à Sakkarah où est édifiée la pyramide de Zoser. C’est une pyramide à degrés, la première et par conséquent la plus vieille pyramide. Mais comment ont-ils réussi cet exploit, avec les moyens de l’époque ? C’est un vrai mystère.
Le désert nous entoure apportant une certaine quiétude, un bien être.
Maamoun et ses maamounettes posent pour une photo souvenir au pied de la pyramide.
C’est un moment solennel chargé d’émotions intenses.
La route du retour est chaotique, je suis à l’arrière du bus, ça secoue beaucoup. Nous longeons des palmeraies alternant avec des cultures. J’aperçois d’énormes choux. On a parfois l’impression de distinguer une décharge à cause des ordures qui jonchent le sol, ça gâche un peu le plaisir.
Nous retournons à l’hôtel pour une petite heure. J’en profite pour le visiter, je n’en ai pas encore eu le temps. Il y a un joli jardin verduré et une très belle piscine. Jouxtant cette dernière, une terrasse nous permet d’admirer les pyramides. Ce n’était vraiment pas la peine de se contorsionner dans le bus, on peut faire de très jolies photos d’ici !
18H45, c’est l’heure de notre dernière sortie pour assister à un son et lumière sur le plateau de Guizeh. Cette fois, nous sommes assis durant tout le spectacle. J’ai un peu froid malgré ma petite laine. Le laser projeté sur les parois nous entraîne plus de 4000 ans en arrière au milieu des pharaons. Je jurerais que c’est Ramsès qui est assis près de moi ! Je ne trouve pas d’autre mot que « Magique » !
Un dernier clin d’œil au sphinx et nous retournons à l’hôtel. Le dîner me semble morose, nous sommes tous tristes, un peu absents. Même les pâtisseries ne parviennent pas à me consoler.
Nous nous regroupons au bar pour un dernier pot, le pot de l’amitié.
Nous échangeons les adresses, nous promettant de correspondre par mail.
Une petite heure nous est accordée pour faire nos bagages et nous reposer.
Ma valise est vite bouclée, qu’importe le rangement, tout est sale.
Impossible de me reposer, je ne veux pas, je ne peux pas dormir maintenant alors qu’il ne me reste que quelques minutes à vivre sur le sol égyptien.
Tout à coup, j’entends puis j’aperçois un feu d’artifice. Je me précipite sur la terrasse de la chambre. Je ne sais en quel honneur il a lieu mais je remercie le ciel, c’est un bel au revoir.
Samedi 27 Octobre
Il est 1H du matin, réunis dans le hall autour de notre guide si sympathique, nous le remercions lui chantant « Adieu M. le professeur ». Je lui avoue qu’il a beaucoup contribué à la réussite de ce voyage et qu’il a même réussi à diminuer ma peur de la mort en évoquant la sublimité du voyage des pharaons vers l’au-delà. Il me serre gentiment dans ses bras. L’émotion nous envahit tous, les yeux sont embués.
1H30, en route pour l’aéroport du Caire. Un ultime regard vers les pyramides éclairées et nous voilà plongés dans le Caire by night. La circulation est toujours très dense même à cette heure de la nuit. Les klaxons résonnent comme en plein jour. Les magasins restent ouverts nuit et jour aussi, ce qui accentue la féerie des rues.
A notre arrivée dans l’aérogare et après une première fouille, nous avons juste le temps d’enregistrer nos bagages pour un embarquement immédiat. Enfin presque car il y a la queue, j’ai le temps d’aller aux toilettes, c’est l’émotion…
Deuxième fouille pour la salle d’embarquement. Nous transportons le petit déjeuner que l’hôtel nous a fourni. Les boissons sont confisquées, elles ne sont pas autorisées. Miraculeusement, je passe incognito avec ma boisson !
Il est 3H50 quand nous nous installons dans l’avion.
C’est un Boeing 737 qui nous ramène à Paris. Rien à voir avec le 797 ! Pas de film, pas de place pour allonger ses jambes. L’équipage peu aimable ne parle pas le français. Même l’accès aux toilettes est limité. Alors que de nombreux Ramsès se reposent, je dirai même dorment, les hôtesses allument les lumières sans crier gare pour nous servir un petit déjeuner bien sec.
Je crois bien que mes bouchons d’oreilles sont hors service, ils ne me sont d’aucune utilité. Mes tympans sont douloureux..
Nous atterrissons à 8H30 à l’aéroport Charles de Gaulle. La température extérieure est de 9°.
Les bruits autour de moi sont étouffés, j’ai du coton dans les oreilles.
9H30, nous récupérons nos valises, c’est bon elles sont entières.
Quelques embrassades pour nous dire au revoir.
Ça y est, c’est bien fini…Chacun se disperse, les uns vers les navettes, les autres vers leurs voitures ou vers le train. A propos de train, j’ai bien fait de conserver mon billet de TGV pour rentrer car c’est Air France qui est maintenant en grève !
Encore quelques heures et je retrouve les palmiers d’Avignon.
Toutes
les divinités (Amon, Horus, Hathor, Isi, Osiris, Ra et Sobek) planent encore
au-dessus de ma tête et me sussurent ce joli proverbe :
"Qui a bu l'eau du Nil reviendra
toujours s'y désaltérer"
Merci à tous mes compagnons et nouveaux amis pour ce voyage PHARAONIQUE, merci à tous les amis et à la famille qui m’ont soutenue l’an dernier : je n’aurais peut-être pas eu la force de lutter toute seule.
XX - Novembre 2007

Je vous avais promis de revenir avec de bonnes nouvelles. Non seulement en voici, mais en plus, j’espère vous offrir de quoi rêver.
Vous vous souvenez du rêve que j’avais depuis de nombreuses années ? Mais si, cherchez bien dans votre mémoire (ou sur le blog) ! Eh oui, vous avez trouvé, je désirai faire une croisière sur le Nil. Eh bien, amies crabusettes, je suis heureuse de vous annoncer que j’ai réalisé mon rêve. Je reviens d’Egypte, toute émerveillée par ce magnifique pays chargé d’émotions.
C’était bien plus extraordinaire que je ne l’imaginais.
Je vais tenter de vous conter ce voyage afin de vous vous faire partager les moments magiques que j’ai vécus.
Allez, les crabusettes, ça vaut le coup de se battre pour réaliser son rêve ! Quelle belle récompense !
Prêtes pour embarquer ? Alors on y va … Cliquez sur le voyage de Crabusette et les albums photos, et suivez-moi !
14 mai 2007
52 - Rémission
![]()
je pédale vite pour vous annoncer une bonne nouvelle. ce matin j'ai effectué des analyses de contrôle ensuite l'oncologue m'a auscultée il est très satisfait Rendez-vous dans un an Hourra !
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XIX - Mai 2007

Vendredi 4, me voici de retour. Ma sœur et ma nièce sont reparties vers le nord, vers le soleil, une fois n'est pas coutume, c'est dans le sud qu'il pleut ! Déjà trois jours que mon beau ciel bleu de Provence est délavé ! J'attends le mistral avec impatience car je n'aime pas du tout la pluie, ça mouille !!
J'ai donc ressorti les pantalons, les chaussettes, les pulls et l'imperméable qui je dois le dire n'est pas usé, il me sert une ou deux fois l'an car j'évite de me balader quand il fait ce vilain temps, ça ne dure jamais bien longtemps chez nous. Trois jours, c'est déjà beaucoup.
Après ce petit intermède familial, je dois me remettre à mes corrections et mes illustrations.
Dire que je fais tout ce travail, peut-être pour rien ! Mais qui ne tente rien n'a rien, l'avenir me dira si j'ai eu raison ou tort.
En ce qui concerne ma santé, j'ai encore quelques étourdissements et une fatigue persistante. C'est cette dernière qui me gêne le plus, je manque d'énergie. Ça me rappelle le mois de décembre 2005 où je me traitais de fainéante à cause de cette même lassitude. Pourvu que l'issue ne soit pas la même !
Ma fille ne tient pas la grande forme non plus. Elle souffre du ventre et d'un rein. Nous attendons le résultat de ses analyses de sang et d'urine. Bien que je n'aie aucune compétence médicale, par expérience, je redoute une infection rénale. Son médecin ne s'est pas prononcé, il ne sait pas… En attendant, des antispasmodiques la soulagent mais ne la guérissent guère.
Lundi 7, j'ai trouvé un nouveau logiciel pour réaliser mes petits dessins. Comme une écolière appliquée, j'apprends à m'en servir. Ça me plaît bien mais comme tout ce qu'on fait sur un ordi, c'est long. J'alterne avec d'autres tâches pour ne pas rester assise trop longtemps.
Hier, j'ai choisi l'heure du déjeuner pour aller voter, ainsi j'ai évité la queue comme au premier tour.
Le soleil est revenu mais avec son fidèle compagnon, le mistral. Il ne fait pas encore très chaud sauf à l'abri du vent. Mais c'est mieux pour le moral, le ciel est bien bleu et le linge sèche en un clin d'oeil.
Les résultats d'analyses montrent que ma fille a bien une infection.
Le nouveau travail de Guillaume n'a pas été positif : il est à nouveau au chômage.
Mes petits fils vont bien : Hugo a bien grandi, il mesure 57 cm pour ses deux mois. Gaël fait quelques caprices pour manger, il veut qu'on s'occupe de lui.
Mes tournis s'espacent de plus en plus, je suis bien contente. Ce n'est pas encore une pêche d'enfer mais j'espère être sur la bonne voie.
Dans une semaine, c'est à nouveau le moment du verdict : analyses biologiques et visite chez l'oncologue. Mentalement, je ne suis pas dans mes petits chaussons, les rêves bizarres refont surface. J'ai parcouru de grands couloirs avec des murs très blancs, très lumineux : ce n'était pas du tout un hôpital. J'ai aussi rêvé que j'avais mes incisives toutes abîmées, pleines de tâches marron comme si elles se désagrégeaient. Rassurez-vous, mon sourire est intact, ce ne sont que des rêves !
A propos, dans mon message du 1er mai, j'ai mentionné un jogging en forêt : désolée, il n'était que virtuel, il y a longtemps que je ne peux plus me permettre de courir sur de longues distances à cause de mon dos… Mais ma tête court toujours, elle !!
Mercredi 9, j'ai ENFIN terminé mes petites illustrations pour mon livre. Je suis bien contente car j'en ai marre et mon dos aussi ! Il reste les deux derniers chapitres à corriger et après REPOS !
A midi, j'ai quand même pris le temps d'aller déjeuner avec Laurence : chez Quick, mes finances ne me permettant pas un lieu plus sélect ! Nous verrons plus tard pour le 4 étoiles.
Wilfried a reçu la convocation pour passer son oral le 23 mai à Montpellier.
Je touche du bois (ma tête) : mes vertiges ont l'air d'avoir cessé. Je progresse !
Vendredi 11, ça y est, je me suis lancée, je suis allée chez le coiffeur pour rafraîchir mes bouclettes. Pour récupérer une coupe idéale, il aurait fallu tailler plus court mais j'ai préféré jouer la prudence, nous n'avons retiré qu'un petit centimètre sur le dessus et les couettes de chaque côté. J'y tiens trop à ma tignasse ! Mes petits fils sont venus me voir. Hugo est bien éveillé et fait des sourires. Gaël a requis mon aide pour un puzzle, il était fier car il a réussi à assembler les 60 pièces. Séverine vient ce soir pour le week-end. Elle en profite pour consulter mon médecin traitant pour ses problèmes de santé non résolus. Elle n'a pas bonne mine : je suis inquiète. De nouveaux examens et un petit traitement sont prescrits. Aucune piste pour le moment. Je n'ai pu terminé mon livre, je n'ai pas reçu les corrections. J'attendrai la semaine prochaine pour boucler. Rien ne presse...j'ai tout le temps devant moi ! Dimanche 13, J -1, demain matin, je retourne à Ste Catherine pour les analyses de contrôle. La météo est capricieuse. Soleil, nuages et petit vent chaud jouent à cache-cache dans le ciel. Mon moral est calqué sur le même modèle : optimisme, pessimisme et frisson d'angoisse font une partie acharnée dans ma tête. Rendez-vous demain pour le verdict, bon ou mauvais ! Lundi 14, je pars sous la pluie pour Ste Catherine. Le ciel est bien noir, l'orage gronde. Je passe trois longues heures dans l'intitut. J'ai emmené un paquet d'optimisme dans mon sac, heureusement car bien évidemment je croise de nombreux malades dans les couloirs. Que de souvenirs ! J'en profite pour faire un petit coucou au bureau des infirmières en chimio : elles ne me reconnaissent pas ! C'est vrai que je n'ai plus de perruque et donc plus la même tête! Et puis j'ai meilleure mine ! En gros je n'ai plus du tout l'air d'une malade, c'est bon pour le moral. Puis c'est l'attente pour la consultation de l'oncologue : une bonne heure. Il m'ausculte et constate que mon sein a belle allure : légèrement gonflé, bien ferme et encore gorgé de chaleur des rayons (pas de soleil mais de radiothérapie). Mes analyses biologiques sont très satisfaisantes : mes marqueurs affichent 25,2 U/ml ; ils ont baissé un tout petit peu seulement mais tellement mieux que dans le sens contraire. Je sors ma petite liste de questions : · Les tâches brunes sur le visage proviennent sans doute d'un dérèglement hormonal consécutif à la chimio mais aucun rapport avec un cancer de la peau… · Mon excès de cholestérol n'est pas forcément du à une ingestion de graisse, c'est mon organisme qui en produit lui-même : à vérifier de temps en temps. · A surveiller aussi mes maux de dos : si les douleurs devenaient nocturnes et différentes de celles actuelles, il faudrait refaire une scintigraphie pour écarter l'éventualité d'une récidive au niveau des os. · Je dois effectuer une mammographie et un frottis en fin d'année avec consultation chez le gynéco. Je lui fais part de ma fatigue persistante. Chez certains malades, celle-ci perdure encore un long moment après les soins. Il faut être patiente. Nous papotons un bon moment, nous parlons de crabus et pense intéressante l'idée de sortir un livre sur le sujet. C'est encourageant, pourvu qu'un éditeur pense comme lui ! Alors qu'il dicte le compte rendu dans son petit dictaphone, il prononce deux mots magiques : "rémission complète". J'en suis tellement heureuse que je l'embrasserais bien mais ça ne se fait pas, je lui demande juste de les répéter ! Prochain rendez-vous dans un an ! C'est sur cette note optimiste que je vais suspendre ce blog. Je ne crois plus être en mesure d'aider encore d'autres personnes avec la banalité de ma vie qui a repris son cours. Je ne tourne pas le dos définitivement à crabus, je reviendrai de temps en temps, avec de bonnes nouvelles, j'espère. Mais vous pouvez continuer à apporter vos commentaires sur le blog, je les recevrai avec plaisir. Merci à toutes les crabusettes à qui je souhaite bonne chance et bon courage.
01 mai 2007
51 - Porte bonheur
Ce matin dès le chant du coq afin de vous cueillir
Passez une bonne journée de repos
Gros bisous à tous
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30 avril 2007
XVIII - Avril 2007
Lundi 2 avril, je ne sais pas si c'est moi qui marche au ralenti ou si les journées sont plus courtes qu'avant mais je n'arrive pas à tout faire en une journée. Et pourtant je bosse ! J'ai profité du temps maussade pour plancher sur mon livre tout le week-end. Je crois avoir bouclé pour ce projet là (j'en ai un autre en réserve) : il reste à imprimer... j'espère que le résultat sera à la hauteur de mes heures de labeur et surtout qu'il pourra être publié et avoir du succès. Enfin, le travail c'est la santé, je vais finir par être en pleine forme !
Pas encore pour maintenant même si le cou va un peu mieux. Je tourne mieux la tête mais il me faudrait un tuteur pour me tenir droite le soir !
Christine, toi qui as approché la kinésiologie, peux-tu m'en parler ? Etait-ce une pratique sérieuse ? Tu es convaincue ? Tu as trouvé la clé du mystère ?
Moi, il paraît que j'ai un secret de famille très lourd à porter, c'est pourquoi ma sœur le partage avec moi et souffre du dos comme moi. Il remonterait trois générations en arrière.
Comment découvrir ce secret ? Une médium peut-être ? Je ne pense pas que mon amie médium remonte si loin dans le temps. Je lui demanderai.
J'ai interrogeai mon père, il n'a pas connaissance d'un tel secret.
Mes maux de gorge auraient les mêmes origines : il faut que je garde le "secret" donc je dois me taire, donc je perds ma voix…… c'est recherché et j'ai des doutes sur ces affirmations.
De même, ma sœur et moi exerçIons le métier de "secré" "taire"…
En allant plus loin, ma cousine était secrétaire et souffrait du dos, elle aussi. Pas bête, elle a épousé un chiropracteur !
Aujourd'hui, le soleil est enfin revenu mais depuis midi seulement. Il fait 19°, c'est correct mais on peut mieux faire.
Guillaume est passé me voir samedi afin que je l'aide dans la rédaction d'un courrier administratif. Un peu de complicité, c'était très agréable.
Il commence un nouveau job aujourd'hui en tant que commercial dans l'informatique et la téléphonie.
J'ai eu des compliments à la pharmacie ce matin. On a lu mon blog et on s'est régalé...c'est bon du crabe !!
Mardi 3 avril, j'ai moins mal au dos, c'est un vrai bonheur, infime mais du bonheur !
J'ai commencé à imprimer mon fameux bouquin mais je dois tout recommencer car un décalage est apparu dans le texte alors que je n'ai fait aucune manipulation, ce sont les mystères de l'informatique.
Pour répondre à la question de Nikita (à propos, bravo pour ta première, tu t'en est bien sortie, continue), que dire à propos de ce livre ? C'est une retranscription de mon blog revu, corrigé et légèrement amélioré. Pour les crabusettes bloggeuses, il n'y aura pas de grandes nouveautés mais j'apprécierai d'avoir des acheteuses potentielles ! Reste à trouver un éditeur…
Où est ma petite fée, mon mécène ??
Grâce à vos commentaires élogieux, je me suis aperçue que j'avais le pouvoir d'aider.
Sans narcissisme, j'aimerais venir en aide à un plus large "public" qui ne peut accéder à Internet. J'espère que mon souhait sera exaucé.
Comme il me faut un but pour avancer avec la positive attitude, j'ai un autre programme encore plus ambitieux qui me tient à coeur. Pour le moment je n'en parle pas trop, je suis superstitieuse. J'ai beaucoup d'heures de travail devant moi et je ne sais pas si je réussirai ce nouvel objectif. Le seul indice que je peux donner est que ce sera toujours dans le même état d'esprit, soit aider mais d'une façon plus ludique, style illustré, en espérant une large diffusion.
Crabusons et crabusettes, faites des économies pour acheter mes futurs chefs d'œuvre !!!
En attendant, merci aux crabusettes pour la pub que vous faites pour mon blog !
Pour reparler de la kinésiologie, j'ai fouillé un peu dans le passé via mon père et ma tante : rien trouvé ! Secret bien gardé…
J'ai épluché internet sur le sujet mais comme pour le cancer, rien ne vaut les témoignages de vécu. Je compte faire un petit break avant d'entamer mon illustré, je vais en profiter pour me délasser en lisant "Racines familiales de la mal à dit" (il faut que je le commande, je ne l'ai pas trouvé) car il va me falloir toute mon énergie pour cette réalisation. Y aurait-il une dessinatrice bloggeuse dans l'assistance ?
Christine, j'accepte volontiers des adresses de personnes qualifiées et sérieuses sur Avignon, peut-être le nom de celui que j'ai consulté, apparaîtra…
Ce dernier ne m'a pas prescrit d'huile de poisson mais du lait de jument. Est-ce vraiment un remède miracle ? En tous les cas, c'est très cher, c'est une des raisons pour laquelle je n'ai pas encore essayé !
Si mon dos va un peu mieux, timide amélioration pour ma gorge. Les pulvérisations de cortisone atténuent la douleur mais la déglutition est encore gênante. Bien évidemment, j'ai déjà récolté les effets indésirables de la cortisone. Rien à faire, je n'y échappe jamais même en pulvérisation !
Sueurs nocturnes, émissions intempestives de la vessie surtout la nuit et perte de quelques grammes (600) en une journée. Ce n'est pas ma graisse que je perds, ce n'est que de l'eau !! A l'arrêt du traitement, je reprends mon poids. Il faut juste que je m'abstienne d'acheter de nouveaux vêtements pendant cette période car je ne peux plus les enfiler après !! Je me suis déjà faite avoir, croyant avoir retrouvé ma ligne de jeune fille ! Niet, niet, mon petit pneu très féminin est vite revenu ! Je préférais de bonnes joues !! Je ne parle pas d'une opulente poitrine, ce serait déplacé...
Mercredi 4 avril, j'ai terminé de jouer avec mon imprimante. Il me reste à le relier et mon livre est prêt à être soumis à un éditeur………….hou ! hou ! Où êtes vous Monsieur l'éditeur intéressé ?
Demain, j'accompagne ma fille qui se rend à Béziers. S'il fait beau, nous irons saluer la Méditerranée pendant que les amis seront derrière leur bureau !! C'est le privilège du midi !!
Vendredi 6 avril, je suis fâchée avec mon ordinateur qui rame tout ce qu'il peut. Impossible d'envoyer des mails. En fait, il est malade : petite vérole semble-t-il ! Wilfried joue au docteur une bonne partie de l’après-midi. Le voilà reparti !
J'ai passé une agréable journée hier malgré les kilomètres en voiture : heureusement je n'étais que la passagère. Béziers est une ville très plaisante. Nous sommes allées jusqu'à la plage où nous avons pris un bon bol d'air, c'est le moins que l'on puisse dire car le vent s'est levé dans l'après midi, nous apportant le soleil. En plein vent, il ne faisait pas très chaud : nous avons dû manger des churros pour nous réchauffer...
Je reviens sur la kinésiologie : rassure toi Nikita, je reste vigilante face à cette science. Je n’ai pas l’intention de me faire endoctriner, j’essaie juste de voir si cela peut me soulager un peu, c’est tout. Je ne fais qu’effleurer cette piste. J’ai les épaules bien sur ma tête ! Merci quand même pour la mise en garde.
Ce week-end, je vais ramasser des œufs dans le jardin. Il paraît que les cloches vont venir !! Chouette !
Mardi 10 avril, effectivement les cloches sont passées ! Une abondance d'œufs en chocolat pour Gaël qui était ravi et courait de droite à gauche avec son petit panier.
Hugo a découvert le mode d'emploi pour faire des vocalises ! Il chante très bien !
Samedi, j'ai jardiné. Enfin, j'ai désherbé mes gravillons, assise à même le sol en pivotant sur moi-même. Je changeais de place au fur et à mesure. Je ne sais pas si on m'a aperçue dans cette posture mais personne n'a eu pitié de la pauvre handicapée et n'est venu m'aider ! Soyons honnête, ce n'était pas trop fatigant et j'ai apprécié le soleil bien chaud !
Mercredi 11 avril, je reçois le dépanneur pour mon congélateur qui "miaule". Quand le moteur se met en route, on entend un petit miaulement. Celui-ci est apparu depuis le mois de janvier après un dégivrage. L'appareil est encore en garantie mais visiblement ça ne sert à rien, il paraît que le bruit est normal et qu'il devait déjà être là auparavant mais que je n'y prêtais pas attention….et en plus ce monsieur m'a pris pour une imbécile ! bref, il n'y a rien à faire, je reste avec mon troisième chat !!
Ensuite visite chez l'otorhino : cette fois-ci le dépannage c'est pour moi ! plus j'avance dans le temps et plus ma gorge me gêne et maintenant mon oreille gauche est douloureuse. Après examen du larynx, il s'avère que ce dernier est tout congestionné et tout rouge. Mes cordes vocales ne sont pas encore atteintes bien que ma voix déraille souvent. Conclusion, c'est sûrement allergique. Ça, on me l'a déjà dit ! Comme les derniers antisthaminiques ingurgités ne sont pas efficaces, on les remplace. Et si on ne fait rien, mon calvaire de l'an 2005 avant crabus recommencera, c'est-à-dire nodule sur les cordes vocales. Charmant !!
Rien d'étonnant sur ce diagnostic car dans mon quartier, il neige…. des flocons de peupliers, ces petits moutons blancs garnis d'un délicieux pollen qui virevoltent en tous sens ! Ma pelouse et les trottoirs avoisinants sont recouverts d'une pellicule blanche. Un paradis pour les allergiques comme moi !
Je vais donc tenter ce nouveau traitement et si c'est un échec, je consulterai un allergologue. C'est vrai que ça me manquait le monde médical !!
Enfin, je suis rassurée, l'ORL m'a dit que ce n'était rien, enfin que ce n'était pas grave car rien ce n'est pas le mot, moi je sais bien qu'il y a quelque chose qui cloche !
Bonne nouvelle tout de même, mon dos se porte mieux. Il faut dire que je n'ai pas trop côtoyé mon ordinateur ces derniers jours, ceci explique cela !
J'ai confié mon manuscrit à mon amie Domi qui l'inspecte. C'est son job aussi son opinion est importante. J'attends les critiques… en courbant l'échine !
Ensuite, je vais prospecter pour le caser. J'ai quelques pistes à explorer mais si une bloggeuse a une idée pour cette prospection, je suis preneuse !!!
Tout autour de moi, les prochaines vacances alimentent beaucoup les conversations. Pour ma part, je me contenterai d'une autre petite virée à Béziers lundi prochain en compagnie de ma fille. C'est un peu court, je le conçois aussi j'en profiterai au maximum. Je vais activer la carte mémoire de ma petite tête pour tout imprimer ce qui me permettra de rêver encore quelques jours. Souhaitons que le soleil soit présent et le vent absent !
Jeudi 12 avril, l'oncologue a beau dire qu'une repousse abondante des poils est temporaire, chez moi ça continue de pousser ! Ce matin, nouvelle épilation de mon visage maintenant j'ai les joues toutes douces comme celles d'un bébé !
Il faudrait aussi que je m'occupe de ma tignasse car je ne parviens plus à la maîtriser. J'ai des petites couettes de chaque côté et avec la pluie ça n'arrange rien ! Mais j'ai peur de confier ma tête à un coiffeur, je ne veux pas qu'on saccage mes bouclettes ! C'est bien connu, tu demandes de couper une mèche et tu te retrouves la boule à zéro et là très peu pour moi, j'ai déjà donné !
Les critiques pour mon livre arrivent en fin de journée. Je ne suis pas vraiment nulle mais je n'en suis pas loin. Il faut beaucoup remanier paraît-il.Ce n'est donc pas demain que sortira mon book. J'ai encore beaucoup de travail à effectuer.
Vendredi 13 avril, ma gorge est toujours irritée et cerise sur la langue, j'ai un magnifique aphte. Alors, j'alterne les badigeons avec du Pyralvex et du Pansoral. Ça me rappelle mes cratères dans la bouche à cause de la chimio.
J'ai trouvé une astuce afin d'aplatir mes couettes : deux petites barrettes invisibles, enfin noires comme mes cheveux. Je ne suis pas encore prête à affronter une paire de ciseaux, il faut bien trouver un système D.
Samedi 14 et dimanche 15 avril, week-end farniente.
Lundi 16 avril, je retourne à Béziers avec ma fille. Nous faisons une petite escale à Montpellier. La journée est très agréable, soleil et chaleur nous accompagnent. Un petit coucou à la Méditerranée avant de rentrer. Je resterais bien là.
Malgré la fatigue qu'occasionne le trajet, j'apprécie ces petites escapades.
Ma gorge est toujours irritée et brûlante. Je n'arrête pas de boire (de l'eau bien sûr) car je suis déshydratée. En temps ordinaire, je suis plutôt chameau, je vis sur les réserves de ma bosse…
Finalement, cette gêne dans le larynx m'apporte un côté positif puisque je parviens enfin à boire mon quota recommandé.
Mardi 17 avril, c'est bien joli de se promener mais il faut que je songe à faire du ravitaillement. Il fait un temps magnifique, le soleil est bien chaud et je préférerai lézarder sur ma terrasse. Mais la raison m'appelle, je dépense donc mes euros…
Bonne nouvelle, ma gorge est silencieuse aujourd'hui et pourtant je n'ai pas pris antihistaminiques. De toutes façons, ils n'ont aucun effets bénéfiques sur mon mal, autant s'en passer, je sature avec les médicaments.
Mercredi 18 avril, c'est jour de toilette pour ma maison. Les chats se sont battus, il y a des touffes de poils qui volent dans le salon.
Je ne sais pourquoi, je manque de motivation, je suis fatiguée sans raison apparente. J'irai même jusqu'à dire que j'ai sommeil. J'ai dû croisé une mouche tsé tsé !
J'ai du courrier en retard et des factures à payer. Même crabus se sent délaissé.la CotorepJe dois retravailler mon manuscrit en y apportant de nombreuses corrections : difficile la vie d'artiste !
Vendredi 20 avril, depuis plusieurs nuits, j'ai des insomnies qui durent 3 heures environ. Résultat, je suis fatiguée dans la journée. Je baille lamentablement et je lutte contre un sommeil latent, j'en ai la tête qui tourne. Ce n'est pas la grande forme, je sens bien que la machine est déréglée. Qu'est-ce que je suis encore entrain de couver ? Bien évidemment, j'ai une pointe d'angoisse qui surgit. J'ai aussi récupéré un orgelet sur un œil, c'est un peu gênant mais pas douloureux.
Je vais profiter du week-end pour lever le pied et me REPOSER !
Mardi 24 avril, j'ai eu beau me reposer, rien n'y fait, je suis toujours mal en point.
Toujours cette grande fatigue. S'y ajoutent des troubles digestifs, des vertiges, ça tangue quand je bouge la tête un peu trop rapidement. Des courbatures dans les jambes comme si j'avais couru un marathon et un petit mal de tête peu sympathique. J'ai même eu une petite fièvre samedi.
Voilà le tableau, c'est pire que dans la chanson, "j'ai la rate qui de dilate…"
Je reviens de chez le médecin. Il semblerait que ce soit mon foie qui se manifeste. Pourquoi ? la réponse la plus plausible serait que je fais une mauvaise réaction au médicament prescrit par l'ORL. Une sorte d'empoisonnement. Comme la chimio a fragilisé mon pauvre petit foie, il lui en faut peu pour se dérégler. Pour plus de sûreté, j'ai droit à une prise de sang demain matin. C'est vrai que ça me manquait !! Et en plus j'ai toujours mon mal de gorge !!
Inutile de préciser que j'ai la trouille. Et si….
Ce matin, je reçois une demande de renouvellement pour mon statut d'adulte handicapé. Ce n'est plus la Cotorep mais la Cdaph (moins facile à prononcer). Encore des questions et des questions auxquelles il faut répondre. Une nouveauté en plus : pour les éclairer, il faut rédiger un petit laïus sur mon projet de vie. Je dois exprimer mes souhaits sur les différents aspects de ma vie : communication, santé, formation, travail, logement, vie quotidienne, vie affective et familiale, mes loisirs…
Quel est l'intérêt pour eux de connaître ma vie familiale ou affective ? Vont-ils juger mon cas à l'aide de ces réponses ? Je croyais que c'était par rapport à mon état de santé relaté par mon médecin traitant : je dois être stupide !
A moins qu'ils ne veuillent m'aider … S'ils veulent m'octroyer un T3 avec terrasse, je ne refuse pas. Pourrais-je choisir le lieu ??
Communication et vie quotidienne : que veulent-ils savoir ? je me pose des questions.
Vont-ils me trouver un travail ou une formation adaptés à mes handicaps ? Je ne peux rester assise pour écrire ou taper sur un ordi trop longtemps à cause de mon dos et de mon bras. Je ne peux porter, toujours pour les mêmes raisons. Limiter la conduite et la marche au strict nécessaire. Ils ont peut-être une liste d'employeurs "sympas" qui m'offrent le loisir de me reposer dès que je souffre trop…et qui m'allouent mon salaire intégral.
Mon vœu le plus cher concerne bien évidemment ma santé : j'aimerais ne plus être malade…ne plus jamais revoir crabus, ne plus souffrir du dos et du bras. J'aimerais avoir un pêche d'enfer et vivre encore 40 ans (soyons fous !). S'ils parviennent à combler ces derniers souhaits, je pense que je n'aurais plus besoin d'eux après, je pourrais m'assumer seule !
Mercredi 25 avril, je ne suis pas en campagne électorale, inutile de pincer !
La carte d'adhésion à Crabus n'est pas obligatoire. Je n'ai pas la prétention d'être humoriste ou thérapeute, la preuve je n'ai pas de remède contre la méchanceté gratuite…
Ces mots ne traduisent pas un règlement de compte, juste un constat bien triste du monde dans lequel nous vivons. Malheureusement la leçon de vie de Crabus n'est pas bénéfique pour tous. Dommage je l'aurais bien nommé président celui-là ! Président de la tolérance, du partage, de l'écoute, de la gentillesse et du soutien en toutes circonstances. Mais alors…il serait Président de l'Amitié ! Et ce n'est pas une tâche aisée, l'amitié !
Pour ma part, je crois que je suis comblée de ce côté. La fidélité de mes amis est exemplaire : 43 et 41 ans pour les plus anciennes, entre 30 et 35 ans pour la vague suivante. Et encore 16 années de complicité avec d'autres amis. Et pourtant des kilomètres nous séparent depuis mon exil en Provence. De nouvelles rencontres en 1999, 2000, 2002, 2005 ont pris ce cortège en marche. C'est l'occasion de leur dire encore un grand "merci" d'être là.
Peut-on me qualifier de "personnelle" avec cette longévité amicale que je partage ?
Evidement, je parle de moi dans Crabus : normal, c'est mon journal de bord. J'ai toujours la même ligne de conduite depuis le début de mon récit. Désolée qu'il n'y ait pas plus de rebondissements et de piquants dans ma vie ! Désolée d'avoir des passages à vide avec un petit quelque chose qui va toujours de travers. A propos je suis preneuse de tout remède miracle pour retrouver la forme et ne plus souffrir !
J'ai fait ma prise de sang ce matin : résultats demain soir.
Mon fournisseur d'accès Internet est déréglé, lui aussi, je n'ai la connexion que par intervalles très courts.
Jeudi 26, j'ai récupéré internet après avoir bataillé avec le fournisseur d'accès. Il y avait un problème sur ma ligne.
Ma sœur et ma nièce sont arrivées cet après-midi par le train. Elles vont séjourner une petite semaine chez mon père. Je ne serai pas très souvent devant mon ordinateur ces prochains jours car nous serons souvent ensemble.
En ce qui concerne mes analyses, quelques résultats insatisfaisants mais rien de bien méchants. Une petite infection gynécologique détectée mais rien qui explique mon mal être de ces derniers jours.
Même si j'ai encore eu quelques vertiges aujourd'hui, ils ont été moins fréquents, j'espère donc un retour à la normale très rapide que je souffle un peu !
Samedi 28, nous partons en expédition à la mer, entre filles, Séverine, ma sœur, ma nièce et moi-même. Nous faisons un petit crochet par Montpellier car nous devons acheter le cadeau d'anniversaire de mon père : une chaise de bureau afin qu'il soit bien installé devant son appareil de malvoyant quand il lit. J'en ai repéré une qui me paraît très confortable chez Ikéa. Avec la chance qui me caractérise, elle est en rupture de stock ! Nous nous rabattons donc chez Conforama où nous trouvons malgré tout notre bonheur.
Pour le déjeuner, nous nous installons sur une table dans un square proche de la place de la Comédie
Je termine mon repas par une savoureuse glace moka amande que je consomme assise face à la mer. Le soleil me réchauffe le dos, c'est agréable.Puis petite promenade à travers les rues du Grau-du-Roi. Il y a du monde, c'est très animé, j'ai l'impression d'être en vacances.
Pour finir cette belle journée, nous nous arrêtons à Aigues-Mortes, petite ville typique entourée de remparts.
Mes jambes n'en peuvent plus, j'ai les mollets durs comme du bois et le pied droit de travers, signe de souffrance de mon nerf sciatique. J'ai une démarche royale (sans jeu de mots !) Par contre mon moral va très bien, j'ai passé une bonne journée.
Dimanche 29, toute la famille est réunie pour fêter les 84 ans de mon père. Nous en profitons pour associer l'anniversaire de ma nièce qui vient d'avoir 29 ans. Journée sympathique avec tous mes enfants et petits enfants. Hugo a bien grandi et a de la voix !
Mes journées sont bien remplies et je n'ai que peu de temps à consacrer à mes internautes.
Pardonnez-moi, je reviendrai sur les ondes d'ici quelques jours.
Petite visite amicale d’un ex-collègue de travail en début d’après-midi.
06 avril 2007
50 - Joyeuses Pâques
30 mars 2007
XVII - Mars 2007

Jeudi 1er Mars, Hugo, je suis à nouveau grand-mère
! Hugo vient d'arriver parmi nous ce matin ! C'est un tout petit bout de chou
brun qui ressemble à son grand frère : il mesure 46 cm et pèse 3kg110. Il est très sage. Sa maman souhaitant se reposer, je n'irai le voir que demain. A mes larmes de joie se mêlent des larmes de tristesse et de frustration.
Vendredi 2 mars, après déjeuner, je file à la maternité. Je
découvre un adorable bébé, tout petit et tout mignon. Alors que j'assiste à son change,
il arrose joyeusement ma jupe : les présentations sont faites ! Guillaume me le
confie quelques minutes dans les bras, il est léger comme une plume ! Tout en
chantant, il me fait plein de mimiques : c'est un grand moment de bonheur !
Première journée pour Wilfried dans son nouvel emploi.
Samedi 3 mars, je retourne à la clinique avec Séverine. Hugo
est toujours très sage et téte goulûment. J'admire sa petite bouche, ses
petites oreilles et ses petits pieds. J'adore les petits pieds des bébés ! Avec
nostalgie je repense à la venue de mes propres enfants. Bien que tous ces souvenirs
remontent à quelques années, ils sont
encore très présents à mon esprit, je me revois les examiner avec extase et
fierté, me demandant comment j'avais pu réaliser de tels chefs-d'œuvre car bien
évidemment comme toutes les mamans je considère que mes bébés étaient des chefs-d'œuvre…
Dimanche 4 mars, nous allons rendre visite à Mamie afin de
lui souhaiter une bonne fête des grand-mères.
Lundi 5 mars, je
regarde l'émission sur le cancer que présente Jean-Luc Delarue. Dans chaque
témoignage je retrouve un peu de mon histoire : la peur, la solitude, la
douleur morale, l'acceptation mais aussi
l'humour et une attitude positive empreinte de courage pour vaincre l'ennemi. Par
contre la douleur physique est peu abordée hormis par cet homme pompier qui prononce
des mots très justes : "cancer un jour, handicap toujours". Pour
toutes les crabusettes qui ont subi un curage axillaire, ces mots ont tout leur
sens !!
La bêtise et la méchanceté de certaines personnes qu'engendre l'ignorance, est justement abordée.
La peur est le leitmotiv de cette émission, pour les malades et leur entourage mais
aussi pour tous. Pourquoi ne pas étendre l'information sur le cancer au grand
public en utilisant des supports comme
les cassettes adressées aux enfants ? je reste persuadée qu'une dédramatisation
de cette maladie serait salutaire pour tous, malades et bien portants.
Je travaille sur un projet allant dans ce sens, j'espère
qu'un jour je parviendrai à le concrétiser et le diffuser comme ce jeune homme
Christophe Mangelle qui a témoigné ce soir en parlant de son blog et de son livre.
Mes enfants n'ont pas regardé l'émission : ils ont tourné la
page…moi pas encore. Je suis un peu déçue et pourtant c'est sans doute eux qui
ont raison, il faudrait oublier …mais peut-on oublier un jour ? Si j'en crois
mon énergéticienne, j'ai 41 ans pour l'oublier !!
Mardi 6 mars, après quelques commissions, je reprends mon
projet : c'est laborieux car il me faudrait savoir dessiner et je l'ai déjà
mentionné, je suis nulle de ce côté-là. Je dois donc bidouiller sur photoshop
avec ce que je trouve sur internet pour réaliser le dessin que je désire ou
tout du moins ce qui s'en rapproche le plus. Tout est dans ma tête, pas dans
mes mains ! C'est comme lorsque je fredonne une chanson dans ma tête, je
suis incapable de la chanter à haute voix, c'est horriblement faux !
Mercredi 7 mars, j'ai déjà mal au dos en me levant, la journée
démarre mal.
Je reçois un témoignage d'une nouvelle crabusette qui
hésitait à pousser la porte de mon blog. La déprime l'envahit et j'espère réussir
à lui insuffler suffisamment d'espoir et de volonté pour qu'elle remonte vite
la pente. Tous les commentaires sont les bienvenus car ils m'aident aussi à
avancer, et s'épancher fait du bien : nous ne sommes pas des superwomen, nous
avons droit à nos petites baisses de régime après tant d'énergie dépensée
pendant notre combat !
Ce matin, un matou "étranger", un vrai mâle entre par la fenêtre de ma chambre et comme
j'ai ouvert mon lit en grand pour aérer mes puces, il marque son territoire sur
ma couette et mon traversin qui touchent le sol. Mon bureau est également
parfumé à l'extrait de pipi de chat.
J'adore les chats mais là je suis furieuse. Je nettoie toute
ma literie ainsi que mon bureau et je flaire à quatre pattes à la recherche de
la petite goutte odorante !!
Dans l'après-midi, je rends visite à mes petits fils avec
Mamie. Papy est trop fatigué et ne veut pas sortir
Hugo dort paisiblement, il est sage comme une image. Gaël
est plus bruyant et plein de vie !Il nous a préparé un gâteau avec l'aide de son papa. Il m'offre un petit ouvrage fait de petites boules multicolores collées qu'il a confectionné lui-même: je savoure cet instant. Sa
maman est fatiguée car elle souffre encore au niveau de son bassin.
Ce soir, c'est le mien de dos qui est fracassé : après mes
exercices à ras du sol ce matin, la remise de la housse de couette m'achève ! Merci
au matou visiteur !
Revenons à l'émission de Jean-Luc Delarue : je l'ai dit, mes
enfants ont délibérément zappé car ils sont saturés (ce sont leurs mots) de ma
maladie : ils me considèrent guérie et ne veulent plus en entendre parler. Mes
parents ne s'intéressent pas à ce genre d'émission : ils auraient pu être
concernés, mais visiblement non. Gérard a été invité ce soir là : il n'a pas
pensé à un éventuel enregistrement. Heureusement, ma fidèle amie normande ainsi que ma soeur étaient
rivées à leur poste et n'auraient raté l'émission pour rien au monde : elles me
comprennent et ça réchauffe mon cœur un peu meurtri je l'avoue par tant
d'indifférence. Indifférence que je prends en pleine
figure même si ce n'est pas leur intention de me faire mal. Compliquée d'être
une crabusette...ma carapace est trop fine, pas comme celle de crabus !! C'est
mon histoire et je ne tiens pas à la renier pour le confort des autres, désolée
je suis peut-être égoïste sur ce coup là !
Si cette émission n'a été regardée que par des cancéreux, le
but essentiel (ce n'est pas un jeu de mot avec les "Essentielles) n'a pas
été atteint, le bon public n'était pas au rendez-vous.
Il faudrait une autre émission afin de parler de l'après
cancer, du manque de soutien psychologique, du désarroi si souvent présent
après.
Jeudi 8 mars, le repos a été
salutaire pour mon dos mais il persiste des douleurs dans les jambes, ça finira
bien par partir ! le printemps est toujours néfaste pour ces pathologies,
l'humidité sans doute ! Heureusement, le soleil est revenu en compagnie de son dévoué
mistral.
C'est la journée de la femme
aujourd'hui : et si on instituait une journée de la "Crabusette" ?
Journée où tout le monde, sans exception, serait
gentil avec nous : amour, tendresse, compréhension, attentions délicates, etc…
c'est bon de rêver !!!
Je viens de lire vos derniers commentaires, voici ma réponse :
Merci à vous chères crabusettes de venir ou revenir me saluer.Je suis très heureuse quand je découvre vos messages. Je pourrais répondre personnellement à chacune d'entre vous mais les autres ne profiteraient pas de nos échanges. Chacun de vos commentaires, de vos témoignages sont un réconfort pour moi-même mais aussi pour toutes celles qui consultent crabus : c'est une réunion de crabusettes, où chacune offre un pan de sa vie en cadeau d'amitié. J'ai donc choisi de commenter quelquefois vos messages dans mon journal et de temps en temps de poster une petite réponse par-ci par-là. Sachez que je vous remercie toutes d'être présentes : je tends la main à toutes celles qui ont un passage à vide mais aussi à toutes celles qui me soutiennent dans ma démarche. Faites connaître "Crabus", non pour ma gloire, mais pour le soutien et l'espoir qu'il peut apporter aux "novices" et aux "expérimentées" car nous avons toutes besoin d'une "pince" (de crabus) pour nous raccrocher régulièrement ! Je dis espoir car j'ai la ferme intention de vous prouver que la vie peut être belle un jour...soyons juste un peu patientes, ça vient lentement mais sûrement !!!
Vendredi 9 mars, belle journée
avec des moments privilégiés avec mes petits fils. D'abord je garde Gaël pour la
journée. Nous jouons ensemble toute la
matinée. Ses parents viennent le rechercher en fin d'après midi. J'ai la joie
de tenir Hugo quelques minutes dans les bras.
Samedi 10 mars et dimanche 11
mars, je travaille sur mon projet. Mon dos n'apprécie guère, je souffre, je
reprends des antalgiques. Je ne serai jamais tranquille…
Dimanche 18 mars, rien de bien
intéressant à signaler pour la semaine écoulée.
Mon silence sur les ondes cette
semaine a fait fuir mes nouvelles amies crabusettes, je n'ai point eu de petits
messages si sympathiques et si réconfortants. Car si par mon récit, j'ai pu
amener du réconfort à d'autres malades, leurs commentaires m'apportent
également un grand réconfort. Délibérément, je n'ai pas répondu à chacune d'entre elles, je ne pense pas
pouvoir apporter grand-chose de plus par des écrits personnels mais je me
trompe peut-être. Si j'ai déçu, pardonnez-moi…
Je travaille beaucoup sur mon
projet d'écriture et les jours passent très vite. J'espère que mon travail sera
à la hauteur de mes espérances de réalisation et qu'un jour prochain ou
lointain, ce travail sera récompensé voire apprécié ! Je sais, je suis une
rêveuse !! Chaque soir, pour
ménager mon pauvre dos, je lui fait faire
la planche de bonne heure : il apprécie et le lendemain matin je repars après
un petit échauffement : c'est qu'il faut dérouiller le mécanisme défaillant !!
J'ai la chance de ne pas avoir de patron derrière moi donc
quand je n'en peux plus, je fais une pause thé, café, gâteau ou chocolat !!! Je
ne crois pas que je trouverai un jour un patron assez conciliant !! Et là
je bosse pour moi et avec plaisir, ce qui ne serait certainement pas le cas
chez un tyran comme j'ai déjà connu auparavant !!
Quoiqu'il en soit, j'ai quand même
profité quelques instants du soleil , il faut que je rattrape mon
abstinence forcée de l'an dernier : en manches courtes sur la terrasse, j'ai
essuyé ses rayons bien chauds mais sans en abuser, je ne voudrais pas que
crabus revienne par le chemin de la peau !!
Par contre, je délaisse mon jardin,
les mauvaises herbes envahissent les gravillons de part et d'autre et les haies
auraient besoin d'une petite taille. Mais comment faire pour tout concilier ?
Si je me mets à désherber, plus
question de travailler sur l'ordi comme je l'ai fait ces derniers temps car là,
je ne me relève plus, je marche à angle droit !!! Tailler les haies, c'est
impensable avec mon bras handicapé. Wilfried s'occupe de la pelouse mais ne
peut guère en faire plus sous peine de se bloquer aussi. Il a encore trop
souvent recours aux anti-inflammatoires pour maintenir un semblant de
forme. Quelle paire d'éclopés nous
faisons !!
Je vais déjà asperger de
désherbant toutes les mauvaises touffes et laisser venir tranquillement leur
dépérissement. Les haies vont continuer leur ascension jusqu'à ce que je trouve
une bonne âme pour m'aider. Où est le temps où je bichonner mes plantations ?
Tous ces états de fait me
confortent dans mon désir de déménager pour un appartement mais avec terrasse
pour continuer à profiter de mon cher soleil provençal ! Encore un peu de
patience, ça vient !!
Afin de maîtriser un peu ma
tignasse, j'ai fait un brushing ce matin : le résultat me convient. Je crois
que je vais alterner un coup frisettes, un coup brushing : c'est que l'on
s'habitue à changer de tête !!
Petit Hugo est silencieux : il dort sans arrêt ! Il a même trouvé son pouce et le tète avec plaisir.
Séverine a été recalée au concours
d'inspecteur du trésor. Je tente de la soutenir malgré son désarroi. Elle aura
une autre réponse jeudi pour un autre concours. Gardons l'espoir.
Mardi 20 mars, j'ai froid rien que
d'entendre le mistral qui souffle dehors. Alors que j'avais déjà ressorti mes
pantacourts grâce à la clémence des récentes températures, j'ai rendossé mon
manteau ce matin pour aller faire quelques courses. J'ai tout de même un
avantage, grâce à mes frisettes et en cas de grand vent comme aujourd'hui, je reste
bien coiffée ! A propos je précise qu'en l'an 2005 avant crabus, ma chevelure
était très brune et bouclée. Maintenant, j'ai la chance d'être toujours très
brune, les frisettes en prime.
Merci aux crabusettes de revenir
me faire la causette sur ce blog, c'est bien agréable ce lien qui nous relie. En
plus il y a de l'optimisme dans l'air quand on apprend que l'une d'entre nous va
reprendre la vie active, je veux dire la vie professionnelle, car pour l'activité
je crois que moi, j'ai déjà repris à
temps plein ! Et surtout, soyez sans scrupules, mettez autant de commentaires
que vous le souhaitez, longs ou courts, ils font office de baume pour tous les membres du club " le Crabus".
Jeudi 21 mars, je vois que vous
suivez mes conseils et que vous déposez vos commentaires, je vous en remercie. Vous
parvenez même à communiquer entre vous, c'est sympa !
Ma consoeur de Bruxelles est de
retour : mon inquiétude rapport à son silence était malheureusement fondé,
j'en suis désolée. Je lui souhaite beaucoup de courage pour la suite de son
nouveau traitement, et j'attends de meilleures nouvelles, je suis certaine
qu'elles viendront vite.
Si j'ai bien lu, nous avons aussi
un crabuson qui a poussé la porte de notre club très sélect.
Bienvenu à lui, le club est mixte même
si nous parlons beaucoup de seins !!
Depuis sa mise à mort, et malgré
quelques tentatives de son fantôme pour m'effrayer, Crabus repose dans son cercueil.
80 % de mon temps, je n'y pense plus(enfin presque plus) et je tente de
revivre normalement en occupant activement mes journées. Restent les 20 %
consacrés à l'angoisse et son cortège de pensées négatives dès que j'ai un petit
bobo, j'imagine tout de suite le pire, la résurrection de la bête et là je ne
suis pas à la noce ! Heureusement j'ai la chance d'avoir un dos qui par ses
manifestations douloureuses occulte ces petits bobos ! Et en plus le mal de dos
n'est pas mortel, juste handicapant.
Gérard descend aujourd'hui pour faire connaissance avec son petit fils. Il
doit rester quelques jours, je serais sans doute un peu absente sur les ondes
pendant quelques temps, pas de panique, vous pouvez continuer à papoter !!
Fin de semaine très familiale. Hugo
a fait connaissance de son papet. En bon petit gars du midi, il s'est beaucoup exprimé
avec ses petites mains avant d'entonner une chansonnette à l'approche de la
tétée.
Dimanche 25, j'ai entraîné ma
fille sur le chantier des immeubles en construction, ceux pour lesquels j'ai fait une demande de logement. Nous
n'avons pu en visiter qu'un seul qui était ouvert. Je suis un peu déçue car il ne
me semble pas très lumineux. La terrasse entièrement
couverte est bien ensoleillée mais l'appartement par lui-même paraît sombre
malgré deux belles baies vitrées. J'ai l'impression que je vais devoir revoir
ma copie, je ne déménagerai que pour un logement clair, c'est un besoin vital !
Lundi 26, Gérard est reparti vers le brouillard…enfin dans le nord !
J'entame la journée par une grande
toilette de ma maison crasseuse après ce va et vient inhabituel, elle en a
vraiment besoin.
Bien évidemment, sciaticus (compagnon
qui colle aux gambettes – synonyme sciatique)
a poussé des hurlements, un vrai fan !
Je n'avais pas songé à introduire
mon vocabulaire dans un dictionnaire mais l'idée est intéressante…
La définition de crabus pourrait être
la suivante : "hôte indésirable qui en pince pour son bailleur"-
synonyme cancer, squatter.
Crabusette/crabuson : bailleur
contraint d'héberger un squatter aquatique et marécageux – synonyme cancéreux(se), personne courageuse. Si je savais que D. Abiker lisait mon blog, j'aurais mentionné "héros" pour la personne courageuse, juste pour le taquiner mais ne rêvons pas, il a d'autres préoccupations plus essentielles que mon blog ! Effectivement, cette semaine son article dans femme actuelle porte sur le site des Essentielles, c'est la fameuse association qui m'a ravie la place ! Evidemment, je ne fais pas le poids ! Son choix est justifié car les Essentielles apportent un grand soutien. J'espère quand même que mon tour viendra...avant mes 92 ans !
Je m'aperçois que je formule
toujours des plaintes contre mon dos mais je reste très évasive sur le sujet. Quand je dis
"j'ai mal au dos", l'expression n'est pas complète car la plupart du temps, mes jambes sont également concernées. En effet,
lorsque les vertèbres lombaires sont en cause, la douleur prend racine au
niveau du rachis puis se propage bilatéralement dans les nerfs sciatiques, ce qui a pour conséquence une
souffrance dans les jambes, jusqu'aux petits orteils. C'est alors que j'obtiens
une démarche digne d'une ballerine en fin de carrière qui a perdu un chausson !
Un petit rien suffit à déclencher ces manifestations : une trop longue marche,
le port d'une charge supérieure à cinq kilos (d'où la difficulté à prendre mon
Pifou dans les bras, il pèse plus de 9kg), la conduite d'un chariot de
supermarché, une longue distance en voiture, une station debout prolongée, une mauvaise literie, le
ménage : mon ennemi public : l'aspirateur… Je ne parle même pas du jardinage, à
exclure définitivement ! Eviter également les gros éternuements sous peine de
déplacer le coccyx, ce qui m'est déjà arrivé une fois ! Enfin dans ces
moments-là, la manœuvre qui consiste à me lever d'un siège est tout aussi
remarquable : j'ai besoin d'un appui sinon je reste à l'équerre un certain
moment, jusqu'à ce que les muscles chauffent. Là, la ressemblance tend plutôt vers la petite
vieille en fin de vie !
Il y a aussi les étages supérieurs
du rachis, les dorsales et les
cervicales.
Un courant d'air ou la clim, une mauvaise et longue posture devant
ordinateur, étendre du linge sur un fil,
conduire (il faut bien tourner la tête de temps en temps), tous ces petits
gestes qui font la vie, sont pour moi source de douleur la plupart du temps
apportant une sensation de brûlure intense avec une raideur dans ma colonne. Ma
posture est alors très hautaine et je ressemble à un automate.
Quand la fatigue apparaît, ce sont
les dorsales qui prennent le relais et il me faut choisir entre les antalgiques ou mon lit suivant l'heure de la
journée. J'avoue que l'option du lit a la préférence de mon estomac.
A noter que je ne cherche pas à
m'apitoyer sur mon sort ni de la pitié, j'essaie juste de justifier mes
lamentations.
Pourquoi suis-je si mal conçue ? Mes parents consultaient un
rebouteux lorsque j'étais enfant car ils souffraient de maux de dos. Les chats
ne font pas des chiens, c'est bien connu ! Ma sœur aînée est dans le même état
que moi… Trois opérations de la colonne vertébrale chacune et la dernière nous
avons partagé les mêmes plaisirs en chœur, même jour, même clinique, même chambre,
c'était plus amusant !! Petite anecdote, nous avons été opérées par le
chirurgien qui a tenté de sauver Marie Trintignant. Elle n'a pas survécu, nous
si !
Heureusement pour nous, l'avenir
est alléchant ! Mon père qui est dans sa
84ème année a cessé de souffrir de son dos depuis une bonne douzaine
d'années. Encore un peu de patience, la vieillesse nous redonnera la forme sans
les formes car nous pourrons nous remettre à la gymnastique, grimper aux arbres
et courir ! Si crabus le veut bien évidemment !!
Mardi 27, je n'avance pas beaucoup, je marche à côté de
mes pompes et je vais au ralenti, je ne sais pas pourquoi, probablement une
faiblesse de ma batterie !
Malgré tout, j'ai fait quelques emplettes dont un petit panier
pour les Pâques de Gaël car il m'a demandé si j'avais un panier pour ramasser
les oeufs dans le jardin...prévoyant et organisé comme sa grand-mère ce petit
!!
Drôle de temps dans notre midi aujourd'hui. Soleil, nuages
et pluie jouent à cache-cache. Il ne fait pas froid mais ce n'est pas le doux
printemps comme je l'aime !
J'ai pris la pluie sur la tête, j'avais fait un brushing ce
matin pour maîtriser mes frisettes, je n'ai plus qu'à recommencer !
Je reçois tellement de compliments sur ce blog que je vais
finir par attraper la grosse tête ! ça ne m'arrange pas car la mienne est déjà
bien assez lourde pour mes cervicales !
Merci aux fans de crabus pour continuer d'alimenter ma
rubrique des commentaires. C'est sympa et croyez bien que j'apprécie votre
fidélité et l'amitié que vous m'offrez.
Ça fait un bien fou !
Mercredi 28, journée nationale du sommeil : j'ai très mal
dormi ! Cinq petites heures seulement entrecoupées d'une dizaine de réveils consécutifs
à de mauvais rêves dans lesquels j'ai replongé systématiquement. Déjà, j'ai eu
un mal fou à m'endormir hier soir. Il y a bien sûr une raison à tout ça. Lors
de ma toilette du soir, je m'aperçois que de pâles grains de beauté pigmentent
mon visage. Grains de beauté, quelle drôle d'appellation ! Je ne trouve pas
qu'une tâche de couleur marron soit si esthétique a fortiori sur le visage !
J'ai le plaisir que l'une d'entre elles soit perchée sur le bout de mon nez.
Pour mon malheur, celui-ci est long et fin, un de mes grands complexes de
jeunesse. Combien de fois m'a-t-on demandé si je piquai des gaufrettes avec ? Bref,
où est la beauté dans tout ça ?
Le rapport avec mon insomnie ? J'ai entrevu le spectre de crabus rôdant sur
tous les pores de ma peau et se régalant de ma mélamine. Il m'en faut peu pour
qu'une pointe d'angoisse ressurgisse. Et ce n'est pas une petite pointe
d'asperge moelleuse et savoureuse, non c'est un véritable pic acéré qui
déclenche l'alarme dans mon cerveau. Etait-ce un signe de vieillesse ? La
chimio a bien entamé mon capital jeunesse. Etait-ce les rayons UV ? Si
j'apprécie le soleil dans le dos ou sur les jambes, je ne m'expose jamais
volontairement le visage. Je ne vais tout de même pas me promener avec une
ombrelle ! Je peux peut-être relancer une mode ?
Une autre peur me titille ces derniers jours. En fait c'est
un problème qui date de l'année 2005 avant crabus. Durant sept longs mois, j'ai
eu une gêne pharyngée ainsi qu'une voix
rauque. Après quatre spécialistes qui ne voyaient rien, l'un d'entre eux m'a
même spécifié que je n'avais pas de cancer en se moquant de moi, un cinquième a
pris mon affaire au sérieux. Il a décidé d'explorer mon larynx sous anesthésie
générale : il a trouvé la base de ma langue gonflée sur laquelle
campait un papillome ainsi qu'un nodule sur une corde vocale. Après ablation de ces intrus, j'ai observé une interdiction de parler pendant une semaine (très dur !) puis de la rééducation pour savoir à nouveau parler. On comprend
pourquoi j'ai adopté l'écriture, c'est plus sûr !
Et ça recommence cette année, sans doute est-ce allergique à
moins que ce ne soient les pattes velues de crabus qui me chatouillent. L'an dernier, j'y ai
échappé grâce à la cortisone adjointe à la chimio qui a un pouvoir anti-inflammatoire : un point positif pour cette
dernière, ça fait deux avec les gambettes lisses ! Je consulte mon médecin
traitant demain, je vais lui en reparler. Désolée de me plaindre encore mais
comme vous le constatez la machine est vieille et de mauvaise qualité.
Je viens de recevoir le dernier message de Nikita. J'ai du
mal m'exprimer car je ne suis nullement vexée par vos commentaires. Au
contraire, ils sont plutôt flatteurs et je vous encourage à poursuivre ces échanges,
ils sont enrichissants pour moi-même mais également pour le blog. Ah ! Cette
sensibilité à fleur de peau des crabusettes, difficile à gérer, j'en sais
quelque chose !
Ma voiture est au garage pour être rechaussée à neuf :
j'appréhende la facture.
Jeudi 29, ce n'est pas aujourd'hui que je consulte mon
médecin traitant mais un ostéopathe, je me suis mélangée les pinceaux… Le
médecin c'est vendredi : pauvre petite tête de linotte !!
Vendredi 30, si j'avais été rouée de coups hier, je serais
dans le même état que ce matin ! Mon dos n'est que douleurs, si le Di-Antalvic
n'existait pas, je l'aurais inventé !
J'ai la sensation d'être passée sous un rouleau compresseur.
Et encore les manipulations classiques
sont bannies : j'ai une petite prothèse, un petit osselet en silicone entre les
apophyses des vertèbres L4 et L5 qui évite que mes racines nerveuses soient
écrasées. Donc pas de craquements,
uniquement de la douceur. Il paraît que
mon cou est un véritable puzzle, non réalisé bien sûr ! Parole d'ostéopathe…Ce
dernier pratique aussi la kinésiologie : il tient à me revoir car il y a du travail à effectuer…il
m'a gentiment annoncé qu'il prendrait du Guronsan la prochaine fois que je
viendrai : charmant ! Pour les non initiés, le Guronsan est préconisé contre la
fatigue.
Attendons de voir si les résultats de la première séance sont
concluants : il faut compter environ 48H pour un mieux être.
J'ai trouvé quelques citations intéressantes dans la salle
d'attente : prenez vos crayons !
Vis la vie sans peur,
affronte tous les obstacles et démontre que tu peux les surmonter.
Quoique tu rêves
d'entreprendre, commence le.
Guérir c'est se
libérer de la peur.
Ose le risque de te
respecter en accord avec toi-même.
Tu veux qu'on t'aime,
sois toi-même.
Puisque l'amour est
éternel, la mort n'est pas à craindre.
Hormis la dernière, ces phrases m'ont positivement
interpellée, j'y trouve une belle concordance avec mon itinéraire de crabusette.
La mort, elle, je la crains toujours…
Cet après midi il pleut alors que ce matin, il y avait du
soleil. Je vais friser encore plus !!
Je suis allée chez le médecin : TOUT VA BIEN !
J'ai même oublié qu'il ne fallait pas prendre ma tension du
côté droit : j'ai oublié ... c'est pas positif ça ? D'accord, je plane toujours
avec le Di-Antalvic mais quand même !
Pour la gorge et la voix qui déraille : on repart avec les
antistaminiques et la cortisone en vaporisation dans la gorge. Comme je le
pensais, c'est certainement allergique, pas de quoi s'inquiéter pour le moment.
Quant à mes tâches brunes sur le visage : c'est la
vieillesse !! En fait la chimio a du vieillir prématurément ma peau et avec les
premiers rayons de soleil les tâches apparaissent. Il faudrait consulter un
dermato pour retirer ces tâches en les brûlant : à voir…
27 février 2007
XVI - Février 2007

FEVRIER 2007
Jeudi 1er Février, David Abiker, journaliste de France Inter me propose de chroniquer mon blog à l'antenne dans son émission "blog à part". J'ai une interview par téléphone dans l'après midi. Je bafouille pas mal, je suis moins à l'aise à l'oral qu'à l'écrit !! Je ne sais pas ce que va donner le montage, j'espère persuader les auditeurs d'aller consulter mon blog et de pouvoir ainsi aider d'autres malades.
Vendredi 2 février, à 6H20 j'écoute France Inter et j'entends le journaliste qui annonce mon blog : je retiens mon souffle et je m'entends…. ! ça ne dure que 2 mn et ça me fait tout drôle, je ne reconnais pas bien ma voix. Je ne me trouve pas parfaite mais j'espère avoir été suffisamment convaincante envers les auditeurs. Je reste à l'écoute pour l'émission de 10H30 qui a également pour thème le cancer, plus spécifiquement la campagne publicitaire actuelle sur le cancer. L'invitée est une femme qui a été atteinte d'un cancer il y a quelques années. Très imbue de sa personne, elle ne cessera de couper la parole à David Abiker. Elle a écrit des bouquins mais elle ne me donne pas du tout l'envie de les acheter. Le chroniqueur avance l'idée d'un "vis ma vie" sur le cancer, j'adhère à cette idée, ce serait une bonne façon de faire connaître cet" inconnu si familier".
A près tout mon blog est un peu un "vis ma vie" !
En deux heures, j'ai 70 connexions sur mon blog. Le soir, j'approche les 200. Mes amis m'appellent, ça amuse tout le monde.
Samedi 3 février, encore de nombreuses connexions et des commentaires qui me réchauffent le cœur. Bien sûr la reconnaissance de mon courage me flatte mais ce sont les remerciements pour le réconfort qu'apporte ce blog qui me comblent. Ça donne un sens à ce dernier. Merci à David Abiker de son soutien envers ma démarche.
Dimanche 4 février, je me rends chez ma fille à Sisteron. C'est une belle journée ensoleillée, nous fêtons les 79 ans de ma belle-mère. Mon plaisir est un peu gâché par les douleurs dorsales qu'occasionne le retour en voiture. Je dois toujours associer plaisir et déplaisir !
Lundi 5 février, je bidouille tout l'après midi sur powerpoint car j'ai une idée de réalisation en tête. Ça fait 4 ans que je n'ai pas utilisé ce logiciel, il faut que je m'y retrouve, ce n'est pas comme le vélo, ça se perd !!
Mardi 6 février, j'ai bien mal à mon bras, bien fait pour moi, je suis restée trop longtemps hier sur mon ordi !!
Wilfried tente une présélection pour un concours administratif sur Marseille. Lui qui possède un diplôme d'ingénieur du son est bien loin de son univers artistique mais le travail dans ce domaine ne court pas les rues !
Mercredi 7 février, j'ai le plaisir de recevoir "le musée de l'homme, le premier livre de David Abiker, personnellement dédicacé. En me plongeant dans ce livre, je vais pouvoir oublier mon angoisse grandissante à l'approche du jour J, le 13 février prochain, jour de l'IRM, jour de verdict.
Jeudi 8 février, je suis déçue, j'apprends que l'article dans femme actuelle est différé à une date ultérieure non précisée. Je crois bien que je suis évincée, je dois laisser la priorité à une association qui traite du cancer : je ne fais pas le poids avec mon pauvre crabus !!! j'attendrai une autre occasion pour le faire connaître !
J'ai un peu les idées noires à cause de l'angoisse qui m'envahit . J' ai peur qu'on m'annonce une rechute, j'en ai mal au ventre rien que d'y penser. J'aurais bien voulu boucler la boucle avec femme actuelle, maintenant, au cas où je devrais retourner dans mon tunnel. Mais entre ce que je souhaiterais et la réalité, il y a un grouffre !!
Vendredi 9 février, en allumant mon ordinateur, une alerte me précise que j'ai deux nouveaux commentaires sur le blog. Le premier émane d'une crabusette qui a atterri sur crabus en passant par le lien que France Inter a mis sur le site des Essentielles. Elle m'offre son soutien.
Le deuxième est écrit par la même crabusette qui me demande d'effacer son message. J'avoue que je suis perplexe, je ne comprends pas. Son adresse e-mail n'apparaît nulle part sur le blog, elle peut signer d'un pseudonyme, elle reste donc anonyme pour le public. Si la réaction de toutes les crabusettes qui me lisent est identique, effectivement, il n'y aura guère de commentaires sur le blog, et c'est bien dommage que nous n'en profitions pas tous et toutes. C'est mon avis et ça n'engage que moi, mais merci quand même pour votre soutien, il est enregistré......... dans ma petite tête !
Avec ce blog, je cherche à aider d'autres malades en partageant mon "expérience". En essayant de répondre aux questions que se posent celles qui viennent de rencontrer la "bête". En essayant d'aider celles qui sont en traitement à positiver. En essayant d'informer sur la maladie, leur entourage ou toute autre personne en pleine santé.
Ce blog n'est pas un forum et je ne pourrai répondre à tous les messages. De même pour les communications téléphoniques : je ne désire pas passer mes journées au téléphone, rappelez-vous que moi aussi, je suis encore fatiguée et que je m'efforce d'alimenter ce blog régulièrement avec mes petites anecdotes vécues et c'est déjà pas mal. Pardonnez-moi si je vous déçois mais je fais ce que je peux !
Samedi 10 février, j'entre dans une phase de chance. C'est de bonne augure pour mardi……je m'explique : après un gros "splatch" mon lave vaisselle a rendu l'âme. Il n'est plus tout jeune : une réparation s'élèverait aux alentours de 300 € d'après le réparateur. Je capitule, je relave ma vaisselle à la main !
Dimanche 11 février, j'organise une crêpe party familiale. Il faut que je m'occupe l'esprit, il faut que je voie du monde.
Ma belle fille n'est pas venue, elle est souffrante et fatiguée : elle est presque à terme pour le deuxième.
Mon père ne veut pas venir non plus, il préfère rester chez lui. Lui aussi est fatigué.
Ma fille n'est pas venue ce week-end.
Je gave mes deux fils et mon petit fils avec plaisir !
Lundi 12 février, je me réveille courbaturée, ce qui se traduit chez moi par des douleurs dans le dos et les jambes, surtout les jambes. Normal, je suis restée deux bonne heures debout hier pour faire mes crêpes, je paie aujourd'hui !! En plus le temps n'est pas mon allié aujourd'hui : il pleut ! rien de meilleur pour les douleurs ! le ciel gris a déteint sur mon moral. Il faut dire que si dans la journée je m'occupe beaucoup l'esprit, les nuits sont peuplées de cauchemars. Je me demande où je vais chercher tous ces rêves ! ça carbure dur là haut ! Je me fais mes petits scénarios "catastrophe" ; bien évidemment tout tourne autour de la petite "surdensité" de mon sein. J' interprète moi-même (en rêve) les clichés de l'IRM : il y a une masse de 1,2cm. Il faut la retirer, c'est à nouveau une tumeur cancéreuse, etc………….Pas difficile de comprendre pourquoi je me suis réveillée pleine de douleurs et en pleine forme, le moral gonflé à bloc !!
Mardi 13 février, c'est le grand jour. Je fréquente assidûment les toilettes grâce à de douloureuses coliques. A midi, je me décide à prendre un quart de lexomil tant je suis oppressée. Gentiment, fidèlement et courageusement Wilfried m'accompagne à l'heure dite. Nous partons en avance et c'est tant mieux car nous nous égarons un peu, il y a deux centres qui pratiquent les IRM et nous ne choisissons pas le bon en premier, évidemment. Ensuite, il faut passer par l'enregistrement pour l'impression des étiquettes de mon dossier et se rendre au secrétariat qui est surchargé. J'attends un bon moment avant que l'on s'occupe de mes papiers. J'ai envie d'hurler qu'ils se dépêchent, que je ne tiens plus tant j'ai peur, que je voudrais avoir fini, que je voudrais SAVOIR !
Ils finissent par m'entendre. Je transite par un petit sas pour me déshabiller et enfiler l'éternelle blouse verte si seyante. Celle-ci s'ouvre sur le devant, normal ce sont mes seins qui vont être sous la rampe du champ magnétique. L'infirmière qui me pose un petit cathéter en vue d'injecter le produit de contraste est très gentille et très compréhensive : normale, elle me confie son ex-condition de crabusette. Tout à coup, un vent d'espoir m'envahit, elle affiche une belle sérénité et elle dégage un grand optimiste dans ses paroles. C'est un grand réconfort
J'ai déjà expérimenté par deux fois ce genre d'appareil pour ma colonne vertébrale. Ces fois-là, j'étais couchée sur le dos et durant tout le temps de l'examen, j'observais le tunnel en comptant les coups de marteau piqueur qui emplissaient ma tête malgré un casque sur les oreilles qui diffusait de la musique. Aujourd'hui, il y a une petite variante : je dois m'installer sur le ventre, les seins coincés dans un trou spécialement préformé à la morphologie mammaire. Il y a un souci : mon dos, je ne peux tenir plus de trois minutes (et encore !) couchée sur le ventre à moins d'insérer un petit coussin sous le bassin afin que mes reins ne se creusent pas. On me trouve un oreiller : un peu gros mais ça fera l'affaire. J'ai juste les fesses un peu trop hautes par rapport à la petite boîte à seins ! La perfusion avec son grand tuyau sur le bras gauche, la petite poire-sonnette en cas de problème dans la main droite, les bras dans le dos, un casque répandant de la musique dans mes oreilles, une charlotte en papier en guise de chapeau, j'avance dans le tunnel en frôlant les parois. Moi qui suis assez mince, je me demande comment font les personnes qui ont de l'embonpoint pour passer….L'examen dure environ 30 minutes où l'immobilité est de rigueur : de toutes les façons, il n'y a pas la place pour bouger ! Je n'entends la musique que 3 minutes, uniquement quand le marteau piqueur s'arrête : enfin de compte le casque ne sert à rien, des boules Quiès seraient plus efficaces!
Enfin, ça y est c'est terminé, je sors du boyau.
A l'inverse des seins, il n'est pas prévu un creux pour y nicher la tête et au bout d'une demi-heure avec le cou tordu sur la table d'examen, je ne vous dis pas l'état des cervicales ! La descente de la table offre au personnel médical, l'image d'une petite vieille impotente !
On débranche mon tuyau avant de m'inviter à patienter en salle d'attente : le médecin me rejoindra avec les résultats. Je retrouve mon fils, tout aussi anxieux que moi. Car j'ai toujours peur,(ce n'était pas l'examen en lui-même qui me faisait peur), je ne sais toujours pas. Pour le moment, j'ai juste gagné quelques douleurs dorsales et un tam tam dans la tête.
Enfin, la radiologue arrive, tout sourire : c'est bon signe. Elle clame haut et fort "TOUT VA BIEN, IL N'Y A RIEN". C'est juste la cicatrice, de la fibrose sans doute. J'ai un flottement : je ne sais pas si je dois rire ou pleurer. La pression de mes trois semaines d'attente était telle que j'ai du mal à réaliser la bonne nouvelle. Elle me serre dans ses bras, elle aussi est soulagée. C'est un geste très touchant et je tiens à le signaler, un tel comportement est tellement rare de la part des médecins ! Elle me donne rendez-vous l'année prochaine et s'en retourne en me souhaitant une bonne année !
J'appelle ma fille qui s'impatiente en me bombardant de messages. Je rassure mon père et ma belle-mère. Gérard m'appelle aussi. Tout le monde est soulagé.
En rentrant, j'envoie un mail collectif pour annoncer la bonne nouvelle à mes internautes : déjà quelques réponses d'allégresse en fin de soirée.
Mercredi 14 février, j'ai dormi comme un bébé (qui fait ses nuits). Pas de cauchemars ! Mon fils aîné et ma sœur ont reçu mon mail : successivement, ils m'appellent pour me dire qu'ils avaient zappé la date (ça, j'avais constaté) et avancent de plates excuses. Je ne suis pas le centre du monde mais mon fils et ma sœur, quand même !! Heureusement il y mes fidèles amis et les nouvelles crabusettes !!!
Je réalise enfin que j'ai gagné cette partie envers crabus. Je me félicite d'avoir un sixième sens défectueux, pas comme le nouvel électroménager Whirpool ! Idem pour mes rêves : ils ne sont pas prémonitoires, il faudra que je m'en souvienne ! Prochains examens mi mai. D'ici là, je verrouille la porte et j'essaie d'aller de l'avant, j'abandonne crabus à son triste sort : l'ébouillantage !
Jeudi 15 février, je vais traîner dans les boutiques afin de découvrir les nouvelles collections et m'aérer la tête, il faut que je décompresse, j'ai trois semaines de tension à évacuer.Je ne trouve rien de bien extraordinaire et c'est tant mieux, je ne dépense rien !
Vendredi 16 février, l'arrêt de ma chimio remonte maintenant
à six mois. Pour l'occasion, je crée un petit diaporama sous forme de jeu que
j'intitule "crabu'star" à la façon de la star academy. Ma trombine
défile en cinq exemplaires : la première candidate, c'est moi en 2005 avec mes
cheveux mi-longs bouclés. La deuxième, les cheveux coupés juste avant la
chimio en mars 2006, la troisième en juin avec la perruque au milieu du traitement, la quatrième
en bandana sans cils et sourcils en août à la fin de la chimio (la photo qui tue !) et
enfin en cinquième position, coupe courte et frisée, ma coupe actuelle dite coupe mistral. Je
demande à mes internautes de voter pour leur candidate préférée en tapant 1
pour la première candidate, etc…
En fait, j'ai fait un "flop" avec mon petit jeu. Très
peu de réponses, mes amis n'ont pas saisi mon humour cette fois-ci : je les ai
fait fuir. J'ai un grand défaut, j'attends toujours trop des autres. Je voulais
juste leur montrer ma nouvelle tête après toutes mes métamorphoses. Pour moi ces
cheveux qui ont repoussé, qui frisottent et font des rebiquettes un peu
partout, c'est un véritable cadeau de la vie que je désirais partager. Je ne
leur en veux pas, je suis juste un peu déçue.
A noter que la candidate n°4 n'a pas eu un grand succès ! c'est
peut-être elle la cause du malaise…j'ai levé un voile sur la véracité de mon
récit avec cette photo. Ça dérange sans doute…
Seule, une crabusette peut comprendre…
Samedi 17, ce sont
les vingt ans de la disparition de ma mère. Pour son malheur, elle a croisé
"crabus" à l'âge de 59 ans. Elle n'a pas réussi à lui tenir tête,
c'est lui qui a triomphé.
Le hasard de l'actualité parle beaucoup d'Edith Piaf en ce moment,
rapport à la sortie du film "la môme". J'ai toujours associé l'image
de cette femme à ma mère : même enfance misérable, mêmes démons, même
dépendance affective, même silhouette, même déchéance. Pas de gloire pour ma
mère et pourtant que d'émotion quand elle fredonnait les chansons de Piaf ; elle aussi avait une belle voix et un
don pour la musique : harmonica et
accordéon. Je n'en ai rien hérité : je chante très faux et je ne joue d'aucun
instrument de musique !! Mon père a également un don artistique : il dessine
merveilleusement bien. Petite fille, il illustrait
toujours mes récitations. Je n'ai guère plus hérité de ce côté-là ! Par contre la transmission de
leurs allergies a bien fonctionné !!!!
Dimanche 18, ma mère aurait eu 80 ans demain. Malgré les misères de mon adolescence, son absence me pèse toujours. Petit coup de blues, ça va passer, c'est la faute du temps, il pleut !
Lundi 19, le soleil est revenu mais timidement. Mes
batteries se rechargent lentement. Afin de retrouver mon énergie, je dois
d'abord me débarrasser de cette angoisse stockée depuis des mois qui me colle à la peau. D'après
une énergéticienne que j'ai consultée, mes peurs devraient disparaître après
une longue cure de fleurs de Bach, remède aromathérapique. Boire un jus de citron
bio chaque jour m'aidera à éliminer toutes les substances chimiques
ingurgitées. A ces prescriptions elle y associe son pouvoir à me rééquilibrer
mon énergie. Elle est un peu médium et d'après sa perception, elle m'affirme
qu'il n'y plus de cancer dans mon organisme, que je suis" guérie", mot magique par excellence, véritable
baume sur les plaies ! Elle me prédit également que je ne mourrai pas avant
l'âge de 92 ans…rien que ça ! Je sais, je suis peut-être naïve mais je vais y
croire car après tout l'espoir fait vivre !
Cet après-midi, j'ai rendez-vous à l'organisme qui gère le
parc des logements sociaux de ma commune. J'ai bon espoir d'obtenir un
appartement, mon dossier n'est pas rejeté. Livraison prévue pour septembre ou
octobre, j'ai encore du temps devant moi. C'est une petite résidence de 4
étages à énergie solaire près du centre ville.
Ma sœur doit subir une deuxième intervention chirurgicale
pour ses dents à cause d'une mauvaise infection.
Mon père doit recevoir du laser dans son œil pour tenter
d'améliorer sa vision. Nous sommes tous en parfaite santé dans la famille !
Wilfried, inquiet du silence de son futur employeur, a enfin
réussi à obtenir des informations. Pas de panique, c'est normal, la personne
est encore en congé.
Mercredi 21, je déjeune avec Laurence et j'en profite pour
faire quelques commissions.Je furète chez Armand Thiery, histoire de rêver un peu.
Jeudi 22, je dépose ma voiture au garage pour une histoire
de soufflets de direction. Le garagiste m'annonce que je dois également remplacer mes quatre pneus usés.
J'accueille la nouvelle avec une grande joie !!
J'ai une amie qui recherche une villa dans les alentours. Avec
un grand plaisir, je recherche la maison de ses rêves sur internet : j'adore
faire ça ! Et en plus ça me fait rêver car ce n'est pas demain que je
posséderai son budget à moins d'un événement imprévisible, je n'aurai jamais ce
genre d'habitation.
Vendredi 23, j'ai un peu présumé de ma forme physique hier,
j'ai payé cette nuit avec des douleurs dans le dos et les jambes. Pas grave, je
me suis fait plaisir hier ! J'entame la lecture d'un livre sur la spiritualité, un gros pavé : j'en ai pour un moment, ça ne se lit pas comme un roman !
Samedi 24, le soleil est un peu timide aujourd'hui !!!
il a plu cette nuit et les éclaircies alternent avec les nuages. Le thermomètre
n'affiche qu'un petit 15°, c'est tout !
Mon dos s'est reposé, ça va mieux mais j'éviterai de grimper
aux arbres ou de jardiner !!
Séverine ne vient pas cette semaine, elle est souffrante,
une rhinopharyngite sévère avec une bonne fièvre. Je suis frustrée de ne
pouvoir être à ses côtés alors qu'elle est seule et malade. Je maudis les
kilomètres qui nous séparent !
Dimanche 25, après une nuit encore peuplée de rêves incongrus, je retravaille sur mon projet d'écriture. Puis je partage un gâteau aux pommes que j'ai confectionné avec mon père, ma belle-mère et Wilfried.
Lundi 26, j'astique un petit coup ma maison et je passe
l'après-midi avec mon amie Laurence.
Wilfried reçoit enfin des nouvelles de son futur employeur, il a rendez-vous jeudi : ouf !
Mardi 27, je consulte le Dr M. : malgré ma fatigue
persistante et mes douleurs dorsales, tout va bien ! J'échange quelques mots à
propos de mes écritures : il me complimente, il apprécie mon style ; j'espère
qu'il est sincère ! Il m'encourage à poursuivre mon projet.
Mes réserves de nourriture étant épuisées, je refais un gros
plein : je suis vannée !
13 février 2007
49 - I.R.M.
j'ai passé mon IRM cet après midi. J'étais verte de peur Dommage que la fibrose ne se monnaie pas comme le caviar ou la truffe, je serais riche
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01 février 2007
48 - Blog à part
Bonjour à tous !
L'INFO du jour !!!!!!!!!!!!!!!
Demain vendredi 2 février 2007, le journaliste David Abiker Pour les lève-tôt, branchez vos postes de radio Pour les lève-tard et tous ceux qui veulent entendre à nouveau, voire enregistrer, pas de problème, il vous suffit d'aller sur le site ci-dessous et de cliquer sur réécouter
http://www.radiofrance.fr/franceinter/chro/blogapart/
bisous à tous à bientôt
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31 janvier 2007
XV - Janvier 2007

Lundi 1er Janvier 2007, ça y est, la page 2006 est tournée. Adieu les mauvaises ondes ! Vive 2007 !! Il fait soleil dans ma tête, je repars sur de bonnes bases.
Nous recommençons à bien manger lors du déjeuner. L'après midi, le fils de Cathy revient avec sa femme : nous tirons les rois. Nous repartons dans la soirée, repues, fatiguées mais le cœur plein de bonnes pensées pour 2007. Le trajet du retour réduit mon dos en miettes malgré le confort des sièges..Je n'en peux plus : vite, vite mon lit !!
Mardi 2 janvier, journée bien remplie alors que j'ai encore plein de sommeil dans la tête. Tout d'abord j'ai retiré le sapin sur lequel mes chats se sont bien défoulés lors de mon absence....puis évidemment ménage derrière, sans compter les touffes de poils qui volent partout, je crois qu'ils ont bien réveillonné aussi à leur façon !!
L'année commence bien pour Wilfried qui reçoit enfin une réponse positive pour le poste de réceptionniste à St Rémy de Provence. Ce n'est qu'un poste à temps partiel, peu rémunéré et il ne commence qu'en mars mais le principal est d'avoir trouvé du travail !!! Il va enfin pouvoir reprendre le cours de sa vie ! Il a vraiment mérité un peu de bonheur ! Nous sommes très contents.
Par contre, il a consulté un rhumatologue pour ses douleurs dorsales : il lui a dit que ça passerait........... lui a prescrit de l'efferalgan.................et un peu de kiné...... Et il est considéré comme le meilleur rhumato sur Avignon !!! Wilfried souffre quand même depuis 16 mois !
RV chez le médecin pour le contrôle tension, arrêt de travail, etc...tout va bien ! sécu........puis courses car le frigo est vide.
Je dégivre et nettoie mon congélateur avant de le remplir. Comme d'habitude, dur, dur de gratter la glace accumulée avec ma main droite.
Deux heures de communication téléphonique entre les tantes et ma nièce....
Je me couche encore complètement épuisée.
Mercredi 3 janvier, j'ai dormi d'une traite jusqu'à 8H ce matin ! ça va mieux !
Je m'attèle à ma correspondance car j'ai reçu énormément de vœux. Je remercie encore tous mes amis pour leur gentillesse et leur fidélité.
Pendant ce temps là, Séverine passe un concours d'inspecteur des finances à Digne. Croisons les doigts pour elle ! Je veux du bonheur pour tous ceux qui m'entourent !!!!!!!!!
Guillaume et sa petite famille viennent pour déguster la galette des rois que Wilfried a confectionnée. Gaël est mignon, il nous fait même des bisous.
Mes parents sont souffrants, une saleté de cousine de la grippe.
Jeudi 4 janvier, je reste bloquée sur mon blog tout l'après-midi, impossible d'insérer correctement mes mémoires. Vendredi 5 janvier, j'ai de plus en plus mal au dos, ça m'inquiète bien évidemment. Là encore je pense aux métastases possibles dans les os……est-ce qu'un jour, je n'y penserai plus ? Avec le temps, parvient-on à ne plus y penser ?
Samedi 6 janvier, je farniente un peu. Je termine le pull de Gaël.
Dimanche 7 janvier, je tricote une écharpe pour Gaël avec les restes de laine. Je me rends ensuite chez mon père afin de tirer les rois. Il a réussi à lire mes mémoires malgré son handicap visuel (il est malvoyant).Il soulève quelques anecdotes et nous voilà partis à raconter notre passé……J'apprends des choses sur sa vie et sur ma mère.
Lundi 8 janvier, je me lance, je prends RV chez la psychologue de Sainte Catherine pour mercredi 10 janvier.
J'envoie un mail au magazine "Femme Actuelle" ainsi qu'à "France Inter" pour leur rubrique sur les blogs qui les interpellent. Je souhaite qu'ils m'aident à partager mon épreuve avec beaucoup d'autres crabusettes en diffusant l'adresse de mon blog.
Ils me répondent immédiatement et me proposent de publier un mini portrait sur moi et mon blog. Ils veulent m'adresser un photographe et il me faut répondre à quelques questions. Je ne m'attendais pas à ça. Je pensais qu'ils mentionneraient juste l'adresse du blog. Il me faut un temps de réflexion car là, il faut que je montre ma tête et ce n'est plus du tout pareil !
Mardi 9 janvier, je rejoins Laurence pour déjeuner chinois, c'est bon et ce n'est pas cher.
Elle me conseille, comme d'autres amis, d'accepter cette proposition.
Séverine passe des examens de pré-admission à Marseille pour un autre concours administratif.
Mercredi 10 janvier, je me lance donc et je réponds d'accord pour le mini portrait. Je suis un peu anxieuse mais le désir d'aider d'autres femmes est le plus fort. Ma lectrice bruxelloise qui me remercie pour ce blog est une belle récompense et elle prouve ma démarche utile.
Je reçois le questionnaire dans la foulée.
Je m'empresse de faire un brouillon. Comme à mon habitude, il y en a trois fois de trop, je ne sais pas résumer, il faut toujours que je rajoute des détails.
L'après midi, je consulte la psy à l'institut Ste Catherine. Très gentille, elle me pose des questions et m'écoute attentivement. Elle me dirige sur un autre psy car elle ne peut rien pour moi. Elle est habilitée à soigner les malades atteints d'un cancer pour les aider à traverser cette épreuve et uniquement dans ce domaine. Pour elle, mon cas relève plus d'une véritable psychothérapie par rapport à mon vécu avant la maladie.
En rentrant, je prends RV pour la fin du mois avec un nouveau psy.
J'ai du mal à trouver le sommeil.
Jeudi 11 janvier, je retourne sur mon blog. Je rattaque mes mémoires qui se sont mal enregistrées. Après quelques heures de labeur et de douleurs dorsales, j'y parviens !
Emilie a passé une échographie aujourd'hui. Bébé se porte bien malgré un petit poids. Confirmation que c'est bien un garçon !
Ma sœur fête ses 60 ans. Déjà !!
Vendredi 12 janvier, nous rendons visite à Monsieur le Maire afin de quémander un logement dans les nouveaux immeubles en construction. En théorie, il n'y aura pas de problème. Il faut que je revienne en mai au moment des attributions.
Au secrétariat, on m'interpelle par mon prénom : j'ai la surprise de retrouver une copine de cours quand je faisais ma formation en immobilier. Elle a atterri là, délaissant l'immobilier pour un emploi plus stable, la fonction publique !
Samedi 13 janvier, en compagnie de ma fille, je vais faire l'acquisition d'un bouquin écrit par un journaliste qui a du affronter un crabus. Le soir, calée au milieu de mon oreiller, je plonge dans ma lecture.
Dimanche 14 janvier, Gaël et ses parents viennent en fin d'après midi. Ils ont raté Séverine qui est repartie avant la nuit. Gaël dit bien bonjour, au revoir et fait même des bisous. Je suis ravie.
Je termine ledit bouquin : c'est le même parcours que moi, enfin presque, lui a échappé à la chimio. Il s'en est bien sorti. Mais ses réactions sont semblables aux miennes. Même si nous n'avons pas les mêmes mots ni les mêmes formulations (il est nettement plus doué que moi pour la narration !), c'est le même récit, le même combat, le même courage pour affronter nos peurs.
J'ai la possibilité d'obtenir une dédicace de l'auteur, c'est à Paris à la fin du mois. Trop cher pour mes finances, dommage, j'aurai apprécié de le rencontrer.
Lundi 15 janvier, je replonge dans le monde médical. Je dois faire mes examens de contrôles : radio des poumons, mammographie, échographie mammaire, abdominale et pelvienne. Je suis photographiée sour tous les angles. A noter qu'un des appareils s'est bloqué dès que je l'ai approché de trop près. Je dois avoir de mauvaises ondes ! Il a fallu l'éteindre puis le rallumer avant qu'il ne m'accepte ! Je n'ai pas amené mes anciens clichés de mammographie car impossible de mettre la main dessus malgré mes recherches à la maison. La radiologue en a besoin, bien évidemment. Gynécologue, clinique, institut, je demande partout, personne n'a ces clichés. Je finis par les retrouver bien rangés dans ma corbeille, endormis au fond, sous un autre dossier médical. Je retourne au centre de radiologie pour les déposer, je n'aurai le compte rendu que demain.
Mardi 16 janvier, cinq mois aujourd'hui que j'ai terminé ma chimio. Maintenant mes cheveux bouclent un peu mais sont très indisciplinés.
Direction le laboratoire d'analyses médicales pour la prise de sang. En attendant les résultats, je vais faire un petit coucou à une manipulatrice à la radiothérapie. Elle m'accueille à bras ouverts et m'embrasse chaleureusement. Ça me fait très plaisir, elle m'avoue avoir consulté mon blog et elle me trouve rayonnante. Normal, je n'ai encore aucun résultat !
Mes marqueurs n'ont rien compris. Je leur demande de descendre, ils montent……un tout petit peu certes, mais ils montent !!! Je reste en dessous de la côte d'alerte, c'est l'essentiel.
Avant d'obtenir les résultats définitifs de mes radios, ils doivent rectifier les comptes rendus, il y a une erreur, ils m'ont inventé un traitement et la comparaison avec mes anciens clichés n'a pas été prise en compte. Après un quart d'heure d'attente, on me délivre les bons commentaires. C'est bizarre, je m'attendais à recevoir une claque, mon instinct sans doute….effectivement je ressens une petite chiquenaude sur la tête !
Sous la cicatrice de mon sein, il y a une petite "surdensité" : il faudrait passer une IRM afin d'écarter l'hypothèse d'une "pince de crabe" qui reprendrait vie….. A voir avec le médecin demain. Et voilà, je suis repartie sur le sentier de la guerre…….ce n'est pas encore aujourd'hui que je tourne la page, car si l'on me prescrit efectivement cette IRM (de toutes les manières, je la ferai, il faut que je sache, pas question de passer à côté cette fois-ci), ce ne sera pas avant le début février, la radiologue m'a déjà fait part de son planning.
Je tente de ma rassurer en espérant que ce n'est que de la fibrose autour de la cicatrice. Je produis énormément de fibrose à chaque opération, les cicatrices de mon dos et du cathéter le confirment.
Mais j'ai l'impression de revenir au début du film. Tout recommence, la peur ressurgit des ténèbres. La différence c'est que je n'ai plus peur de l'inconnu, j'ai peur de ce que je sais. S'il faut recommencer, je n'en aurai pas le courage, cette fois….. non, non, ce n'est rien, c'est une fausse alerte, je dois m'en persuader ! la nuit va être longue….
Mercredi 17 janvier, j'ai effectivement mal dormi. Une amie fidèle m'appelle pour me redonner du courage.
Ça fait tout juste un an que j'ai subi ma première intervention du sein.
Je suis avec le Dr G., il étudie mes clichés de mammographie, palpe ma cicatrice. Il remarque que mon sein n'est pas trop abîmé. C'est vrai, il est plus beau que l'autre : plus ferme, plus gros aussi ; normal c'est la radiothérapie qui a causé un oedème. Il se dégonflera au fil du temps.....dommage, il me plaisait bien comme ça !
Il est confiant et ne s'affole pas. Moi, si ! Je l'observe pour détecter une éventuelle inquiétude. Non, rien ! Il me prescrit une mammo de contrôle dans 4 mois. Il suppose que ce n'est qu'un amas de graisse sous la cicatrice. La faible fluctuation de mes marqueurs, ce n'est rien, pour lui bien évidement, pas pour moi !
L'IRM ne lui paraît pas nécessaire. Il n'a jamais rencontré une récidive à ce niveau si près d'un traitement, surtout après une telle dose de radiothérapie. Je repars un peu rassurée mais je suis loin d'être sereine, je vais devoir attendre 4 mois sans savoir.
J'ai besoin d'un troisième avis pour départager les diagnostics. IRM ou pas ?
Je tente de contacter l'oncologue : absent jusqu'à lundi prochain....
Mon médecin traitant : absent jusqu'à demain midi....
Je n'ai plus qu'à prendre mon mal en patience en essayant de positiver un maximum. Je vais jouer les "Dany Boon" je vais répéter inlassablement : je vais bien, tout va bien !!
Jeudi 18 janvier, j'ai un allié ! Mon médecin traitant me prescrit l'IRM, pas question d'attendre 4 mois dans le doute et l'angoisse. Je n'obtiens pas de RV aujourd'hui, la radiologue est absente jusqu'à lundi en raison d'un colloque.
Je préviens tous mes amis à l'aide d'un mail collectif, c'est reparti pour un tour !
Vendredi 19 janvier, il fait très beau : c'est le printemps ! j'en profite pour astiquer la maison, ça m'occupe l'esprit.
Samedi 20 janvier, installée au soleil sur la terrasse chez mon père, je prends le thé !! il fait un temps magnifique et très doux.
Dimanche 21 janvier, je farniente et je tricote en regardant la télé.
Lundi 22 janvier, j'obtiens un RV pour mon IRM le 13 février prochain. Je n'ai "QUE" 3 semaines à patienter !!!
Je consulte ma nouvelle psy : femme d'un certain âge, douce ; cabinet vieillot avec une chaise bancale qui couine quand je bouge.
Mardi 23 janvier, je déjeune avec une amie. Nous avons peu de temps mais elle me donne des tuyaux pour des médecines douces.
Je fais vacciner mes chats. Ils sont en pleine forme : Pifou pèse 9kg4 et Maya 5kg7. Des petits chats bien portants !!
Mercredi 24 janvier, un mistral glacé souffle, on peut dire que ça pince !! Faut bien que je fasse référence à crabus de temps en temps, il est tellement susceptible celui-là !
J'ai bien bougé mon bras aujourd'hui car j'ai véhiculé mon père et ma belle-mère aussi mon épaule et mon cou sont douloureux. En plus j'ai du donner un sérieux coup de volant car un 4x4 a failli couper ma twingo en deux, je pense qu'il ne m'a pas vue, je n'ai pas d'autres explications. En un quart de seconde, j'ai pensé que c'était trop bête de finir comme ça après toutes ces épreuves subies en 2006 !! j'ai encore de bons réflexes, je ne suis pas complètement foutue !!
Jeudi 25 janvier, petite réunion avec messieurs Plumeau, Aspirateur et Balai à franges. J'avais reposé mon bras durant la nuit, il faudra que je recommence….Mes douleurs dans le sein sont moins violentes et c'est tant mieux. Un peu de répit tout de même !
Vendredi 26 janvier, je suis inquiète pour mon père qui peine de plus en plus à cause de sa malvoyance.
Je le trouve fatigué et il semble malheureux. J'ai peur qu'il ne baisse les bras.
Samedi 27 janvier, avec ma fille, je rends visite à mon amie médium. Du positif pour Séverine, c'est tant mieux même si elle doit en principe quitter notre région pour travailler en région parisienne.
Malgré ma hantise d'une mauvaise nouvelle, je lui demande de me parler de ma santé. Elle voit à nouveau une petite ouverture au sein, un petit traitement et une guérison ensuite. C'est bizarre, ça ne m'étonne pas, je sens que ce n'est pas terminé, qu'il faut encore que je me batte. Une nouvelle opération, je pense à une nouvelle biopsie et sans être rassurée, ce n'est pas ce qui m'effraie le plus. J'ai beaucoup plus peur du traitement : pourvu que ce ne soit pas encore de la chimio. Pas ça….
Je dois effectivement guérir car elle a vu que j'allais effectuer deux voyages, dans un pays chaud et dans les îles. C'est une perspective qui me remonte un peu le moral ! l'espoir fait vivre !! l'Egypte va encore me faire rêver !!
Mardi 30 janvier, je retourne chez la psy. Pour le moment, je n'ai pas avancé d'un pouce. Je reste sur ma faim. J'avais espéré une écoute, ça je l'ai, elle dit oui, oui, après chaque mot que je prononce et griffonne des notes mais j'aurai voulu un échange et là rien, c'est moi qui doit parler seulement. Je lui ai donné mes mémoires, elle voulait les lire. Si elle les prend comme base et me pose des questions en rapport, j'avancerai peut-être sinon je ne vois pas l'intérêt de continuer avec cette femme. Je préférais celle de la clinique qui m'avait plus cernée.
Mercredi 31 janvier, pour varier les plaisirs, j'ai des maux de tête. Ça dure depuis plusieurs jours. J'ai la sensation d'avoir la tête dans du coton comme lors d'un gros rhume, mais je ne suis pas enrhumée !!
18 janvier 2007
47 - Contrôles janvier 2007
![]()
Déjà un an de galère ! Et ce n'est pas fini !! Désolée pour vous, vous allez devoir me supporter Cette semaine, j'ai effectué mes examens de contrôle. Lundi, passage au rayons X Il y a une petite surdensité sous la cicatrice de mon sein. Mardi, prise de sang Mercredi, visite chez le gynéco Moi, je me demande si ce n'est pas une pince de crabe Pour les marqueurs, petite fluctuation non alarmante ! Ok, mais je n'apprécie pas quand même Bref, sur les conseils de la radiologue et de mon médecin traitant, je vais passer une IRM Je vous tiendrai au courant, ne soyons pas pressés, restons zen Maryse
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31 décembre 2006
XIV - Décembre 2006
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30 décembre 2006
Mémoires

INTRODUCTION
Pourquoi suis-je atteinte d'un cancer ? Pourquoi moi ?
Certains pensent que nous avons tous un cancer, qui se
développe un jour ou qui reste latent, bien endormi dans notre corps.
D'autres pensent qu'un choc émotionnel peut en être la
cause.
Je reste sceptique sur ces hypothèses. Et pourtant il
y a forcément une raison. Même le corps médical à qui j'ai posé la question ne
sait me répondre, c'est encore un mystère pour la science.
Quoiqu'il en soit, je suis persuadée que si
"crabus" est parvenu à ouvrir le cadenas du coffre dans lequel
j'avais soigneusement enfoui mes douloureux souvenirs, ce n'est pas anodin.
Je le ressens comme un signe qui me pousse à raconter les
rudes combats que la vie m'a déjà offerts.
Ces douloureux épisodes ont peut-être alimenté crabus
et contribué à son développement. Tout le monde sait qu'un crabe se nourrit de
charognes !
Souhaitons que cette narration authentique (rien n'est
inventé), m'aidera à exorciser mes
démons et coupera ainsi les vivres à "Crabus" afin qu'il ne reprenne
jamais vigueur.
Volontairement j'ai survolé les heureux épisodes, car
j'en ai eu quand même, mais il m'a semblé plus judicieux de parler de mes
cauchemars afin de me libérer de mes souffrances.
Il est possible que parfois, je ne dévoile pas suffisamment mes
sentiments. Je demande aux lecteurs de lire entre les lignes, aujourd'hui, je
ne vois pas ce que je peux dire de plus.
Peut-être
que dans quelques temps je m'attarderai sur les bons moments, lorsque je serai
plus sereine.
Ces
écrits ne sont pas réalisés dans le but de faire pleurer dans les chaumières ni
d'attirer de la pitié. Il n'y a point de narcissisme de ma part, je ne m'aime
pas suffisamment pour ça !
J'espère
juste qu'ils pourront aider ceux qui me liront :
Primo,
à soulager les personnes qui ont vécu elles-mêmes des galères dans leur vie.
Qu'elles sachent qu'elles ne sont pas seules à avoir enduré des situations
pénibles même si ça n'efface rien.
Secondo,
à démontrer à tous ceux qui ont eu la chance de connaître une enfance heureuse,
qu'ils détiennent un grand bonheur en eux.
Tertio, à mieux me cerner car je me sens souvent
incomprise. Que le regard que l'on pause sur moi soit nuancé grâce à ce récit.
Que l'on comprenne pourquoi je suis comme je suis, mes réactions d'angoisse et mon besoin d'être
aimée.
Je
suis consciente que nous avons tous notre histoire, bonne ou moins bonne, et
encore une fois, je me répète, ce n'est pas une plainte que j'exprime mais
juste un témoignage.
Je
sais qu'il y a pire que mon histoire, je relativise malgré tout, mais j'aimerais
quand même un "petit peu de bonheur" maintenant !

Chapitre I
8, Rue Allard (4ème étage gauche) – 80000 Amiens
Danielle vous invite à partager la joie de ses parents en vous annonçant la naissance de sa petite sœur MARYSE née le 22 Juin 1956.
C'est ainsi que j'ai fait mon entrée dans ce monde à 1H45 du matin à la clinique Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus à Amiens dans la Somme.
J'ai les yeux un peu bridés et très noirs, le teint mat et les cheveux noirs, les infirmières me surnomment "la petite chinoise".
J'habite un appartement au quatrième étage gauche d'un immeuble situé en plein centre ville d'Amiens, avec mes parents et ma sœur aînée qui a neuf ans et demi.
Il y a un balcon qui fait le pourtour de l'appartement. C'est lumineux.
Je revois vaguement la disposition des pièces car j'y suis retournée étant plus grande, mon amie "Nana" y habitait. Ce n'était pas très grand. Je n'ai pas de souvenir précis de cette époque.
J'ai été baptisée le 2 Décembre 1956 à la cathédrale d'Amiens : ma marraine, c'est Lucette, la sœur de mon père et mon parrain, son mari, mon oncle Robert qui est décédé.
Je suis restée dans ce logement jusqu'en 1958, puis j'ai traversé le palier pour emménager dans l'appartement d'en face, plus spacieux.
Chapitre II
8, Rue Allard (4ème étage droite) – 80000 Amiens
Même genre d'appartement mais plus grand. Il y a aussi un balcon sur lequel je ne m'aventure jamais car j'ai le vertige! Il surplombe une rue très fréquentée et bruyante. Je partage une chambre avec ma sœur. C'est une pièce assez grande avec vue sur une cour et des toits.
Chaque pièce est équipée d'une cheminée dont on ne se sert jamais sauf pour la décorer à Noël ! Danielle y place des petites lampes confectionnées dans des mandarines. Il y a une cuisine et une petite pièce avec une baignoire sabot que l'on utilise peu car il n'y a pas de chauffage dans cette pièce. Elle sert surtout de buanderie. Maman me donne le bain dans un grand baquet en zinc dans la cuisine près d'un poêle. Un jour, elle fait chauffer le shampoing sur le poêle car il est très compact par le froid mais elle l'y laisse trop longtemps et me brûle le cuir chevelu, j'hurle et elle part en courant chercher la voisine tant elle est paniquée.
Maman est une femme au foyer : elle se prénomme Denise.
Papa est représentant en machines agricoles : il se prénomme Georges.
Maman est une petite femme brune aux yeux noirs. Les qualificatifs "gaie, blagueuse et gamine" lui siéent très bien. C'est une gentille maman mais très fragile psychologiquement. Elle a eu une enfance très difficile et traumatisante : sa mère l'a abandonnée dans un orphelinat dirigé par des bonnes sœurs dénuées d'humanité. Elle a subi beaucoup de sévices corporels et de violences morales.
Papa est un homme brun de taille moyenne aux yeux gris-vert. C'est un papa gentil que je vois peu car son métier l'oblige à s'absenter presque toute la semaine. Il m'envoie souvent une carte postale lors de ses déplacements.
Ma sœur a les cheveux châtains et les yeux aussi bleus que je les ai noirs. Elle n'est pas très grande. A l'âge de 11 ans, mes parents l'ont envoyée en pension à quelques kilomètres d'Amiens, à Foix. C'est un peu à cause de moi, car depuis ma naissance, je dors peu, surtout la nuit : je ne pleure pas mais je veux jouer, je n'ai pas sommeil et ma sœur joue avec moi; le lendemain elle est trop fatiguée pour bien travailler à l'école. Par la suite ma sœur reprochera à mes parents d'avoir adopté cette solution car elle a été malheureuse en pension.
A l'entrée de la pension, il y a des chauves-souris le soir.
Elle dort dans une chambre collective, sous les combles.
Elle possède une petite valise bleue en carton.
Un Week-end nous allons la chercher avec la nouvelle voiture de papa, une citröen ID : le siège avant peut basculer en arrière et je renverse ma sœur par surprise, je suis contente de ma blague mais pas elle !
J'apprécie les week-ends quand elle rentre à la maison.
Elle restera à Poix jusqu'à l'âge de 15 ans.
Je suis donc seule avec maman, la plupart du temps. Papa possède une voiture et maman un vélo vert avec un petit siège à l'arrière qui nous permet de nous déplacer partout dans Amiens. Les mois d'hiver à Amiens, sont très froids et humides: maman me confectionne un manchon en fourrure pour avoir chaud aux mains lors de nos ballades. Du reste, maman m'habille elle-même, elle coud et tricote beaucoup, elle possède une machine à coudre et une machine à tricoter. Elle a des doigts de fée ! Mes poupées aussi ont la même garde robe que moi !
A vélo, nous allons à l'école, au zoo, à une base de loisir, au square, au musée où j'admire les momies qui me fascinent. Elle me sort beaucoup.
1958, je fréquente l'école très tôt à deux ans et trois mois ; comme je suis la plus petite en taille, je suis un peu la chouchoute de la maîtresse, Mme Perrin.
Il y a trois classes : deux avec de grandes tables basses recouvertes d'un bulgomme vert sur lequel nous jouons avec de la pâte à modeler, l'autre avec des petits bureaux. Dans la cour, il y a des cerisiers dont on mange les fruits au mois de juin après la cueillette.
Tous les matins, on nous sert du lait tout frais puisé à l'aide d'une louche dans un gros pot à lait en métal. Chacun a sa timbale, mon papa a gravé mon nom sur la mienne qui est en métal.
Le théâtre de Guignol nous rend souvent visite dans la grande salle d'accueil.
Le jeudi, il n'y a pas d'école et quand le temps le permet, maman m'emmène à la base de loisir près du zoo : il y a un bac à sable, un petit bassin, des jeux pour enfants. Une fois, je tombe dans le bassin toute habillée !
Des squares, je retiens l'odeur du buis qui éveille toujours des bons souvenirs en moi.
1959, j'ai des otites à répétition, je suis opérée des amygdales et des végétations à l'âge de trois ans : je suis dans une chambre au cabinet du Dr Vaquette, il m'applique un masque et je m'endors. Ce genre d'opérations se pratique alors directement chez le médecin.
Je souffre beaucoup au réveil. Plus tard, je change de trottoir quand je le croise ou passe devant son cabinet !
Chaque année, Noël réunit toute la famille du côté paternel, mes grands parents, ma tante et mon oncle, mon cousin et ma cousine. J'ai de très beaux souvenirs de ces moments magiques. Je découvre les cadeaux que le Père Noël dépose au pied du sapin à mon réveil le matin du 25 décembre. Les festivités en Picardie débutent le 6 décembre, jour de la saint Nicolas. Ce jour là, Maman m'emmène aux Galeries Lafayette pour y rencontrer St Nicolas qui distribue des bonbons à chaque enfant.
J'apprends à écrire avec un stylo "Bic" bleu, dans la section des grands avec Mme Psalmon, j'écris seule ma première lettre au Père Noël à l'âge, j'ai cinq ans.
Je l'ai gardée, c'est un régal à lire…..
Jusque là, j'ai une enfance heureuse, je suis aimée et choyée.
1962, je change d'école. Maman a des problèmes de dentition et se fait arracher toutes ses dents. Elle a honte de sortir ainsi, alors m'inscrit comme demi-pensionnaire.
J'ai le souvenir d'un plat de choux de Bruxelles devant lequel je reste tout un après midi car je ne veux pas le manger. Je gagne car je pars à l'heure de la sortie, ils ne peuvent me retenir plus longtemps dans le réfectoire. Depuis j'en mange de temps en temps avec plaisir….
J'ai des amis mais uniquement masculins. Il y a Eric et son petit frère Guillaume qui mange des carottes crues à chaque récréation, Pierre Yves mon chouchou(mon premier amoureux) et Gérard, un enfant handicapé mental que je m'efforce de protéger au maximum. Je suis "chef de bande" mais en contre partie je n'ai pas d'amitiés féminines. Cette école ne me plaît pas, j'y suis mal dans ma peau, pourtant je suis une bonne élève.
Un soir mon père rentre du travail avec un cadeau pour moi : c'est une belle couverture orange. A l'époque, ce sont des cadeaux précieux même pour un enfant. J'ai hâte de me coucher pour l'étrenner. Hélas mes parents se disputent verbalement mais déjà violemment.
Ma mère quitte la maison alors qu'il fait nuit. Dans sa folle fuite, elle m'emmène avec elle. Nous errons quelques temps dans les rues, il fait froid. Nous rentrons mais nous ne montons pas les quatre étages. Elle décide de nous installer dans la cave pour y passer la nuit. J'ai une peur inimaginable de cette cave. Ça grouille de bébêtes, c'est tout noir, les plafonds sont bas. Nous restons sur les marches de l'entrée : je tremble. Mon père finit par nous retrouver et me ramène à la maison. Je me couche dans ma si jolie couverture mais je pleure…
Une autre fois, alors que ma sœur est à la maison, elle se dispute avec maman. Je suis en train de me coiffer. Je prends la défense de ma sœur. Malheur ! Elle nous fiche dehors toutes les deux. Je me revoie sur le palier avec mon peigne à la main et mes chaussons aux pieds. Nous atterrissons chez une camarade de ma sœur à quelques rues de chez nous.
Je sais que maman nous aime mais elle a parfois des crises de nerfs impressionnantes.
Nous partons en Espagne pour les grandes vacances : les parents ont loués un appartement au rez-de- chaussée d'un immeuble dans le village de Port-de-la-Selva sur la Costa Brava avec vue sur la montagne. Il est situé un peu en retrait du centre ville où se déroulent, chaque soir, des soirées dansantes et très animées sous le doux climat du pays.
Un soir, alors que je suis couchée depuis un bon moment, je me réveille et ne trouve pas mon "tintin", c'est ainsi que j'appelle mon doudou. Je cherche la lumière mais inhabituée aux lieux, je ne trouve pas. J'appelle ma mère, pas de réponse. J'appelle mon père, idem. Je me lève à tâtons et me dirige dans leur chambre : personne. Paniquée, je cours jusqu'à la chambre de ma sœur, personne non plus. Je hurle ! Je hurle tant que des voisins se manifestent et me questionnent à travers la porte fermée à clef. Je leur raconte en sanglotant que je suis toute seule, que j'ai peur. Sous les conseils du monsieur, je vais ouvrir les volets roulants de la baie vitrée : c'est très difficile pour moi, je suis toute petite ! Je parviens à entrouvrir, juste de quoi me faufiler à l'extérieur. Le voisin parvient à s'introduire dans l'appartement pour y prendre mon matelas, mon tintin et il m'installe chez lui dans l'appartement juste au-dessus. Il a de jeunes enfants, j'ai moins peur mais je me demande où est ma famille, si elle ne m'a pas abandonnée.
En fait, ils sont au village et ils s'amusent pensant que je dors tranquillement.
Ma mère et mon père se relaient régulièrement pour venir voir si je vais bien. C'est au tour de ma mère : quand elle arrive, elle remarque immédiatement les volets relevés et la fenêtre entrouverte.
Elle se précipite dans ma chambre et ne trouve ni enfant ni matelas. C'est à son tour de crier, elle croit que ce sont les loups qui m'ont enlevée car bien souvent le soir nous les entendons hurler dans la montagne toute proche.
Ses cris réveillent tous les voisins. Ceux qui m'ont recueillie tentent de la calmer et lui explique que je suis chez eux en sécurité. J'avoue ne pas me rappeler ce que ces gens ont bien pu penser de cette situation. Mes parents n'ont jamais recommencé….
Pour me faire un peu d'argent de poche, le jeudi (jour de relâche à l'époque), je vais aider une amie de ma mère qui tient un salon de coiffure. Je suis chargée de ramasser les bigoudis, les pics, les épingles, balayer et ranger le salon. Elle me donne une pièce de 5 F, c'est une belle somme ! J'en dépense une partie pour des fournitures scolaires car j'aime déjà que toutes mes affaires soient bien rangées dans des trousses en cuir, avoir de beaux cahiers, j'ai toujours eu de bonnes notes pour la tenue de mes cahiers. L'autre partie est réservée aux cadeaux pour ma famille, surtout pour maman. Il y a un grand magasin de l'autre côté de la rue où j'habite et j'ai l'autorisation de m'y rendre seule. Il faut que je traverse aux feux mais je peux vous assurer que si je me fais renversée, ça ne sera pas de ma faute car je regarde dix fois de chaque côté avant de traverser ! Je peux aussi jouer dans la cour de l'immeuble : je joue à chat avec des grands (ils doivent avoir deux ans de plus que moi). Je suis petite de taille et je cours très vite, je gagne souvent ! Je joue également avec un voisin dans le grenier : nous jouons à la marchande ou à la dînette mais j'ai peur dans ce grenier : il est immense et ça m'impressionne beaucoup d'être directement sous les toits. Maman me parle souvent du "père fouettard" quand je n'obéis pas et je m'imagine qu'il rôde dans les parages. Je m'y rends pourtant souvent car j'ai un chat gris angora nommé "Pompon" qui y passe de longues heures à chasser les souris et je vais le chercher pour qu'il rentre. Je joue souvent seule à la maison, je ne m'ennuie jamais, je trouve toujours une occupation.
Presque tous les dimanches, nous nous rendons chez mes grands-parents paternels à Compiègne. J'y passe aussi régulièrement des vacances ainsi que chez ma tante qui habite tout près. Mon grand-père nous quitte cette année là à cause d'un accident de solex. Je sais qu'il m'a adorée alors qu'il a été indifférent avec ses autres petits enfants. Je me sens coupable car la veille de sa mort, je suis passée sous une échelle, je suis superstitieuse.
Lors d'une promenade en voiture avec mon père, il possède alors une dauphine, il doit freiner brutalement, je suis à la place du passager à sa droite. Il n'existe pas de ceinture de sécurité : je vais mordre le tableau de bord et j'ai une dent qui se casse. Cet épisode occasionne une dispute entre mes parents.
Une autre fois, alors que nous rentrons de Compiègne, à la sortie d'un virage, mon père emboutit un troupeau de vaches échappé d'un champ. Il n'y a eu que des dégâts matériels et quelques bleus mais une petite poupée que m'a offerte ma grand-mère s'est brisée, c'est ce qui me peine le plus.
Je vais souvent chez le dentiste car j'ai régulièrement des abcès dans la bouche et de nombreuses caries. C'est un homme très gentil qui me donne une sucette après mes soins !
J'ai très souvent des "crises de foie" qui me font terriblement souffrir. Mon meilleur remède c'est ma grand-mère paternelle qui appose sa main sur mon foie et je suis instantanément calmée. Elle est dotée d'un très fort fluide.
Voilà mes huit premières années.
Chapitre III
Beau site – Bâtiment Iris – 77400 Lagny- sur- Marne
1964, c'est l'été, nous déménageons pour la Seine et Marne. Mes parents ont acheté un appartement neuf au rez-de-chaussée d'un immeuble dans une grande résidence à la sortie de la ville, encore la campagne : il est plus grand qu'à Amiens et j'ai ma propre chambre. Il n'est pas complètement terminé et nous devons camper en attendant. Puis c'est l'emménagement, les escaliers ne sont pas finis, nous rentrons par la loggia. Pour la gamine que je suis, c'est amusant !
A la demande de mon père, nous nous séparons de Pompon. Je pleure beaucoup même si je sais qu'il est choyé dans une ferme des alentours. Je ne le reverrai plus.
Il n'a pas été prévu d'école à proximité de cette nouvelle résidence qui comporte seize bâtiments. Je dois faire des kilomètres à pied pour me rendre en cours car maman n'a pas encore de voiture. Je n'ai pas de bons souvenirs de cette école dans laquelle je reste deux années. Les filles et les garçons sont séparés. La première année, j'ai une maîtresse qui s'appelle Mme Bardet, et ça barde vraiment car elle sévère mais juste. La deuxième année, j'ai une institutrice qui s'appelle Mme Salgas et je peux vous dire que c'est vraiment une sale garce ! Quand il pleut, elle s'amuse à nous faire faire des tours de cours en guise de punition pour des motifs futiles pendant que nos parents attendent devant l'école sous la pluie! A son actif, elle vient quand même me voir quand je suis opérée de l'appendice et m'apporte un paquet de gaufrettes à la vanille, j'ai horreur de ça ! Pour la petite anecdocte, on m'appelle la petite vieille durant mes 8 jours d'hospitalisation car je marche courbée en avant, la cicatrice me fait souffrir. Ce n'est que 8 jours après ma sortie, lors du changement de mon pansement, qu'un geyser de pus jaillit de mon ventre : j'ai un magnifique abcès. L'infirmière, une religieuse revêche, le vide en appuyant de tout son poids sur ma cicatrice pendant que je hurle de douleur.
Un autre point positif et pas des moindres, je rencontre Cathy, mon amie d'enfance à l'âge de 8 ans et les brimades de cette femme nous rapprochent beaucoup.
1965, la deuxième année, je fais souvent le trajet seule : un jour, je me fais attaquer par une bande de gamins de l'école des garçons, comme ça, juste pour le plaisir de cogner. J'identifie un des enfants, c'est le fils de nos voisins.
Ma mère réagit violemment : il faut dire que je suis bien amochée ! Elle se rend dans l'école des garçons pour rencontrer le directeur. Ce dernier ne prend pas la chose au sérieux, ce qui met ma mère en colère. Elle aperçoit notre petit voisin, se dirige vers lui et lui inflige une magistrale gifle. Les parents n'apprécient pas du tout et les problèmes suivent.
1966, souvenir d'une grande punition. Je suis privée de sortie, je ne me rappelle plus le motif exact. Mes copains jouent devant la loggia, m'appellent, font du bruit. Ma mère s'énerve et menace de leur envoyer un seau d'eau. Je tente de les prévenir en envoyant un petit mot par la fenêtre de la loggia. Pour mon malheur, le papier trop léger tombe sur le sol du balcon. Ma mère l'intercepte, le lit et me met une belle correction. En plus, mes amis ont quand même reçu le seau d'eau!
Je change à nouveau d'établissement scolaire car mon quartier s'est doté d'une école toute neuve. Je connais la plus belle année scolaire de toutes mes études. J'ai un instituteur adorable. Non seulement, c'est un merveilleux pédagogue mais il sait m'apprécier et m'encourager à me dépasser. Il est proche de la retraite et dégage une sagesse, une protection qui me rassurent. Il comprend très vite que je subis de violentes disputes à la maison.
C'est aussi cette année là que Domi entre dans ma vie.
1967, j'ai la chance de partir en classe des neiges durant un mois complet. Je me rapproche davantage de Cathy et de mon maître. Malgré une grippe et des crevasses sur les lèvres, c'est une période heureuse.
Durant 37 années, je corresponds avec cet instituteur et je continue à lui rendre visite de temps en temps. Ma dernière visite est une visite d'adieu, il meurt de vieillesse quelques jours plus tard en juillet 2004. Je suis encore très peinée de son décès car il a tellement compté pour moi, il me comprenait, il était un peu mon grand-père de cœur. Il me manque.
Ma sœur se fiance cette année. Elle est très belle, je l'admire.
1968, Elle se marie avec Patrice dans un manoir, c'est une très belle réception. Ma mère aussi est très jolie pour l'occasion.
Je dois partir en colonie de vacances avec la sœur de Patrice, mon beau-frère ; une colonie dirigée par des religieuses. Au dernier moment, elle se désiste et je me retrouve seule au fin fond des Vosges avec des inconnues. Les locaux sont déplorables : c'est une ancienne gendarmerie transformée pour l'occasion. Absence complète de confort. Je partage une petite chambre avec deux autres filles : il y a plein de champignons sur les murs.
Nous devons nous laver dans une espèce de râtelier, uniquement à l'eau froide. Nous n'avons droit à la douche chaude qu'une fois par semaine : trois minutes chrono ! Je ressors presque toujours toute savonnée !
Nous mangeons des pommes de terre midi et soir, sans exception.
Nous devons faire la vaisselle, balayer le réfectoire et les dortoirs, nettoyer les sanitaires, faire les lits des plus petites à tour de rôle. Je me rebelle et bizarrement je suis exempte de certaines corvées. Nous devons aller à la messe chaque jour puis prier à chaque repas. Je n'ai pas l'habitude. Les journées me paraissent très longues. Peu d'occupations sont prévues, hormis cueillir des myrtilles. Les autres filles font fréquemment des batailles avec, je n'y participe jamais, je trouve cela stupide. Je m'ennuie beaucoup, je suis triste et malheureuse.
Pendant ce temps, ma mère a un accident de voiture. Elle est blessée gravement au bras.
Mes parents viennent me voir une journée car mes écrits les alarment. Ils ne me ramènent pas avec eux, je leur en veux énormément. Je ne comprends que bien plus tard que cet accident a déclenché un drame et le début d'un cauchemar pour moi.
Ma mère a un amant : l'accident survient alors qu'elle rejoint cet homme. Bien évidemment mon père le découvre. Des disputes se succèdent les unes aux autres. Puis ma mère commence à boire. C'est la descente aux enfers pour elle mais pour moi aussi.
Le mois suivant la colonie de vacances, je pars en camping avec mes parents en Haute-Savoie.
Ma mère a promis à mon père que tout était fini avec son amant mais continue sa relation en cachette. Mon père le redécouvre et une nouvelle dispute très violente est déclenchée. Les autres campeurs appellent la police pour tapage nocturne. Les policiers tentent de calmer ma mère. Ils demandent à mon père de quitter le camping afin d'apaiser la situation. Ils veulent que je reste avec ma mère pour qu'elle ne soit pas seule. C'est un déchirement de voir mon père partir en pleine nuit. Il m'écrit une lettre pleine de tendresse et de désespoir, c'est la première et l'unique fois qu'il me dit qu'il m'aime. J'ai conservé cette lettre.
Le lendemain, mille paires d'yeux me toisent avec pitié. J'ai honte.
Par la suite Maman tente de se suicider deux fois avec des mélanges de médicaments et d'alcool. J'ai toujours un de ces petits mots qu'elle me laisse pour me dire adieu :
Marysou chérie
Pardonne moi, je te laisse et la vie me dégoûte, je ne puis en supporter plus.
Mais je t'aimais.
Ta maman à toi.
Il est 2H30
Par deux fois, mon père parvient à la sauver de justesse. Elle a droit à un lavage d'estomac à chaque fois et ensuite elle est suivie en hôpital psychiatrique.
Je lui rends visite très souvent. C'est très dur car tous les malades sont mélangés. Les fous, les suicidaires, les alcooliques et ma maman. Une fois, une autre malade lui vole ses chaussons : ce sont des chaussons roses avec des pompons de fourrure sur le dessus. Maman est en larmes quand nous arrivons.
Cathy déménage à Paris. Je me retrouve seule, je suis perdue sans mon amie. Je vais très souvent passer le week-end chez elle. Son père me dit un jour qu'il me considère comme sa deuxième fille : c'est un très beau geste d'amour, je ne l'ai jamais oublié. Il nous quittera suite à de graves problèmes de santé.
Lors d'un de ces week-ends, je suis choquée en voyant les parents de Cathy : sa mère est assise sur les genoux de son mari et ils s'enlacent. Je n'ai jamais assisté à une telle scène chez moi ! Je me demande même si c'est normal !
Alors que j'ai toujours été une très bonne élève, mes résultats scolaires baissent. J'ai perdu ma camarade de classe. J'abandonne le latin. Je n'ai plus goût aux études.
1969, les médecins préconisent une cure de désintoxication pour ma mère. Elle part pour un long mois dans un centre spécialisé dans l'Essonne. Mes premières visites sont pénibles car ma mère doit affronter de rudes épreuves et la souffrance se lit sur son visage. Je la réconforte tant que je peux, j'ai mal de la voir ainsi.
C'est l'époque du salon de l'agriculture. Mon père y travaille. C'est une voisine qui s'occupe de moi dans la journée et le soir je rentre à la maison. Je m'endors seule avec la peur, l'angoisse et la tristesse comme compagnes.
J'ai de plus en plus mal à l'estomac. Le mal me ronge de l'intérieur. Je développe un ulcère à l'estomac. J'ai une série de quarante piqûres pour me soigner à raison de deux par jour, j'ai les fesses transformées en passoire, je ne peux plus m'asseoir sans souffrir !
Les vacances de Pâques qui suivent la cure sont de très belles vacances. Nous campons avec la caravane à Amboise, presque au pied du château. Cathy est de la partie. Mon père ne nous rejoint que le week-end. Ma mère a énormément grossi à cause du sevrage. Elle grignote sans arrêt mais elle est gaie et joyeuse. J'ai retrouvé ma maman d'antan.
Courte rémission. Il lui faut peu de temps pour replonger.
Nous partons au sport d'hiver en Suisse pour Noël. Je ne peux skier que deux jours, je suis faible, j'ai mal partout, mon dos me fait déjà souffrir.
1970, les choses ne s'arrangent pas. Les querelles de mes parents sont mon quotidien.
Pour mes quatorze ans, j'ai une mobylette. Je suis très heureuse et très fière.
Avec une camarade qui a les mêmes soucis que moi avec sa mère, nous décidons un jour de nous enfuir. J'ai l'intention de me rendre chez ma tante à Compiègne. Elle saura me sauver de cet enfer. Je compte faire le trajet avec ma mobylette, mon amie n'a qu'un vélo. Je la traîne pendant de nombreux kilomètres. Puis je me ravise, nous avons fait un tiers du chemin. Et si ma tante ne voulait pas de moi ? Je réalise que c'est mal ce que nous faisons. Nous rebroussons chemin. Personne n'a jamais rien su de cette fuite avortée. Nous restons dans notre enfer.
J'effectue le trajet jusqu'au collège avec Domi qui a également une mobylette. C'est le début d'une belle amitié. Nous arpentons les rues de Lagny, en long et en large mais aussi la campagne environnante.
C'est l'époque où je m'intéresse aux grosses motos, c'est un virus que Domi m'a transmis.
J'ai le souvenir d'une virée Lagny-Meaux sur une Laverda 1000 appartenant à un ami de la famille de mon beau-frère. J'ai les cheveux longs et le port de casque n'est pas obligatoire.
Je passe des heures à démêler mes cheveux !!!!!!!
J'ai mon premier flirt avec un garçon plus âgé que moi mais ce n'est qu'un simple flirt.
J'ai un accident de voiture avec cet ami : mon crâne cogne le pare brise. Je suis sonnée mais tout va bien jusqu'au lendemain où je me sens mal en classe. A l'infirmerie, pendant dix minutes, je ne vais penser et parler qu'en anglais. C'est la première et la dernière fois que je suis aussi douée pour les langues ! Je n'ai jamais compris le phénomène.
Au mois de juillet, je pars en vacances avec Cathy et ses parents. Nous allons à la Grande Motte. A cette époque, il n'y a que quelques bâtiments pyramides et le désert camarguais autour. Pas de végétation, tout est aride. C'est un moment d'accalmie pour moi, c'est bon. Nous montons à cheval : la première séance me mène tout droit chez un ostéopathe, j'ai le dos en compote.
Au mois d'août, c'est avec mes parents que nous partons. Nous sommes à Aix les Bains où ma mère fait une cure thermale pour soulager ses articulations qui la font souffrir.
Nous passons les fêtes de fin d'année en Tunisie. J'y fume mes premières cigarettes, uniquement des cigarettes ! Ma mère, elle, fume deux à trois paquets par jour. Elle allume chaque cigarette avec celle qu'elle vient de terminer.
J'aime beaucoup les sites archéologiques que nous visitons. Je suis demandée en mariage par un homme qui tient la boutique de l'hôtel !
J'ai également droit à des petits présents par le réceptionniste de l'hôtel. Dans ce pays, je suis en âge de me marier et visiblement je leur plais.
Chapitre IV
Avenue du Général Leclerc – 77400 Saint Thibault des Vignes et des Moineaux
1971, nous déménageons. Afin de faire plaisir à ma mère et dans l'espoir d'arranger la situation, mon père a revendu l'appartement et a loué une maison à Saint Thibault des Vignes et des Moineaux. Avec un nom pareil, ce devrait être le paradis……..c'est l'enfer !!
C'est une maison ordinaire, pas très récente avec un jardin et un sous sol. Il y a deux chambres à l'étage. Nous sommes juste à côté de l'usine "William Saurin", ce qui m'occasionne des bols de choucroute à respirer au petit déjeuner.
Je la trouve triste. Ma mère aussi, sans doute car elle va littéralement sombrer. Elle s'enivre de plus en plus.
Elle possède une voiture qu'elle met en bouillie à maintes reprises mais heureusement elle n'est jamais blessée et ne blesse jamais personne.
Un soir vers 22H, alors que je reviens de chez ma sœur avec mon père, les rues sont désertes, pas un bruit. En arrivant devant l'hôpital, un boucan terrible : c'est ma mère qui a cassé son embrayage et qui accélère à fond devant le panneau "silence hôpital". Nous poussons la voiture jusqu'à la maison, heureusement peu éloignée.
Lorsque je rentre du collège, en plein après midi, je suis souvent accueillie par de la vaisselle qui vole au dessus de ma tête. Elle a toujours un reproche à me faire. L'alcool l'a transformée, ce n'est plus la même femme. Elle répand une rumeur sur moi à sa sœur et chez les commerçants : elle raconte que je me drogue. Je jure sur la tête de mes enfants que je n'ai jamais touché à ça.
Je suis regardée d'un drôle d'œil par ces gens là. Ma tante est toujours persuadée de ce fait, elle n'a jamais mis la parole de ma mère en doute malgré mon démenti.
Un autre soir, mon père qui a travaillé tard, dîne seul dans la cuisine. Ma mère ne nous cuisine plus que des pommes de terre sautées. Elle a bu et titille mon père afin de provoquer une dispute.
Mon père ne répond pas à ses attaques. Elle s'énerve, prend un énorme couteau qui sert à découper la viande et vise le dos de mon père. C'est à ce moment là que j'arrive dans la cuisine. Je n'ai que le temps d'hurler afin que mon père réagisse. Il était temps, à une seconde près il était poignardé.
Une nuit, ce sont des policiers qui ont ramené ma mère, elle errait dans la rue. Toujours la honte.
Elle se cache pour boire et dissimule des bouteilles et des verres remplis de vin. Tous les jours, je cherche ses nouvelles cachettes. Il y en a partout, c'est comme dans un jeu de piste. Dans les placards bien sûr mais toujours derrière une pile d'assiettes ou une boîte. Sous l'évier, derrière les cuvettes et dans les cocottes. Au sous-sol, surtout, dans de vieilles armoires et jusque dans les wc chimiques de la caravane, remisés pour l'hiver. Chaque fois je jette tout dans l'évier pour essayer de limiter les dégâts, c'est peine perdue.
Un soir, alors qu'elle tient à peine debout, elle m'insulte et me bouscule. Je l'attrape par les épaules et la secoue en lui suppliant d'arrêter. Elle titube et se cogne la tête contre le chambranle de la porte. Elle s'est fendue le crâne et le sang gicle. C'est une vision horrible ! Elle se met alors à la fenêtre en hurlant que sa fille a voulu la tuer. De force, nous l'emmenons à l'hôpital pour être recousue. Elle clame à qui veut l'entendre que j'ai voulu la tuer. J'ai honte, je me sens coupable. Le lendemain matin, les voisins me scrutent tous méchamment. Je rase les murs.
Après une séance de vaisselle cassée, mon père ramasse les morceaux à l'aide d'une balayette.
Ma mère cherche à l'attiser en le poussant. Il se retourne et lui assène un coup de balayette qui atterrit sur sa tête. Elle ne réagit même pas et pourtant la balayette est brisée. Elle est tellement imbibée qu'elle n'a rien senti. Le lendemain elle demande qui lui a cassé sa balayette, elle ne se souvient jamais de rien après.
Une autre fois alors qu'elle provoque mon père, celui-ci la repousse brutalement d'un revers de la main. Il finit aux urgences car il s'est cassé la main, la tête de ma mère est dure !
Nous tentons de cacher cet épisode à ma sœur, mon père se sent coupable, c'est un homme non violent et très calme.
A part Cathy ou Domi, mes amis ne veulent plus venir à la maison. J'ai même une copine qui a peur du regard de ma mère. C'est vrai qu'elle paraît effrayante sous l'emprise de l'alcool.
Les amis de mes parents désertent aussi la maison. Les derniers fidèles viennent manger un pot au feu mais s'enfuient très vite vu l'état de ma mère. Ils ne reviennent jamais mais mon père continue de les côtoyer chez eux à Meaux.
Une fois, en rentrant de mes cours, je la trouve dans un état d'excitation. Cette fois, c'est moi qu'elle cherche. Je suis seule avec elle, j'ai peur, je m'enferme dans ma chambre.
Elle tente de forcer ma porte en tambourinant de toutes ses forces. Elle me lance des injures à travers la porte et menace de me faire la peau. Elle me prévient qu'elle va chercher un outil au fond du jardin afin de défoncer ma porte. Je profite de cet intervalle pour me précipiter dans le bureau de mon père et l'appeler au téléphone. J'ai de la chance, je sais où il travaille aujourd'hui : il est à Meaux, à 25 Km de la maison. Il dit qu'il arrive. Je remonte dans ma chambre juste à temps, avant que ma mère ne revienne avec une fourche. Elle s'acharne sur la porte mais heureusement pour moi ne parvient pas à la défoncer. Papa arrive dix minutes plus tard, un record pour faire ces 25 Kms ! Il parvient à la maîtriser, je peux sortir de ma chambre, saine et sauve.
La plupart du temps quand les choses se gâtent trop le soir, je prends mon oreiller, l'installe sur mon porte bagage et je m'enfuie chez ma sœur pour dormir. Je laisse mon père seul, j'ai peur pour lui. Je ne sais pas pourquoi je pense toujours à emmener mon oreiller.
Je ne travaille plus à l'école, je pense surtout à m'amuser, à m'évader. Je réussis par miracle à obtenir mon BEPC.
Un après midi de week-end, mon père tond la pelouse. Ma mère est couchée. Je suis dans ma chambre. Une odeur de brûlé me chatouille les narines. Je me précipite dans la chambre de mes parents, ma mère est assise dans le lit qui se consume. Il y a un trou énorme ! Elle fume même au lit. Elle pleure, les fesses à moitié brûlées. J'alerte mon père qui arrive en courant pour éteindre le feu.
Après une énième altercation, mon père s'apprête à partir travailler. Alors qu'il tourne le dos à ma mère, elle attrape une poterie qui orne le perron et la jette en direction de mon père. Ses forces sont décuplées par l'alcool, elle est d'un petit gabarit et moi je n'ai jamais pu la soulever tant elle pèse lourd. Cette fois encore, mon père a la chance que je puisse le prévenir in extremis.
Je me réfugie souvent chez Domi dans la journée. Sa maman m'accueille gentiment et me confectionne de bonnes tartes. Une fois, elle ment pour me protéger en assurant à ma mère que je ne suis pas chez elle.
Une nouvelle cure de désintoxication est tentée en hôpital psychiatrique. Elle s'enfuit avant la fin avec un malade alcoolique rencontré durant son séjour.
Je pars en vacances à Saint Aygulf dans le Var avec mon père et Cathy. Ses parents prendront le relais pour le mois suivant et nous irons à Saint Tropez. Ce furent des vacances exquises. Tous les jeunes du camping ont formé une bande. Baignades en mer dans la journée, soirées en boîte, on fait des kilomètres à pied pour y arriver, le pire étant le retour ! Beaucoup de flirts durant cette période !! J'ai besoin de me sentir aimée.
Ma mère revient quelques temps plus tard. Aucun problème n'est résolu. Tout recommence.
Je supplie mon père de divorcer, je n'en peux plus. Les beaux-parents de ma sœur se proposent même de me prendre sous leur toit.
Fin 1971, je redéménage seule avec mon père, il a enfin demandé le divorce.
Chapitre V
Résidence Mermoz – A4 – 77400 Lagny sur Marne
Retour dans un appartement au 4ème et dernier étage d'un immeuble dans la petite résidence où habite ma sœur. Je m'y sens plus en sécurité que dans la maison.
Mon père m'emmène aux sports d'hiver en compagnie de ma sœur. Je suis triste de penser à ma mère qui est seule.
J'ai raté mon année scolaire, les professeurs veulent que je redouble. Ils pensent que je suis une fainéante, une bonne à rien. Ils ne savent pas ce que je vis.
Je refuse de doubler ma troisième, ça ne m'intéresse pas. Je ne sais pas ce que je veux faire, je n'ai plus goût à rien si ce n'est sortir pour m'amuser. Je multiplie les flirts à la recherche d'un peu d'amour.
Après des tests d'orientation, on me dirige vers un brevet d'études professionnelles de sténo dactylo. Le pied ! J'avais toujours dit que je ne voulais pas devenir secrétaire, ma sœur et ma cousine exercent ce métier et il ne me plaît pas du tout.
En principe, il est prévu que je continue après pour passer un brevet de technicienne en langues après avoir séjourné un an en Angleterre.
J'atterris dans un lycée professionnel à Meaux. Je redeviens une bonne élève, ces études me paraissent très faciles. Je prends la tête de la classe. Michèle devient mon amie. Ses parents sont pâtissiers, je me goinfre de gâteaux.
La cohabitation avec mon père n'est pas toute rose. Le retour au calme nous déstabilise tous les deux. Nous nous réfugions chacun dans notre bulle et nous ne parvenons pas à communiquer. Il y a des soirées où on ne dit mot. Au début, je m'occupe de l'intendance à la maison. Je fais le ménage, les courses, la cuisine et le repassage. Puis je me rebelle, nous prenons une femme de ménage. La première nous saccage l'aspirateur, se sert du gant de toilette de mon père pour nettoyer le lavabo et lave le sol avec le chiffon à poussière. La deuxième est parfaite. Je fais toujours les courses que je transporte à l'aide de ma mobylette.
Je cuisine mais mon père s'y met un peu. Chaque fois qu'il rentre avant moi, il nous mijote une soupe à l'oignon. Aujourd'hui, quand je mange une soupe à l'oignon, je repense toujours à cette période. Je repasse mes affaires mais je laisse mon père s'occuper des siennes, ainsi j'évite les faux plis qu'il déteste.
Mars 1972, Michèle me présente Philippe, celui qui sera mon grand amour. Il possède une magnifique chevelure blonde, longue et frisée et de jolis yeux bleus. Il est beau ! Je suis sous le charme.
C'est un artiste, il joue alors de la guitare classique. On ne se quitte plus, nous nous aimons. C'est merveilleux.
Peu confiante en moi, je suis très jalouse Je vis de très beaux moments avec lui, je suis enfin aimée. Il me fait aussi beaucoup souffrir par son besoin très fort d'indépendance qui me rejette parfois.
Ma mère habite à nouveau à Saint Thibault dans un appartement proche de notre ancienne maison. Son comportement n'a guère changé. Un jour, elle fait une crise d'hystérie due à une trop grosse absorption d'alcool. Elle sort sur le palier en petite tenue en hurlant.
Malgré mes efforts pour la faire rentrer, elle continue de crier et elle n'a pas un langage châtié. Je ne trouve d'autre solution que de la gifler pour la calmer. C'est la seule fois où j'ai levé la main sur ma mère, la honte m'a longtemps poursuivie.
Ma mère rencontre un homme, Albert, avec qui elle fait un bout de chemin.
C'est un homme charmant … quand il est sobre. Ils s'enfoncent mutuellement dans la dépravation.
J'entame ma deuxième année au lycée. Je suis toujours une bonne élève mais je suis devenue rebelle avec certains professeurs. Quand je ne sèche pas les cours, je tricote au fond de la classe tout en écoutant ce qui a le don d'énerver ces professeurs. Une de mes professeurs tente de me piéger plusieurs fois mais j'ai toujours la bonne réponse. Elle tente tout pour que j'échoue à mon examen, c'est une bourrique, une bourgeoise qui s'occupe en donnant des cours…
Je rejoins souvent mon bien aimé qui habite Meaux.
Au printemps, je décide d'abandonner ces études.
Une de mes enseignantes, une gentille celle-là, vient jusqu'à la maison pour me persuader de revenir pour passer mon examen, je suis sa meilleure élève.
Je ne retourne pas au lycée mais je travaille chez moi, seule. Je m'entraîne en sténo en enregistrant des textes sur un magnétophone, sans savoir si je suis à la bonne vitesse. En fait, je dicte trop vite mais cet entraînement porte ses fruits. Je tape sur une petite machine à écrire portable que m'a prêtée Domi.
Le jour J, je passe mon examen de sténo. J'ai un manque d'audition de l'oreille gauche et je suis toujours au premier rang pour entendre correctement. Aujourd'hui, nos places sont déjà affectées et je me retrouve tout au fond de la classe. Je n'entends que par bribes. Malgré mon entraînement intensif, je m'étale à la première épreuve. Je décide de ne pas revenir le lendemain.
Mes amies me supplient de revenir, de ne pas abandonner. Je reviens sans conviction. Pourtant, cette fois-ci, je suis devant, je réussis sans problème.
Les autres matières écrites se déroulent bien. L'oral est plus difficile, je n'ai rien révisé hormis le droit du travail. J'ai un 20 dans cette matière mais je me ramasse dans les autres. J'ai quand même obtenu mon diplôme.
Je passe mes vacances d'été en haute Savoie avec Philippe. Nous campons dans un camping plus que rustique, style camping à la ferme. C'est éloigné de tout car nous sommes déjà en altitude au-dessus d'Evian. Nous n'avons pas de moyen de transport à part nos pieds et il pleut tout le temps. Notre cohabitation sous la tente est concluante.
Mon père rencontre à son tour une femme, Janine, qui deviendra ma belle-mère.
C'est une belle et grande femme blonde aux yeux marron.
Il part vivre avec elle à Compiègne. Il me propose un ultimatum : soit je le suis, soit je me marie. Impossible pour moi d'envisager de partager ma vie avec une autre femme que ma mère. Je suis déjà trop indépendante, je suis déjà une petite femme au foyer.
Je choisis la deuxième solution. Je me marie le 1er décembre 1973 à la mairie de Lagny avec le consentement de mes parents car je suis mineure, je n'ai que 17 ans. Ce n'est pas encore rentré dans les mœurs de vivre avec un garçon sans être marié.
Mon père a invité sa nouvelle compagne, ma mère n'assiste pas à mon mariage.
Ce jour là, je lui rends visite afin qu'elle puisse me voir en robe de mariée. Elle pleure beaucoup. Je suis affectée par cette situation, elle reste ma mère malgré tout.
Le reste de la cérémonie se déroule très agréablement dans un restaurant d'un petit village proche. Je suis heureuse, enfin!!
Ma belle famille m'accepte très bien. Mon mari fait partie d'une famille nombreuse. Il a trois sœurs et deux frères. J'ai une nouvelle famille.
Bien évidement j'abandonne toute idée de poursuivre mes études. Je vais chercher du travail.
J'en trouve chez un huissier. Quel horrible travail ! Des gens qui viennent en pleurant et des collègues féminines qui passent leur temps à jaser sur le dos des autres. Je tape à la machine du matin au soir pendant huit heures et demie. Je souffre déjà de mon dos. Je n'y reste que trois mois.
On me vole ma mobylette dans le sous-sol de l'immeuble, je trotte donc à pied.
Chapitre VI
Place du Marché – 77100 Meaux
Jusqu'au début de l'année 1974, nous habitons encore à Lagny puis nous déménageons à Meaux, dans un vieil appartement délabré au-dessus d'un magasin appartenant à des amis de mon père. C'est un logement voué à la démolition dans quelques mois. Nous devons chercher une autre résidence.
Je travaille pendant un mois à l'hôpital de Meaux. Philippe pendant six mois.
Je me rends chaque jour à la mairie pendant deux mois avant de rencontrer l'adjoint au maire qui nous attribue immédiatement un appartement dans une cité HLM de Meaux. Depuis, cet immeuble a été détruit tant il a subi des dégradations.
Je suis toujours amoureuse et heureuse malgré nos petites ressources financières : nous vivons d'amour et d'eau fraîche !
Chapitre VII
Bâtiment Chenonceaux – D93 – Beauval - 77100 Meaux
Nous emménageons dans un deux pièces au 9ème étage. Je ne peux regarder par la fenêtre, j'ai trop le vertige.
J'adopte un petit chiot que j'appelle "Punay" (il faut prononcer pounaille). C'est un prénom issu d'une chanson que j'apprécie, interprétée par Atahualpa Yupanqui, artiste argentin.
Ma vie va de nouveau déraper.
L'amour et l'eau fraîche ne suffisent plus à notre bonheur. Philippe gagne sa vie en faisant des petits boulots liés à la musique. Je retrouve un emploi à Trilport dans une société qui vend des surgelés.
J'ai racheté un solex d'occasion. Pour aller travailler, je dois passer par des chantiers de construction. Je m'embourbe plus d'une fois. Puis il y a une explosion de gaz dans mon immeuble, un mur s'écroule………sur mon solex ! Je retrotte donc à pied. Je fais 16 kms par jour ! j'ai la ligne.
Les factures sont difficiles à régler et c'est moi qui tiens les comptes. Philippe est loin de ces préoccupations, il plane sur son petit nuage d'artiste.
La passion de mon mari prend une telle ampleur que je suis reléguée au deuxième plan. Je ne le supporte pas, je suis jalouse, je m'accroche et je l'étouffe.
Il part en vacances avec un ami en Lozère, alors que je travaille. Il me ramène un chardon séché en guise de souvenir et un long cheveu blond sur une de ses chemises….
Je vois toujours ma mère et Philippe m'accompagne. Il subit ses frasques avec moi.
Il cache à tout le monde qu'il est marié. A-t-il honte de moi ? A-t-il honte de s'être marié, lui qui prône la liberté et l'indépendance si chères aux années 70 ?
Ma mère a un accident de voiture très grave, elle n'est pas fautive, elle était garée et un conducteur qui a perdu le contrôle de sa voiture s'est encastré dans sa voiture. Elle est défigurée, le pare-brise a éclaté sur son visage. Elle ressemble à un monstre, c'est horrible ! Il lui faut de nombreux et longs soins pour qu'elle reprenne un visage humain. Elle ne ressemblera plus jamais à ma maman d'avant.
Un an après ma merveilleuse union, je décide d'y mettre fin. Nous faisons chambre à part, plus rien ne va.
Philippe vit sa vie, me laissant en arrière.
Mon père se remarie à Noël 1974. Philippe ne vient pas avec moi.
Je quitte mon mari en Février 1975.
Chapitre VIII
9 Rue du Général Leclerc - 60200 Compiègne
Je retrouve du travail mais à Compiègne. Je vais remplacer ma cousine employée à l'accueil dans un garage. Elle va travailler comme vendeuse chez mon père qui a acheté une mercerie.
Je rencontre une collègue, Roselyne qui est toujours mon amie aujourd'hui.
J'habite dans un appartement attenant à la mercerie que mon père me loue.
J'ai beaucoup de mal à oublier mon mari, à couper le cordon, je l'aime toujours malgré tout. Chaque week-end, je fais le trajet Compiègne Meaux via Paris en train pour le rejoindre. C'est interminable comme parcours.
Un dimanche, il revient accompagné d'une jeune femme. Je l'attends depuis la veille. L'angoisse, la haine, la fureur, la peine me font bondir sur lui. Je le griffe au visage, je lui tape dessus, puis je pleure, effondrée par ce que je viens de faire.
Nous divorçons. A la conciliation, Philippe dit au juge que nous avons évolué en guise d'explication.
Le divorce par consentement mutuel n'existe pas. Il faut se battre à coups de méchants témoignages. Je gagne le divorce mais je n'en tire aucune satisfaction.
Je passe mon permis de conduire, je veux à tout prix être indépendante.
Ce n'est guère facile, j'ai un petit salaire, un loyer à payer, il faut me chauffer, me nourrir et régler les frais d'avocat.
Ma grand-mère paternelle m'aide et me soutient beaucoup à cette époque. Elle ne me donne jamais d'argent mais remplit discrètement mon frigo en prétextant en avoir acheté de trop pour elle.
Mes dîners se composent d'une soupe en sachet et d'un laitage. Inutile de préciser que je ne suis pas grosse ! Heureusement pour moi, je n'ai jamais eu un gros appétit.
Je parviens à m'acheter une Renault 4L d'occasion. Elle porte superbement ses dix ans mais le moteur est récent.
Je suis très fière. Ma patronne m'a gentiment octroyée un prêt pour la circonstance.
Pour le jour de l'an, je décide de me rendre à Lagny pour fêter l'événement avec ma mère. Elle est pourtant prévenue de mon arrivée, rien n'y fait, elle est ivre quand j'arrive. Quel mal elle me fait ! J'ai sacrifié tout ce qui me restait d'argent pour lui acheter du saumon fumé et un bon dessert…..Tout est fichu !
Elle vient quelquefois me voir à Compiègne avec son ami Albert mais il est bien rare qu'ils restent sobres toute une journée.
Elle me téléphone souvent au travail, avec une voix plus que pâteuse, et j'essuie des remarques fâcheuses de ma direction.
Je me fais des amis au travail et à l'extérieur. Je vis une relation amoureuse avec Daniel durant quelques temps.
C'est un garçon charmant, attentionné et amoureux. Je mets fin à cette relation, le fantôme de Philippe est toujours là, je ne suis pas prête à m'engager à nouveau. Néanmoins, nous sommes restés amis, aujourd'hui encore.
1976, je rencontre Gérard, mon deuxième mari. Nous avons le même employeur mais lui travaille à Creil, comme responsable du magasin de pièces détachées.
C'est un homme grand, châtain, les yeux marron. Il est divorcé et a deux enfants de son précédent mariage. Il a quatorze ans de plus que moi, il me rassure. Il est très gentil avec moi, attentionné. Il me sort beaucoup au restaurant, je prends même des kilos. Il s'installe très vite chez moi.
25 Juin 1977, nous nous marions dans la Vienne, dans le village où résident sa mère et son beau-père. Cathy est mon témoin.
Maman n'est pas de la noce, elle s'enfonce de plus en plus. Elle habite maintenant Le Raincy dans un vieil appartement très triste. Elle a quitté Albert.
Gérard change d'employeur. Le 26 septembre, il a un accident de travail très grave. Il est scalpé par un portail et sa jambe est brisée. Il reste un mois à l'hôpital.
A la fin de l'année, je vais travailler à Soissons, toujours pour le même employeur. Chaque jour j'effectue l'aller-retour avec une 2CV camionnette. J'y rencontre James, le chef d'atelier : il est toujours mon ami aujourd'hui.
Le travail me plaît car je suis très indépendante. J'ai souvent mal au dos, surtout au niveau des cervicales et je consulte régulièrement un ostéopathe qui deviendra mon cousin par alliance.
1978, je suis enceinte. Je suis rapatriée dans les bureaux de Compiègne pour m'éviter les trajets en voiture.
Ma grossesse se déroule avec bonheur. J'ai mal au dos et j'ai une sciatique jusqu'à la fin mais ça ne m'empêche pas d'être radieuse.
L'appartement est trop petit, nous déménageons.
Chapitre IX
Résidence des Sablons – 59, rue de Clamart - 4ème étage - 60200 Compiègne
J'ai trouvé un appartement au 4ème étage, sans ascenseur, dans une résidence privée composée de deux immeubles.
18 décembre 1978, j'accouche d'un magnifique petit garçon, Guillaume. Il pèse 3,300 kg et mesure 49 cm. Il est tout brun, mat de peau et les yeux noirs. Il a un air de ressemblance avec le bébé que j'étais.
C'est le premier plus beau jour de ma vie. J'admire mon chef d'œuvre, c'est ainsi que je le considère. Je vais pouvoir lui donner tout mon amour et il va m'aimer en retour : c'est merveilleux !
Ma mère vient pour cette occasion, son comportement est parfait tout le long de son séjour.
Mon poupon grandit bien. Il est vif, intelligent et en bonne santé. Gérard s'occupe bien de lui. Il le change, lui donne le biberon, le berce.
Cathy m'a devancée d'un mois pour avoir un petit garçon. Nos rencontres sont amusantes avec nos deux bambins.
Je ne reprends pas le travail, j'ai décidé de rester à la maison pour élever mes enfants, je dis "mes" car j'ai l'intention d'en avoir d'autres. A l'origine, j'ai toujours rêvé d'en avoir cinq. Je m'arrêterai à trois !
1979, pour mon anniversaire, ma mère nous invite ma sœur et moi. Dès mon arrivée, je remarque que son comportement n'est pas normal. Elle bafouille, a ses mimiques si caractéristiques d'un état d'ébriété.
Elle a voulu me faire plaisir en faisant des croquettes de pomme de terre. Elle qui cuisinait à merveille, s'est trompée de variété de pommes de terre. Celles-ci collent horriblement. Impossible de mouler une boulette. Une crise de fou rire nous prend avec ma sœur. Ma mère le prend très mal, elle s'imagine qu'on se moque d'elle. Bon anniversaire Maryse !
Guillaume fait ses premiers pas à 11 mois.
Je suis à nouveau enceinte.
Chapitre X
Résidence des Sablons – 59, rue de Clamart – 1er étage - 60200 Compiègne
Nous avons l'opportunité de louer un autre appartement au 1er étage du même immeuble. Je souffre du dos et les quatre étages me pèsent beaucoup. Nous déménageons donc.
Nous baptisons Guillaume au mois de mai 1980 : je choisis Domi comme marraine.
Ma deuxième grossesse me rend aussi heureuse que la première. Mon dos apprécie beaucoup moins, je n'ai plus une seule vertèbre alignée et mon nerf sciatique se rebiffe. Je me déplace mon coccyx en éternuant. Il se remet en place à l'accouchement.
26 Août 1980, Séverine vient au monde. C'est une adorable petite fille qui pèse 3,180 et mesure 47,5 cm. Elle est toute petite et toute potelée. Elle n'a presque pas de cheveux, plutôt châtains clairs et ses yeux sont gris comme beaucoup de bébés. Elle a la peau toute rouge. C'est mon deuxième bébé et je suis en extase devant. C'est le deuxième plus beau jour de ma vie.
Ma mère s'est mise en ménage avec un drôle de loustic beaucoup plus jeune qu'elle, mais qui a les mêmes penchants pour l'alcool. Il a un mauvais genre, un peu loubard. Elle vient me voir à la clinique, j'en ai honte.
Elle reste à la maison quelques temps mais je renvoie le monsieur. Pas question d'héberger ce type qui sent des pieds !
Lors d'une de ses autres visites, je me fâche avec elle. Alors que nous sommes couchés, je l'entends trifouiller les bouteilles dans le bar. Je la surprends en train de boire du pastis. Il est minuit. Je crie tellement que les voisins vont raconter à la gardienne que j'ai eu une violente dispute avec mon mari. J'écourte son séjour, je lui en veux beaucoup.
Gérard s'occupe de Séverine comme il l'a fait pour Guillaume.
Alors que Séverine réclame beaucoup de bisous, Guillaume est déjà très réfractaire à toute démonstration de tendresse.
C'est un enfant calme et facile malgré un épisode colérique. Séverine a déjà un sacré caractère. Elle est têtue comme une mule. Elle fait ses premiers pas à un an.
Chapitre XI
2, Allée des Cèdres - 60150 Montmacq
Décembre 1981, nous achetons une maison neuve. Il y a quatre chambres et un jardin de 500m². Gérard signe sans avoir visité la maison, il me fait confiance.
C'est très lourd financièrement, mais nous avons notre chez nous.
Je suis à nouveau enceinte.
Les enfants grandissent bien, ils sont beaux et en bonne santé. Je souffre de plus en plus fréquemment du dos. Je suis parfois courbée en deux sans pouvoir relever la tête. Je fréquente souvent le cabinet de mon cousin.
Nous adoptons une magnifique petite chienne boxer, Sara.
1982, Gérard travaille maintenant à Paris, chez BMW. Il part très tôt le matin et rentre tard le soir.
6 septembre 1982, Wilfried arrive parmi nous. Il est tout aussi adorable que les deux autres. Il est plus menu qu'eux, il pèse 3,050 kg et mesure 48,5 cm. Il a des cheveux bruns et de grands yeux noirs, mais pas la même expression que Guillaume. Je suis à nouveau émerveillée et heureuse. C'est le troisième plus beau jour de ma vie.
Octobre 1982, nous baptisons Séverine et Wilfried : je choisis ma sœur comme marraine pour ma fille et Cathy pour Wilfried.
Je suis très fatiguée, en février 1983, je fais une petite déprime.
Sara est très jalouse de Wilfried et ne l'accepte pas. Nous nous en séparons, nous l'offrons à une famille pleine d'enfants qui la câlinent beaucoup.
Wilfried fait ses premiers pas à 13 mois. C'est un enfant très nerveux, une vraie pile électrique. Il est très coléreux.
Ma mère se tient tranquille quand elle vient nous rendre visite de temps en temps.
Novembre 1983, ma grand-mère paternelle meurt d'un cancer. Elle me laisse un grand vide. Je l'aimais beaucoup.
Le trajet Montmacq-Paris commence à fatiguer Gérard. Nous revendons la maison à son prix d'achat pour aller nous installer en région parisienne dans l'Essonne.
Chapitre XII
3 square du Trou Rouge – 91000 Courcouronnes
Juillet 1984, nous achetons un appartement neuf. C'est plus petit que notre maison. Les garçons doivent partager la même chambre.
L'appartement est très bien, très fonctionnel. Le quartier n'est pas aussi agréable en raison d'une trop grande concentration d'habitants.
L'amélioration du salaire de Gérard nous permet de vivre plus aisément. Petite fourmi, j'épargne le plus possible.
Les enfants ont grandi : Gérard s'occupe moins d'eux.
Janvier 1985, je trouve un logement pour ma mère à Courcouronnes. C'est un deux pièces tout neuf en location.
Il était temps, ma mère est au bord du ruisseau, son loustic n'a réussi qu'à l'enfoncer.
Pendant un an et demi, je gère la vie de ma mère pour qu'elle relève la tête. Chaque jour, je m'occupe d'elle. Il y a quand même deux rechutes importantes.
Alors que je dois me rendre à une soirée avec Gérard, elle arrive dans l'après midi pour garder les enfants. Je ne peux pas lui confier vu son état. Je dois annuler ma soirée.
Alors que je lui ai organisé un séjour en cure thermale à Aix les Bains, la veille, elle n'est pas en état de partir.
Chaque fois elle réduit tous mes efforts à néant.
Fin 1985, elle doit se faire opérer d'un sein. Elle a une petite tumeur. On m'affirme alors que ce n'est pas cancéreux.
Août 1986, elle n'est pas bien, elle souffre du ventre. En septembre, elle consulte à l'hôpital d'Evry. Elle n'en ressort pas. Ils la gardent pour l'opérer : elle a une énorme tumeur au rectum, un très méchant cancer. Par la force des choses, elle arrête de fumer et de boire. En décembre, elle est transférée à l'hôpital de Corbeil pour de la radiothérapie. Elle souffre beaucoup, il n'y a pas d'espoir.
En janvier, elle rentre chez elle. Une infirmière passe deux fois par jour. Elle a une poche sur son abdomen qui récupère ses excréments. Très vite, il y a des complications. Le péritoine a été brûlé par la radiothérapie et se rompt. Nous sommes obligés de la garnir de couches comme un bébé. Elle souffre physiquement mais aussi moralement. Elle se sent diminuée. Elle a honte. Je demande à mon père et à Janine de venir la voir. Nous sommes début février. Son état s'aggrave, elle retourne à l'hôpital d'Evry et n'en ressortira jamais.
Séverine qui a des problèmes d'encombrement dus à ses amygdales est opérée le lundi 16 février à Compiègne par l'oto-rhino qui la suit depuis sa naissance. Je l'accompagne mais je ne suis pas rassurée de laisser ma mère.
Le mardi 17 février, je repars en urgence à Evry, l'hôpital vient de m'appeler, c'est la fin. Le moteur de ma petite voiture n'a jamais ronronné aussi fort que pendant ce trajet. Elle lutte jusqu'à mon arrivée en compagnie de ma sœur et de ma tante. Elle meurt après une embolie pulmonaire, la veille de ses 60 ans. Je suis sous le choc mais je ne m'effondre pas. Je prends toutes les démarches en main. Je perds un kilo en une journée et pourtant depuis le début de la maladie de maman, j'en ai déjà perdu deux. Il faut dire que je jongle entre mes enfants, ma maison et l'hôpital car je suis venue la voir tous les jours. Malgré toutes les souffrances qu'elle m'a faites endurer, j'ai été là pour elle, jusqu'au bout. C'est important de ne pas me sentir coupable.
Septembre 1987, Gérard perd son travail. Il reste plusieurs mois sans retrouver un poste. Mes économies de petite fourmi sont les bienvenues.
Au mois d'avril, il finit par décrocher une place mais à Avignon.
Nous décidons de revendre l'appartement et de partir. La perspective de vivre en Provence m'enchante. J'adore le soleil. J'y vois comme un nouveau départ, j'en profite pour arrêter de fumer, ce n'est pas difficile, je ne fume pas beaucoup, quatre ou cinq cigarettes par jour.
Chapitre XIII
84, rue du Joli Ramage – 84000 Avignon
Nous descendons à Avignon pour chercher un logement. Nous avons la chance de trouver assez rapidement une villa mitoyenne récente. Nous déménageons au mois de mai 1988. Pendant trois semaines, nous avons de la pluie avant de connaître la joie que procure un ciel bleu Provence et un chaud soleil. Les déménagements commencent sérieusement à endommager mon dos. Mes lombaires se manifestent violemment. J'ai des sciatiques régulièrement.
Il y a quatre chambres, deux salles de bain, deux wc et un petit jardinet : le luxe !
Guillaume, très bon élève en CP puis un peu moins les années suivantes, sans doute par désintérêt, lâche complètement en CM2. C'est à cette période que nous rentrons souvent en conflit et Gérard prend toujours sa défense. C'est paradoxal car par ailleurs, il le dévalorise sans arrêt.
Séverine a plus de difficultés mais s'accroche fermement pour obtenir de bons résultats. Elle a un sacré caractère !
Un jour qu'elle me pousse à bout, je la gifle, elle est marquée. Je suis effrayée de mon comportement, j'ai peur de devenir comme ma mère. Je pleure et je ne recommence jamais.
Wilfried suit les traces de son frère pour son CP. C'est un excellent élève, un peu dissipé. Il est très sensible.
Nous galérons beaucoup financièrement car la vente de notre appartement tarde. Il faut payer des deux côtés.
Je déprime.
L'appartement est enfin vendu en février 1989 mais nous devons le brader.
Gérard est peu rémunéré en comparaison du salaire parisien. Il trouve un autre emploi comme responsable des pièces détachées chez BMW, ses premieres amours.
Tout est parfait jusqu'au jour où il est licencié économique, la concession étant mal gérée.
Nous ne sommes là que depuis dix huit mois, la galère est repartie.
Cette fois, il trouve un emploi à Toulouse, toujours chez BMW.
Chapitre XIV
16, Impasse Paul Groussac – 31000 Toulouse
Nous emménageons le 24 décembre 1989 : nous réveillonnons au milieu des cartons.
Nous avons déniché une magnifique villa comportant quatre chambres, deux salles de bains, trois WC, un cellier, une buanderie, un dressing, un grand hall d'entrée, des placards partout, un garage et un beau jardin.
Les enfants sont perturbés par un nouveau changement d'école en plein milieu de l'année scolaire.
Avril 1990, alors que je reviens de courses, j'ouvre mon garage et constate que les murs sont trempés. Bien sûr il pleut mais comment les murs intérieurs peuvent-ils être mouillés ? Je commence à décharger mon coffre, j'ouvre la porte de la maison et là je rêve ! Il pleut partout chez moi ! De l'eau s'écoule des plafonds, il y en a partout. Je monte à l'étage et là c'est un cauchemar : les lits surnagent. C'est une vision surréaliste ! Je me pince mais je ne rêve pas !
Je cours chez les voisins, complètement désemparée. Ils appellent les pompiers. Une canalisation a sauté au premier étage et l'eau s'est déversée. La moquette est entièrement pourrie. Le plafond du salon s'écroule. Nous ne pouvons rester dans cette maison.
Dans l'après midi, toutes nos affaires sont transférées dans une maison inoccupée de l'autre côté de l'impasse. C'est la société qui loue ces villas qui se charge de tout. Nous passons la nuit à l'hôtel dans une semi conscience.
Chapitre XV
13, Impasse Paul Groussac – 31000 Toulouse
Et on recommence à s'installer ! Il faut tout faire sécher, heureusement le soleil est présent. Beaucoup de dégâts, beaucoup de choses irrécupérables. Nous sommes peu indemnisés par les assurances. Nous partons quand même en Turquie, voyage offert par BMW mais le cœur n'y est pas. Ce sont mes parents qui gardent les enfants.
Je ne me plais pas dans cette ville. On m'avait dit que c'était une belle ville, la ville rose, etc… Je ne la trouve pas géniale, je m'y sens mal à l'aise. Je n'aime pas la mentalité des gens, ni le climat étouffant l'été.
Je regrette Avignon.
Gérard ne s'éclate pas vraiment dans son travail et le salaire n'est pas très élevé.
En septembre nous avons l'opportunité de remonter en région parisienne pour un emploi mieux rémunéré dans une concession de poids lourds : retour aux sources.
Chapitre XVI
83, Rue des Prés Brûlés – 77550 Moissy Cramayel
Octobre 1990, nous voilà revenus en Seine et Marne. Nous louons un appartement très sombre composé de quatre chambres, une salle de bain, un WC, une minuscule cuisine et un jardinet. Il est très triste mais nous n'avons rien trouvé d'autre. Nous ne restons que quatre mois, nous achetons une maison quelques rues plus loin.
Chapitre XVII
29, Rue de l'Abbé Grégoire – 77550 Moissy Cramayel
Nous changeons de rue au mois de Février 1991. De gros problèmes de plomberie et d'inondation nous accueillent.
C'est une maison à deux étages au bord d'un lac sur lequel glissent des cygnes et des canards. L'environnement est très agréable.
Au rez-de-chaussée il y a une cuisine, un cellier, un wc et le salon.
Trois chambres, deux salles de bain et un WC desservent le premier étage. Des combles aménageables se situent au deuxième étage. Nous les aménageons nous même un peu plus tard : une chambre et une salle de jeux. C'est Séverine qui choisit de grimper au second, elle est déjà très indépendante. Un petit jardin entoure la maison et le garage.
Gérard m'apprend que son contrat n'est pas renouvelé après ses six mois d'essai. Il est à nouveau au chômage.
Il retrouve très vite du travail mais le salaire est bien inférieur. Il continue de répondre à des annonces.
Il réintègre ainsi le garage BMW à Paris. Le salaire est meilleur mais insuffisant face aux charges de la maison.
Juin 1991, nous adoptons un chaton gris tigré que nous appelons Popeye. Il n'accepte pas de manger de la nourriture pour chat, il faut lui préparer une gamelle avec de la viande ou du poisson et des légumes verts. Il adore les épinards !
Les enfants grandissent et les besoins aussi.
Wilfried est un élève "trop" doué. Il s'ennuie en cours. Il a une institutrice qui l'enfonce par plaisir : elle l'appelle "Modeste" car elle n'accepte pas qu'il sache tant de choses. Il fait une dépression. Je le soutiens de toutes mes forces.
Mes relations avec Guillaume ne s'arrangent pas : plus j'en fait pour lui, plus il me rejette. Je ne comprends pas son comportement et j'en souffre.
Séverine est beaucoup plus attachée à moi : nous avons une bonne complicité.
Je suis exigeante dans l'éducation que je leur porte. Je veux leur donner toutes les chances de réussir dans la vie. Je souhaite leur transmettre des valeurs auxquelles je tiens. J'aimerais qu'ils aient le sens de la famille, de l'honnêteté, j'aimerais qu'il y ait de l'amour qui circule entre eux, j'aimerais qu'ils aient ce que je n'ai pas eu. De l'amour, moi je leur en donne à foison.
Je suis toujours angoissée pour eux. Je les bride peut-être un peu trop à leur goût mais c'est ma façon de les aimer, de les protéger. Ma vie, c'est mes enfants, c'est être une maman, certes pas parfaite mais être une maman à part entière aux dépends d'une vie de femme et sans doute d'épouse. C'est ainsi que je suis heureuse de vivre, à travers eux.
Décembre 1993, je décide de retravailler : je suis embauchée à mi-temps au collège où étudient mes enfants, juste à côté de la maison. Je m'occupe de l'administration et du C.D.I.
C'est un travail plaisant mais la méconnaissance de l'informatique m'handicape un peu.
Je regrette d'avoir abandonné mes études si tôt, je ne suis pas assez cultivée et je le ressens par rapport à mes collègues.
Au bout de deux mois, j'ai mon nerf sciatique droit qui se coince. Je consulte immédiatement. Cette fois-ci, l'ostéopathie ne peut rien pour moi. Le mal empire. Je travaille courbée en avant, les fesses en l'air. Je souffre le martyre mais je continue de travailler, je ne dois pas perdre ce travail.
Je consulte un rhumatologue qui me dirige en urgence sur un scanner : j'ai une magnifique hernie discale. La radiologue m'avoue n'avoir jamais vu une si grosse hernie et comprend ma souffrance. Elle en fait la remarque à mon mari qui minimise mon mal.
S'ensuit une série d'injections d'anti-inflammatoires, puis trois infiltrations de cortisone. Rien n'y fait. Mes jambes commencent à se paralyser. Je ne sens plus le froid ni le chaud sur les pieds. Il faut m'opérer.
Fin mars 1994, je subis une intervention chirurgicale à l'hôpital H. Mondor à Créteil. Je rentre le jeudi après midi, opérée le vendredi matin, ressortie le dimanche matin. Je suis expédiée et le retour à la maison est difficile.
Mes parents sont venus à la rescousse. Mon lit a atterri dans le salon, impossible de monter les escaliers.
L'opération n'est pas une réussite. Au mois de juin, je peux à peine faire deux cent mètres à pied. Et pourtant je dois m'occuper de la maison, des courses, des enfants. De fidèles amis, Martine et Jean-Mi, de l'autre côté du lac m'aident beaucoup.
Wilfried se casse un pied en faisant du sport. Nous sommes deux éclopés.
Pour les vacances, nous descendons à Avignon, dans une petite maison que loue ma tante. Je descends en train, impossible de faire le trajet en voiture.
A la fin des vacances, Wilfried a une crise d'appendicite : il est hospitalisé et opérée dans une clinique du quartier.
Gérard repart avec les deux aînés. Je reste seule dans la maison.
Je vais matin et soir voir Wilfried. C'est un chemin de croix pour moi. J'ai de réelles difficultés à marcher. Je suis dans le couloir de la clinique avec mon fils, un infirmier se demande même qui de nous deux est le malade !
Nous rentrons en train dix jours plus tard.
Je tente de reprendre mon travail en septembre. Je me déplace toujours difficilement même avec une ceinture lombaire : je tiens une semaine et je rechute. Je suis obligée d'abandonner mon travail. Durand les mois qui suivent, j'ai toujours mal au dos mais ce sont surtout mes jambes qui me font le plus souffrir. La montée des étages ne me facilite pas l'entretien de la maison.
Décembre 1996, j'ai beau compter et recompter, jongler avec les factures, nous ne pouvons plus faire face à nos dépenses. Nous avons contracté un prêt progressif pour la maison et les mensualités ont très vite grimpé, pas nos ressources. Au prix de grands sacrifices, mes enfants ne manquent de rien matériellement. Mon couple n'est pas au beau fixe, trop de soucis à gérer seule. Gérard ne m'épaule pas. Il n'y a pas de dialogue entre nous mais nous ne disputons jamais. La peur du conflit est ancrée en moi.
D'un commun accord, nous décidons de revendre la maison, c'est la solution la plus sage au lieu de déposer un dossier de surendettement.
Février 1997, la maison est vendue. Nous ne perdons pas d'argent mais nous n'en gagnons pas non plus. Nous devons la libérer pour le mois de juillet.
Nous retrouvons une maison en location mais à côté de Compiègne, c'est un peu moins cher.
Chapitre XVIII
Rue Aimé Dennel – 60200 Margny lès Compiègne
La Picardie nous accueille avec de la grisaille. Tout le mois de juillet est triste. La maison aussi malgré sa belle allure.
C'est une maison récente avec un grand salon, une cuisine et des wc au rez-de-chaussée. A l'étage trois grandes chambres, deux salles de bain et des wc. Elle est très spacieuse, confortable avec un grand jardin et un grand garage. Mais je ne m'y sens pas bien. Elle est humide, je me réveille chaque matin avec des douleurs dans le dos.
Je cherche à nouveau à retravailler. Je commence par faire un inventaire dans le garage où j'ai travaillé autrefois.
Un parcours du combattant me mène à une petite formation d'informatique. Puis j'enchaîne sur une formation de bureautique qui dure un mois. Je sais enfin utiliser un ordinateur. Je suis déterminée à reprendre ma vie en main. Pour Gérard, c'est juste pour m'occuper. Il ne m'a jamais valorisée, ce n'est pas aujourd'hui qu'il va le faire.
Je décide de partir vivre à Avignon, ça fait des années que je rêve d'y retourner mais seule avec mes enfants.
Je chercherai du travail là-bas. J'annonce ma décision à Gérard. Il n'apprécie pas du tout. C'est compréhensible. Pourtant, il comprend que je cherche à m'installer dans une région où le temps clément m'évitera les souffrances causées par l'humidité de Margny, c'est en effet une des causes principales de ma décision. J'éprouve aussi le besoin de m'éloigner de mon mari. Je ne supporte plus ma vie telle qu'elle est. J'ai élevé mes trois enfants presque seule, Gérard ayant lâché prise très tôt. Jamais un compliment, mon travail de femme au foyer a toujours été minimisé, c'était normal et banal ce que je faisais, rien qui vaille la peine d'être valorisé. Je ne suis pas heureuse, j'ai besoin de reconnaissance.
Nous trouvons un studio pour Gérard près de Compiègne. Il est convenu qu'il descendra régulièrement nous voir avant de descendre définitivement à la retraite. Je descends à Avignon fin juillet pour trouver une location.
Fin août 1998, je déménage avec mes enfants.
Chapitre XIX
42, Place de la Filiole - 84320 Entraigues sur la Sorgue
Il y a un fort mistral quand nous emménageons, mais le soleil brille.
C'est une maison à étage, plus petite qu'à Margny. Il y a quand même trois chambres et un bureau mais une seule salle de bain et deux wc. Deux cents mètres carrés de jardin autour de la maison et un garage.
La maison est neuve dans un lotissement tout juste terminé.
Mes deux aînés s'acclimatent très bien à la région. Guillaume travaille en alternance pour préparer un BTS Action commerciale. Séverine est inscrite à la fac en DEUG AES.
Wilfried rentre en 1ère littéraire. Lui par contre ne s'adapte pas à sa nouvelle vie. Il déprime.
Je ne trouve du travail qu'en août 1999, dans une agence immobilière. Je ne reste que trois semaines, la patronne est folle. Je suis tellement tendue que j'ai déjà mal aux cervicales. Dommage le travail est plaisant. Septembre je retrouve une place de financière pour quatre mois. J'ai mal au dos à la fin de mes journées. Je prends souvent des anti-inflammatoires. J'y rencontre Françoise, une collègue : elle restera mon amie.
Avril 2000, j'accepte un poste d'assistante administrative en mi-temps à Orange dans une entreprise d'informatique. J'y rencontre des collègues Laurence et Henri qui deviendront mes amis.
Je dois souvent porter des ordinateurs. Je souffre beaucoup du dos. Je tiens jusqu'en septembre 2001 : mes jambes recommencent à se paralyser. Je dois être opérée pour une nouvelle hernie discale. C'est un grand chirurgien parisien qui se charge de l'intervention. Il me pose une prothèse en silicone entre deux apophyses. Les suites d'opération sont plus faciles que la première fois mais je ne reprends le travail qu'au mois de février 2002. C'est toujours un travail trop physique pour mon dos. Je suis souvent arrêtée à la demande de la médecine du travail. Au mois d'avril 2002, je suis licenciée pour inaptitude à ce poste.
Je constitue un dossier de travailleur handicapé.
Guillaume quitte la maison pour s'installer avec Emilie, sa compagne. Il est à dix minutes de la maison.
Je cherche à réintégrer le monde de l'immobilier que j'apprécie. Après de multiples démarches et une bonne ténacité, je suis embauchée en septembre 2002 dans une agence immobilière comme agent immobilier. Je suis en formation en alternance avec la chambre de commerce. Je me retrouve alors comme une écolière, l'ambiance est très bonne, je retrouve une vie sociale agréable. C'est à cette époque que je rencontre une nouvelle camarade, Sylvie.
Mon travail est difficile car je dois cohabiter seule avec un autre commercial qui me met des bâtons dans les roues. Il détourne mes clients, me dénigrent auprès d'eux. Il me dérobe les clefs de l'agence. Chaque fois que je m'absente pour une visite, je dois emmener tous mes dossiers afin qu'il ne puisse les consulter. Je n'ai pas de tiroirs qui ferment à clef. L'agence est plutôt rustique, peu avenante pour les clients. Ils sont du reste très rares. Je travaille corps et âme, j'étudie studieusement mes cours. Au mois de novembre, nouvelle crise lombaire. Je me soigne avec des anti-inflammatoires. Je marche courbée mais je continue de travailler.
Séverine quitte la maison, elle prend seule un appartement en location à cinq kilomètres de la maison.
En février 2003, je rends mon tablier, je n'en peux plus, je souffre trop, je ne sens plus mes jambes.
Guillaume m'apprend que je vais être grand-mère. Je ne réagis pas sur le moment, l'émotion me paralyse.
Mon chirurgien parisien me réopère au mois de mars : ma sœur qui est dans le même état que moi, subit aussi sa troisième opération du dos. Nous partageons la même chambre, l'épreuve est beaucoup plus supportable ainsi. Mes nerfs sont écrasés par de la fibrose. Il élargit le canal rachidien et dégage ma racine nerveuse. Je suis arrêtée pendant six mois.
Avril 2003, j'annonce à Gérard que je désire une séparation. Je le préviens avant qu'il ne descende en septembre pour sa retraite. Je ne m'imagine pas reformer un couple "normal". J'ai pris beaucoup d'indépendance. Mes douleurs me rendent parfois la vie trop dure, je n'ai plus envie de partager ma vie avec un homme. Je pourrais faire semblant, ma vie serait plus facile financièrement. Je choisis d'être sincère et de mettre un terme à notre mariage. Nous nous séparons officieusement, aucune démarche judiciaire n'est enclenchée.
Maya, une petite chatte errante, grise angora nous offre trois chatons au mois d'avril. Deux d'entre eux meurent très jeunes. Le troisième "Pifou" est toujours chez nous avec sa maman.
Je m'inscris au chômage. J'ai des petits revenus.
Je reste seule avec mes chats et Wilfried qui prépare un BTS de tourisme en alternance dans un camping.
La maison est devenue trop grande et trop chère. Les escaliers sont un supplice pour moi.
Chapitre XIX
70, Allée des Mayres - 84320 Entraigues sur la Sorgue
Je trouve une villa plus petite à cent mètres de la maison. Il n'y a que deux chambres et c'est un rez de jardin.
Elle est un peu sombre car seule une fenêtre éclaire le salon, la cuisine et l'entrée.
Nous emménageons en novembre 2003.
Deux autres chats errants nous suivent : Kiki le rouquin et Trouillette, fille de Maya mais d'une première portée.
4 décembre 2003, je suis l'heureuse Mamée d'un petit Gaël. Il est beau comme tout, je trouve qu'i ressemble à Guillaume. La première fois que je le prends dans mes bras, je ne peux retenir une larme. Il ne me connaît pas beaucoup, il me voit peu.
J'écris des tonnes de lettres de motivation, j'envoie des CV un peu partout. Je ne trouve pas de travail. Les douleurs lombaires ne tardent pas à revenir. Cette foi-ci, pas question d'une nouvelle opération, le chirurgien ne peut plus rien pour moi sauf si une nouvelle paralysie survient.
J'alterne donc avec des périodes d'arrêt maladie. Je suis reconnue en invalidité première catégorie en février 2004. Je peux travailler à mi-temps. Mais je ne trouve pas plus en mi-temps !
Décembre 2004, j'ai mal à la gorge. J'ai une gêne comme si j'avais un cheveu coincé dans la gorge.
A partir de janvier 2005, je consulte. Je vois plusieurs médecins, aucun d'entre eux ne décèlent le problème qui s'amplifie de jour en jour. Je perds ma voix de temps en temps. Il y a un oto-rhino qui me dit même en se moquant de moi que je n'ai pas de cancer ! Je n'ai jamais imaginé que j'avais un cancer ! Je veux juste qu'on trouve ce qui me gène tant.
Je passe divers examens : on m'enfile un tube optique par les narines pour voir le fond de la gorge. On ne voit rien ! Mes analyses biologiques sont correctes. J'ai une fibroscopie de l'estomac au cas où celui-ci serait responsable de remontées acides. Je profite de cet acte qui est sous anesthésie générale pour faire explorer mes intestins. Je dois faire cet examen depuis plusieurs mois pour une surveillance, rapport au cancer de ma mère. Il n'y a rien de détecter ni d'un côté ni de l'autre. Je reste avec mon mal de gorge et ma voix éraillée.
Popeye meurt au mois de mars 2005 après deux années de longue maladie.
Au troisième oto-rhino, alors que je suis aphone, il propose d'aller explorer mon larynx. Il faut encore m'endormir.
Il pratique l'ablation d'un nodule sur les cordes vocales provoqué par le frottement d'un papillome.
Je dois m'abstenir de parler pendant quinze jours. Je communique avec une ardoise. J'ai quelques séances de rééducation. Il faut que j'apprenne à replacer mes cordes vocales.
Séverine qui est au chômage, décide de quitter la région si elle a une opportunité ailleurs. Elle monte sur Paris pour des entretiens. La fatigue accumulée ces derniers mois me fait craquer. J'ai peur que ma fille s'en aille. Je déprime.
Au mois de novembre, Séverine trouve un emploi à Sisteron. Je l'aide à rechercher un logement. Elle quitte Avignon au mois de décembre 2005.
J'entreprends un stage de PNL, ordonné par l'organisme qui s'occupe des travailleurs handicapés.
Le 30 Décembre, je découvre une petite boule dans mon sein droit.
En janvier 2006, je consulte le gynéco. Examens, biopsie : c'est un cancer.
Mastectomie partielle avec curage axillaire. Chimiothérapie pendant cinq mois. Radiothérapie pendant six semaines.
Chamboulement dans la vie de mes enfants. Séverine fait le trajet Sisteron-Entraigues tous les quinze jours.
Wilfried s'occupe de moi comme une mère. S'il n'était pas à mes côtés, je ne me battrais pas comme je le fais.
Février 2006, Kiki nous quitte, il a le sida des chats.
Juin 2006, Guillaume m'apprend que je vais être grand-mère pour la deuxième fois. Je suis heureuse, j'ai un peu peur de ne plus être là quand il naîtra, verrais-je grandir mes petits enfants ? Pour le moment Gaël ne me manifeste que peu d'intérêt, j'ai la sensation qu'il me rejette, un peu comme son père.
Je réalise un blog sur mon cancer. Ça me sert de thérapie. Il faut évacuer et dédramatiser cette maladie, aider d'autres malades. Je corresponds avec mes amis et ma famille via internet. J'emploie l'humour pour qu'ils ne me fuient pas.
Le film "La vie est belle" de Roberto Benigni m'inspire beaucoup dans cette démarche.
Certaines personnes cernent plus ma personnalité maintenant, ils me découvrent. Ils se faisaient une fausse image de moi. La vie m'a collé un masque de tristesse sur le visage mais tout au fond de moi, il y a ma profonde nature. Si je n'avais pas vécu toutes ces misères, peut-être aurais-je été quelqu'un de gaie, épanouie et pleine d'humour ??
Je certifie savoir rire, savoir être gaie et pouvoir avoir des fous rires.
L'arrêt de mes soins me plonge dans la déprime et certains souvenirs pourtant bien enfouis refont surface.
J'entreprends l'écriture de mes mémoires, j'espère que ça m'aidera à évacuer et à avancer vers une nouvelle vie, une vie meilleure.
Je supplie crabus de m'oublier, de me laisser, je n'aurai pas la force d'affronter une récidive.
46 - Bonne Année 2007
Je vous adresse mes meilleurs voeux pour la nouvelle année 2007 qui j'en suis certaine ne pourra être que meilleure que la précédente !! Santé, Travail et Amour
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avec dosage des marqueurs : ils ont baissé
! un tout petit point mais quand même !
et a étudié mes analyses
et m'a trouvé un joli sein ... Puis il m'a délivré un passeport pour la vie
en prononçant deux mots magiques "REMISSION COMPLETE" !
et petite vérification avec le gynéco en fin d'année.
La vie est belle !


, j'ai fait un petit jogging
dans les bois 
ces jolies clochettes
qui j'espère sauront vous apporter un brin de bonheur.
!



que je viens vous souhaiter de
2007.



en pensant au couperet
qui allait me tomber dessus : eh bien, comme vous pouvez le constater je saute de joie !
. Nous sommes le 13 février et le chiffre 13 m'a porté chance
! Je n'ai RIEN ! cette surdensité est due à ma cicatrice et à mon abondance de fibrose.
entre les cicatrices du dos et du sein !!

bisous à tous


va parler de mon blog
dans sa chronique "Blog à part" sur France Inter à 6H20 du matin.
et écoutez -moi, je vais bafouiller quelques phrases
!!!

encore un peu !!
: radio des poumons, mammographie, échographie des seins, de l'abdomen et pelvienne. Tout va bien SAUF..................la mammographie.
: tout va bien SAUF...........mes marqueurs
qui ont légèrement augmentés. Ils n'ont rien compris à l'histoire ceux-là, ils font tout à l'envers
avec mes résultats d'examens. Il pense à un petit amas de graisse sous la cicatrice sans en être certain.....
qui est restée coincée, qui ne s'est pas désagrégée à moins que ce ne soit un descendant de crabus....
Z'avez vu, il suit l'actualité, il a tiré les rois
, il porte une couronne sur la tête !
pour ajuster le diagnostic et abréger mon angoisse
, je n'aurai pas de rendez-vous demain....



Je lève mon verre à l'avenir !!